Mark : l’Indépendance et les nouveaux états européens

Je m’appelle Mark McNaught, et je suis d’origine américaine avec un père écossais récemment décédé. Je suis né à Philadelphie, mais j’ai vécu le plus longtemps à la Nouvelle-Orléans et à Austin, Texas dans ma jeunesse. Ce sont deux villes très festives, ce qui m’a apporté de la joie de vivre et de l’ouverture d’esprit. J’ai vécu en France à partir de 1995 quand j’ai déménagé à Bordeaux, et en Bretagne depuis 2006. J’adore cette ‘région’, qui devrait progressivement devenir un état indépendant en tout douceur.

Quel est ton parcours ?

Aux Etats-Unis, je viens d’une famille de démocrates ‘New Deal’, c’est à dire centre gauche aux Etats-Unis. A l’université du Texas à Austin, j’ai eu un diplôme de science politique et philosophie en 1994. Après avoir reçu mon diplôme, l’idée de joindre le course à rat étatsunien m’a rendu malade, donc je suis venu en France pour une vie plus agréable et tranquille. Après avoir eu un doctorat en science politique sur les idées politico-religieuse dans la politique américaine, je suis devenu maitre de conférences à l’université de Rennes 2 en civilisation américaine.

Depuis, j’ai enseigné la civilisation et les institutions américaines, mais aussi la politique américaine à la fac de droit et le droit constitutionnel à Sciences Po Paris pendant quelques années. C’est dans ce contexte que quand le référendum en Ecosse était proposé, je me suis dit, beh oui, bien sûr, c’est tellement évident, l’indépendance. Pourquoi un état postcolonial en plein dépérissement devrait prendre les décisions politiques en Ecosse, au lieu des Ecossais eux-mêmes.YesScotland

Pourquoi une monarchie féodale sclérosée devrait avoir la souveraineté, au lieu du peuple écossais ? Pourquoi rester dans un système politique westminsterien sans constitution écrite, codifiée, qu’ils inventent progressivement de manière arbitraire, au lieu d’une constitution écrite, solide, codifiée, juste et fiable. La réponse était tellement évidente, bien sûr que oui.

C’est à partir de la que j’ai pris contact avec beaucoup de gens indépendantistes en Ecosse, et j’ai écrit des articles hebdomadaires en Newsnet Scotland, un journal en ligne pro-indépendance.

Pourquoi un état postcolonial en plein imgresdépérissement devrait prendre les décisions politiques en Ecosse, au lieu des Ecossais eux-mêmes.

Comment as-tu vécu la période du référendum en Ecosse ?

Je peux témoigner de la résistance féroce de l’état et de la presse britanniques contre l’indépendance. Bien que David Cameron ait accordé le droit d’un référendum, toute la propagande et les outils de l’état et de la presse britannique furent déchainés pour attaquer l’indépendance, surtout en diabolisant Alex Salmond. De l’extérieur, ça pourrait ressembler un débat civilisé sur les avantages et les inconvénients de l’indépendance, de manière ‘fair play’ british.

Je vous assure, c’était une campagne de propagande contre l’indépendance avec un langage Orwellien, tellement bien décrit en Politics and the English Language.

« War is peace. Freedom is slavery. Ignorance is strength. »

Finalement, après un référendum presque certainement truqué, les Ecossais ont voté non, 55% à 45%. Malgré ça, ce n’est pas fini en Ecosse.

Tu mènes un travail politique dans l’ensemble de l’Europe

Avec mon collègue Nicolas Levrat de l’université de Genève, nous sommes en train de monter un groupe de recherche et journal académique ‘Constitutionalism for Europe and New European States’ Nous espérons travailler avec plusieurs nations sans état qui cherche l’indépendance, aussi bien que la reforme constitutionnelle européenne.

Mes recherches sur la constitutionalisme Ecossais m’ont amené à organiser une conférence à Paris, et mon collègue a invité plusieurs membres de Diplocat, le service diplomatique du Generalitat Catalan.

Ils furent inspirés par la conférence, et ont ensuite donné une série de conférences sur l’indépendance de la Catalogne. Je suis devenu de plus en plus impliqué dans le processus en Catalogne, jusqu’au point ou je vais passer trois mois le semestre prochain à Barcelone pour faire la chronique de leur lutte pour l’indépendance.

Le processus catalan est très compliqué, parce que l’Etat espagnol érige un mur contre l’Indépendance. Malgré l’opposition de la part de Madrid et le Tribunal constitutionnel espagnole, le parlement catalan a adopté le 11 novembre une déclaration de l’initiation d’un processus qui aboutira à un état catalan indépendant.

Je travaille également avec la liste ‘Notre chance, l’Indépendance’ en tant que porte parole. Après les élections, nous allons travailler sur un projet pour élaborer comment faire cette Indépendance.

Que penses-tu de la suite des événements en Ecosse ?

Je crois qu’un deuxième référendum est incontournable d’ici 5 ans, et un résultat ‘oui’ est fort probable. La dirigeante du SNP Nicola Sturgeon avait dit que un ‘changement matériel’ dans l’ordre constitutionnel pouvait provoquer un nouveau référendum. Il y a plusieurs changements potentiels qui arrivent bientôt.

1er ministre Ecossais
Nicola Sturgeon

Déjà, il y a l’échec total de remplir les promesses de pouvoirs renforcés pour l’écosse faites avant le référendum. Après, le vote au Parlement britannique pour bombarder la Syrie, sans une seule voix de SNP, l’union s’est affaiblie davantage encore.

Dans les mois a venir, le Parlement votera sur le renouvellement du sous-marin nucléaire Trident, basé à Faslane à quelques kilomètres de Glasgow, auquel la grande majorité des Ecossais sont férocement opposés.

Après, il y aura le référendum britannique sur l’Europe, qui pourrait extraire l’écosse de l’Europe même si ils votent contre.

Ce sont toutes des raisons valables pour justifier d’un deuxième référendum.

15 COMMENTS

Bonjour, laissez ici votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.