Catalogne : et maintenant, quelle stratégie ?

Mercredi dernier, les bases des nouvelles lois catalanes ont été posées. Ce sont des projets assez ouverts, dans lesquels les choix restent ouverts. Des commissions parlementaires seront chargées de développer les nouveaux texte. Ces projets, très ouverts et qui laissent même la place à des négociations avec l’Espagne, ont provoqué des réactions épidermiques. Les partis politiques espagnolistes, au-delà de navrants écarts de langage, demandent l’intervention du gouvernement espagnol.

Toujours pas de gouvernement à Madrid

Pedro Sanchez - equinox magazine
Pedro Sanchez, nommé par le roi d’Espagne pour former un gouvernement pour Madrid

Le très espagnoliste quotidien El Pais titre sur l’opportunisme supposé des indépendantistes catalans. Pedro Sanchez, nommé par le roi d’Espagne pour former un gouvernement, est en effet en grande difficulté, et Madrid est toujours dans une crise politique majeure, aucune alliance entre partis politiques ne semblant être viable. Le fédéralisme proposé par son parti (le PSOE) est dans l’impasse, ne trouvant aucun allié.

Il ne reste à Sanchez que 2 options : former un gouvernement très à droite et rentrer dans une politique de guerre ouverte pour l’unité de l’Espagne et donc contre l’Indépendance catalane, ou former un gouvernement plus à gauche, en alliance avec Podemos (gauche anti-capitaliste et favorable à un référendum). Le socialiste ne semble donc pas très bien choisi, puisque, dans les deux options, son parti sera pour lui comme un boulet, qui ne manquera pas de freiner les négociations éventuelles.  

A Barcelone, plusieurs options, mais une volonté toujours aussi ferme

catalonia
La motivation catalane n’a pas faibli depuis 2014 …

Il est clair que le mandat donné le 9 novembre par la nation catalane aux indépendantistes est toujours sur les rails, malgré l’émoi provoqué par la déclaration de Carles Puigdemont, indépendantiste convaincu et nouveau président catalan. Celui-ci avait annoncé que son pays n’était pas tout-à-fait prêt pour l’Indépendance. Certains centristes sont en effet partisans d’un ralentissement d’el procès, la gauche indépendantiste du vice-président Oriol Junqueras veut le maintien de l’objectif de Junts per Si, la séparation de l’Espagne sous dix-huit mois.

Les indépendantistes n’ont pas fermé la porte des négociations avec l’Espagne, même si le point non négociable reste, assurément, l’Indépendance. L’unité de l’Espagne était jugée non négociable par le précédant président (le franquiste Mariano Rajoy), mais le gouvernement que formera Sanchez ne sera peut-être pas aussi catégorique. Il est donc judicieux de laisser ouverte la possibilité de dialogue.

Pour autant, le dépôt de ces projets de loi confirme que, la création de lois catalanes ayant débuté, le processus de sécession est toujours en marche.

 

Photo une : copyright euronews

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