Quand une langue meurt, un pan de l’Humanité s’effondre.

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Ainsi s’en est allée la langue Bo, une des langues d’Inde, avec la mort de sa dernière locutrice, Boa Sr.

Dans ce lien, la vieille dame, dernière locutrice de sa langue, interprète une chanson dans sa langue.

 

 

Mais comment meurt une langue ? Comment en arrive-t-on à ces catastrophes ?

 

Quatre stades dans la mort d’une langue X

 

Le bilinguisme

En lui-même, le bilinguisme n’est bien sûr pas un souci. Il n’est un danger que quand une langue X et l’autre n’ont pas le même statut, les mêmes droits, les mêmes moyens.

Dans le cas contraire, il apporte le début du délitement.

 

La perte d’habitude d’utiliser la langue

Petit à petit, les lieux on n’utilise plus la langue X se multiplient. D’abord l’école, puis la vie publique, les lieux semi-publics (fêtes, bars, …). Les médias aussi déshabituent les locuteurs de leur langue X.

 

L’interruption de la transmission directe familiale

Arrive un point où les locuteurs choisissent de parler à leurs enfants dans une autre langue que la leur. C’est le point de non-retour : la langue X devient désuète. La génération suivante sera bilingue, mais n’utilisera que l’autre langue. La génération encore suivante connaîtra quelques bribes de la langue X, mais sera incapable d’en être locuteur. La suivante sera monolingue, dans l’autre langue, enterrant la langue X.

 

L’interférence

En parallèle se produit un quatrième délitement : la perte structurelle et lexicale de la langue elle-même. En n’étant plus adaptée par ses locuteurs aux changements de la vie, la langue devient obsolète de fait, et cette constatation empire et accélère le non-passage de la langue d’une génération à une autre.

 

De l’Inde à la Bretagne

Les quatre stades décrits, nous les avons franchis, pour nos deux langues, depuis longtemps.

On peut considérer Marc’harid Fulup comme notre Mme Bo.

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Aux Bretons, aujourd’hui, de tirer un bilan lucide, et de réfuter les discours lénifiants des élus* et de certains membres “éminents” du milieu emsaviste.

Nos langues sont mortes, mais les bretons, avec la naïveté qui les caractérise, ne s’en rendent pas compte : la fleur coupée est trop belle pour être morte.

Heureusement, avec la nouvelle politique régionale, avec les fantastiques moyens accordés par l’Etat, et grâce à la clairvoyance et à la grande envie des bretons de se prendre en main, on se sent prêt pour l’électro-choc, et la résurrection qui ne manquera pas de s’en suivre.

 

 

 

  • : on peut se rappeler du rapport de l’élu socialiste B Poignant ici

 

 

 

Pour les Catalanistes et aussi autres Occitanophones, lire plus sur Nuvol, ici. Le présent article est basé sur celui de CARLES DE ROSSELLÓ, sur ce site.

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