Musique – Avec Elements, Republik réalise le crime parfait !

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pochette-republikWanted ! Frank Darcel a un casier long comme le bras d’un bandit manchot. Il a été membre fondateur de Marquis de Sade ou d’Octobre, collaborateur d’Etienne Daho, militant nationaliste Breton ou auteur de romans notamment. Ses faits d’armes sont innombrables mais, toujours insatiable, il récidive aujourd’hui en formant le groupe Republik. Ce « gang of four » est composé de Stéphane Kérihuel (guitare et chant), Eva Montfort (basse et chant) et Federico Climovich (batterie). Le visuel de leur premier album Elements pourrait être un avis de recherche ou un clin d’œil au Remain in Light des Talking Heads. Peut-être parce que Tina Weimouth et Chris Frantz sont complices de leur nouveau forfait, tout comme le sont Wendy James la vampirique, James Chance le psychopathe ou le monstre Brestois Yann Tiersen, entre autres comparses.

Le plan de Frank le Rennais et sa bande est simple.
Premier temps : désarmer leur cible en la rendant consentante dès l’écoute du premier titre, Mistery. Aaaarrrghhh ! Cette voix est trop belle pour être digne de confiance, et pourtant, on se laisse abuser. Deuxième temps de l’attaque, enchaîner les morceaux où il est question de quête existentielle, de changement d’époque, de lieux d’attaches ou d’identité (mention spéciale à Born this Morning qui clôt le guet-apens et qu’on ne voudrait jamais entendre s’arrêter). Emmené par son serial leader, Republik alterne les chansons en Anglais, en Français, en Allemand et n’hésite pas à faire un bref appel au Breton.

L’ennemi publik numéro un et sa bande de pervers ont plus d’un tour dans leur sac pour arriver à leurs fins, ils en ont douze. Douze chansons qui déploient un arsenal de sonorités rock et irradiantes ; un arsenal au sein duquel la langoureuse guitare de Move (splendide !) répond sans trembler au saxo destroycturé de Ich Bin Schmutzig. Le piège se referme titre après titre et l’auditeur se surprend, impuissant, à devenir prisonnier de l’album/traquenard.

S’il fallait se convaincre de la cruauté de Républik, lisons les poignants témoignages d’innocentes proies : « Les salauds m’ont fait pleurer quand j’ai écouté Winter Of Love ». Une autre : « J’ai été obligée de danser comme une hystérique au son de Democracy » Une dernière : « Je ne savais même plus où j‘étais en entendant Le Jour Devrait Venir. »

Ainsi, Frank le Rennais et ses sbires n’ont aucune pitié. On prie pour une rapide libération, mais c’est sans compter sur leur perversité, et c’est le troisième temps : victime du syndrome de Stockholm, on tombe amoureux d’Elements et on réécoutera Saleen, encore et encore. Republik réalise le crime parfait. Alors vite, il faut leur mettre la main dessus et ne pas les lâcher.
Wanted.

 

REPUBLIK – Elements (LADTK / L’Autre Distribution)

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