Aéroport NDDLaBaule : “Ecolos en prison, nous on veut des biffetons”

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Florilèges de slogans à La Baule samedi dernier. La station balnéaire huppée du sud-Bretagne a accueilli une manifestation peu ordinaire le 20 février. Une cinquantaine d’anti-aéroport Notre-Dame-des-Landes, a défilé avenue de Gaule sous les yeux éberlués des Baulois peu habitués à ce genre d’expression populaire.

Notre-Dame-de-La-BauleVenus des comités anti-aéroport de Guérande, de Nantes et de Saint-Nazaire, les manifestants ont repris les méthodes employées par le Groupe Jalons à partir de la fin des années 70 et ont réclamé un aéroport international à La Baule.

Les Jalons maniaient l’humour à leurs revendications plus où moins sérieuses. Né à la fin des années 70, d’un groupe d’amis étudiants, les Jalons enchaînent les canulars et happenings humoristiques. Ils se mêlent aux manifestations syndicales du 1er mai avec une banderole portant l’inscription « banderole », et une autre où l’on pouvait lire « Fromage de tête : 9,80 F le kilo » et enchaînent avec d’autres actions du même type.

En mai 1987, lors du défilé traditionnel du Front national à Paris, les Jalons prouvent leur capacité de dérision. A quelques mois de l’élection présidentielle, dans une ambiance surchauffée par l’ascension politique de Jean-Marie Le Pen qui a multiplié les provocations verbales à connotation négationniste, les Jalons se glissent en queue de cortège, derrière les militants ultra, en treillis noir. Les Jalons portent une banderole « Union des fils et filles de criminels de guerre », et présentent une couronne mortuaire enrubannée de barbelés dédiée « Au général Von Choltitz, les Parisiens reconnaissants ». Ils scandent « Plutôt Hitler que le Front populaire » sur le même ton que leurs adversaires. La plaisanterie ne plaît pas aux militants de l’ultra-droite qui tentent de charger les Jalons. Ils ne devront leur salut qu’à un cordon de policier qui s’interpose.

Lors d’une de leurs dernières actions d’envergure, dix jours après l’élection de Sarkozy, les Jalons avaient défilé dans Paris. Leur slogan  “Chirac, reviens, tout est pardonné !” avait alors donné le ton ponctué de Si ça continue, il faudra que ça cesse”. La manifestation d’une cinquantaine de personnes avait alors attiré de nombreux médias et des forces de police conséquentes.

Samedi à La Baule, la cinquantaine de militants anti-aéroport a manié l’humour avec dextérité. Et certains de leurs slogans pourraient bien entrer dans les annales de la lutte anti-aéroport.

“Le kérosène, ça rend zen”
“On est plus zen avec du kérosène”
“Matraquez les opposants, éradiquez les paysans :”

“Du béton pas des tritons”
“Retailleau président, on en veut pour notre argent”
“Ecolo en prison nous on veut des biffetons”
“Vinci, notre messie”

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