Catalogne : un gouvernement indépendantiste à Barcelone, pas de gouvernement à Madrid ?

L’opposition Catalogne/Espagne est réelle sur tous les terrains ; la situation politique actuelle en est un bel exemple.

Crise politique à Madrid

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L’assemblée nationale de Madrid, en plein marasme politique

Suite aux législatives du 20 décembre dernier, et à la déroute du camp franquiste du président madrilène Rajoy, où son parti (Parti Popular) n’a recueilli que 28% des suffrages, soit à peine 15% des inscrits, la constitution d’un gouvernement est rendu impossible, sauf à obtenir une alliance improbable avec Ciudadanos et le PSOE (parti socialiste espagnol).

Le parti Ciudadanos se décrit comme de centre-droit, ou de gauche suivant le vent, mais est en fait l’héritier direct des phalangistes, un groupe plus encore à l’extrême-droite que les franquistes sous le gouvernement de Franco, et pourrait bien accepter la main tendue de Rajoy, même s’il ne l’a pas fait à ce jour.

Le PS a la même vision de l’Espagne que le Parti Popular, une, indivisible, éternelle, dont l’intérêt est loin au-dessus du droit et de l’intérêt des citoyens. Il pourrait donc accepter l’alliance, même s’il ne l’a pas encore fait.

« Les Espagnols peuvent être tranquilles », a annoncé M Rajoy, qui ne manquera « ni de force ni de détermination à défendre l’unité de l’Espagne ». Peut-être envisage-t-il une nouvelle guerre d’Espagne, comme celle que mena son mentor Fransisco Franco à la fin des années 30.

 

Avancées considérables à Barcelone

Carles Puigdemont
Carles Puigdemont, un président avec un projet maturé de longue date

A Barcelone, le nouveau président, Carles Puigdemont, a appelé, sitôt entré dans ses nouvelles fonctions dimanche, à entrer de fait dans le processus de sécession. « Nous devons lancer le processus pour créer un Etat indépendant en Catalogne, pour que nos décisions du Parlement Catalan soient souveraines ».

Puigdemont est nationaliste et indépendantiste, ainsi que sa famille, et sa ville Gérone, dont il est Maire depuis 2011, et qui est une ville très majoritairement indépendantiste.

Il est entre autres connu parmi les catalanistes pour une prise de position vis-à-vis de l’Espagne, symbolique mais forte. En 2014, après l’accession au trône de Felipe VI, actuel roi d’Espagne, il avait demandé officiellement que sa fille Leonor de Bourbon ne soit pas dénommée « princesse de Gérone ». Son argument était, parlant de lui et de ses administrés : « nous ne nous reconnaissons pas dans ce titre ».

En effet, la Catalogne sortira de la monarchie en même temps qu’elle sortira de l’Espagne.

Puigdemont a aussi un profil plus rassembleur dans le camp nationaliste que ne l’avait Artur Mas, auquel une grande partie des indépendantistes reprochaient la politique d’austérité et les origines bourgeoises barcelonaises. Le nouveau président de la Generalitat est lui issu de l’artisanat rural et est connu pour avoir une tendance plus social-démocrate.

 

Un rassembleur à Barcelone, un diviseur à Madrid …

La Catalogne, une nation cohérente avec un projet.

L’Espagne, un Etat-nation avec sa survie comme seul objectif.

12 COMMENTS

  1. « intronisé » (monter sur trône), ce n’est pas parce que ce terme à du sens en République Française qu’il convient pour un pays démocratique comme la Catalogne.

    Sa « prise de fonction » conviendrait mieux.

    • Vous avez tout-à-fait raison ; chaque mot a du sens, et l’imprécision était, en l’occurrence, une erreur, je me rends sur l’article pour le modifier ! D’accord aussi pour la république française, où les présidents sont bien des rois à peine déguisés, autocrates et suffisants

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