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Régionales : et maintenant ?

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Tout le monde semble avoir gagné. C’est un peu ce qui ressort du deuxième tour des régionales 2015. La gauche a empêché le FN de diriger une région et résiste dans plusieurs d’entre elles. La droite a conquis une petite majorité de conseils régionaux. Et le FN a atteint un record de voix. Aux aussi classiques que ponctuels « besoins de tirer les leçons » devrait rapidement succéder la non moins classique reprise d’un fonctionnement « comme avant ». Mais, à moins d’une spectaculaire embellie économique, qu’est-ce qui empêchera que le « plafond de verre anti-FN » de second tour ne devienne un jour obsolète parce que les choses auront déjà été réglées au premier ? Entre les deux échéances de vote, la participation a augmenté de 8,3% en France et de 5,3% en Bretagne. 800000 personnes, soit 25% de la « Mobilisation citoyenne » du pays, ont rajouté leurs votes à ceux du Front National. Le vote blanc et nul a également progressé de presque 40% en France entre les deux tours. Son augmentation est de 56% en Bretagne et de 81% en Finistère, département où les régionalistes avaient fait presque 11% au premier tour. Les victoires des nationalistes en Corse et des indépendantistes en Martinique font, pour l’instant, relativement peu de bruit. On se demande combien de temps le « réveil citoyen » va se faire au profit des partis au pouvoir. Dans un pays où l’audiovisuel projette en permanence une image vue de la capitale, un relatif désintérêt pour les élections régionales est inéluctable. Le regain de participation vient de la dimension d’enjeu national donnée par les medias et les hommes politiques. Dans quel état sont à présent les forces en présence en vue de la seule élection qui compte en France, la présidentielle ?

La gauche sauve plus ou moins la face.

Le gouvernement a confirmé le peu de cas qu’il faisait des régions en elles-mêmes. Après un redécoupage niant les identités provinciales, le choix a été fait de renoncer à avoir des sièges dans plusieurs conseils régionaux. Cela évite au gouvernement d’être le premier à avoir amené le FN à la présidence d’ensembles de régions dont il est seul responsable de l’existence. Nicolas Sarkozy, trainant plus de casseroles que ne peut en contenir un bahut breton, était le meilleur espoir de la gauche pour les prochaines présidentielles. Le conforter en lui offrant des régions pouvait être intéressant. Mais cela risque de ne pas être suffisant. Et le leadership de Manuel Valls a tout de même été mis en cause dans deux régions. Jean-Pierre Masseret, partisan de la fusion « Grand Est » et opposé à la ratification de la charte des langues régionales, faisait figure jusqu’à présent de « bon fils » provincial. Il a pourtant osé montrer une meilleure analyse et un meilleur sang- froid que le premier ministre. Lors de l’attribution des sièges de conseillers, son parti et ceux de sa liste qui lui ont tourné le dos risquent, aussi opportunément que lâchement, d’oublier le retrait de son investiture. En Bretagne, Jean-yves Le Drian a préféré menacer de démissionner de son poste de ministre, en pleine « guerre », plutôt que d’accepter de se voir imposer des membres d’EELV aux prétentions sans rapport avec leur poids politique réel. Et JYLD a fait le seul score du PS au-dessus de 50% au second tour en métropole. Au bilan, le premier ministre et le PS ne sortent pas renforcés de cette élection et dans le court délai qui s’annonce avant mai 2017, on ne voit pas trop ce qui pourrait les aider, à part la droite.

La droite se divise.

Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont remporté leurs élections en ayant clairement décliné le soutien de leur chef de parti. Le second fait aussi partie de ceux qui n’ont gagné que grâce au cadeau de ses opposants de gauche. L’appel du pied aux électeurs du Front National par la déclaration de vote « non immoral » de Nicolas Sarkozy, ou la droitisation décomplexée d’un Wauquiez, peuvent aussi bien finaliser la dédiabolisation du FN. Malgré les déclarations de victoire de ses fidèles, comme Eric Woerth, les opposants internes à Sarkozy que sont Alain Juppé et François Fillon risquent de gagner du poids. L’éviction de Kosciusco-Morizet des instances de son parti, en sanction de ses positions lors des régionales, rajoute un adversaire au sein de son propre camp. Le président des Républicains ne sort pas grandi des élections régionales et son leadership est, lui aussi, un peu remis en cause. Il n’a gagné la majorité des régions que grâce au cadeau de Manuel Valls. Son « ni-ni » renforce le trouble de son image et fragilise l’alliance avec les centristes. Il reste à savoir si son ego va le pousser à persister à se présenter aux présidentielles, malgré une opinion française défavorable, quitte à devoir flinguer à tout va au sein des « Républicains », tout en faisant les yeux doux, avec peut être une lueur de désespoir, aux électeurs du Front National.

Le perdant pas si malheureux des régionales.

Le FN fait finalement une assez bonne affaire. Il affiche un record de votes au niveau national et une forte progression entre les deux tours. Ne dirigeant pas de région, il reste dans la position de celui qui n’assume pas grand-chose au quotidien et peut critiquer à loisir. Il affiche la fin du manque d’ancrage local qui lui était reproché. Il gagne 358 postes de conseillers régionaux, avec les rémunérations correspondantes, ce qui lui fait espérer sereinement les 500 signatures nécessaires pour la présidentielle. Le retrait des listes PS et la victoire concomitante des Républicains ont rajouté de l’eau au moulin de l’extrême-droite en renforçant l’idée d’un système de pseudo-opposition qui ne vise que son propre maintien. Quel qu’il soit, le système en place risque d’avoir des difficultés à trouver une solution aux craintes quotidiennes des français d’ici les présidentielles. La défaite tactique du parti de marine Le Pen aux régionales pourrait bien n’être qu’une victoire au goût amer du PS et des Républicains en vue de la bataille stratégique pour les présidentielles.

Une victoire en Bretagne, à quel prix ?

En Bretagne, Jean-Yves Le Drian, ministre préféré des français, a su jouer à la fois de son image et de la fibre régionale. Dans le visuel de sa campagne, sa photo apparaît partout, mais il n’y a aucune référence au PS. En campagne depuis longtemps, par le biais de nombreux déplacements en tant que ministre, Jean-Yves Le Drian a soigneusement préparé un point de chute sur ses terres. On ne va pas se plaindre d’avoir un membre du gouvernement affichant une fibre régionale. Plus rassembleur que son opposant, le ministre a reçu le soutien du maire UDI de Paimpol contre Marc Le Fur, pourtant tête de liste LR-UDI. Tous les électeurs de Bretagne savaient qui est le « breton du gouvernement ». On se demande combien connaissent le nom du président de l’actuel conseil régional. La Bretagne a surtout voté pour un homme connu par sa fonction de Ministre de la Défense. L’état d’urgence, suite aux attentats imprévisibles de Paris, peut lui servir à justifier le cumul de fonctions. Mais plus on s’éloignera du 13 novembre 2015 pour se rapprocher de mai 2017, plus le titre de « cumulard » risque d’être lourd à porter dans un gouvernement qui a fait du non-cumul son credo et qui sera peu confiant dans la prochaine échéance électorale. En cas de démission de son ministère, l’absence éventuelle de résultats décisifs contre Daesh pourrait susciter des interrogations sur une préférence accordée à la région par rapport à sa mission première. Pour Jean-Yves Le Drian, la question dorénavant pourrait être de trouver le bon moment pour partir. A moins d’un bilan militaire très positif, cela risque de ne pas être trop près des prochaines présidentielles et de poser la question du casting pour la Défense avant cette échéance. En fonction des perspectives sur le terrain irako-syrien, cela pourrait bien être le plus tôt possible.

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