Une myopathie génétique inonde le cheptel équin

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La PSSM, ou myopathie à stockage de polysaccharides, est une maladie génétique muscululaire qui peut être potentiellement mortelle. Elle a été découverte par des chercheurs américains il y a quelques années. Dans un premier temps détectée chez des chevaux de type quarter et paint horse, on la retrouve désormais dans de nombreuses races de chevaux de selle, de poneys et de traits.

Qu’est-ce que la PSSM ?

crédit photo : @Goulwena MOEL
crédit photo : @Goulwena MOEL

La myopathie à stockage de polysaccharide est une maladie génétique dominante (une seule copie d’allèle suffit pour que le cheval l’exprime), où les atteintes cliniques et les mortalités ont été observées aussi bien chez des porteurs hétérozygotes comme homozygotes.
La PSSM provoque des troubles musculaires en particulier à l’effort. Les muscles stockent le glycogène, qui sert habituellement de source d’énergie musculaire.

La maladie se transmet de façon héréditaire, un cheval hétérozygote ayant une chance sur deux de donner un poulain atteint, un homozygote quand à lui transmettra automatiquement la maladie.
Les symptômes varient beaucoup d’un cheval à l’autre et peuvent parfois passer inaperçus : douleurs, raideurs, crampes et spasmes musculaires, urines foncées, difficultés à se déplacer au travail… le symptôme le plus commun est le « coup de sang » ou myosite, une inflammation musculaire.

Il n’existe aucun traitement curatif.
Les témoignages des propriétaires de chevaux atteints évoquent presque toujours une difficulté à l’utilisation. Pouvant être mortelle, la PSSM demande des modifications d’alimentation et de mise au travail pour garantir le bien-être des animaux : abaissement du taux de sucres, apport en sélénium et vitamine E, travail quotidien et régulier, et surtout pas de mise au box, le cheval ayant besoin de se déplacer pour brûler le glycogène.

Le dépistage

L’analyse est très simple et est désormais disponible en France auprès du laboratoire « Genimal » pour 40 euros.
Pour cela il suffit de commander un test en ligne et d’envoyer une poignée de crins préalablement arrachés au laboratoire par courrier.

Il est important de réaliser ce test même si le cheval n’a pas encore de symptôme afin de pouvoir agir en conséquence s’il s’avère être positif.

La maladie étant dominante, il est fortement recommandé d ‘exclure de la reproduction tout cheval porteur afin d’éviter de continuer de faire naître des chevaux malades.

Afin de garantir l’achat de votre cheval, demander le test au vendeur, surtout s’il s’agit d’une race ou d’une lignée à risque.

Chez nos chevaux bretons ?

Crédit photo : @Cynthia Konopczynski
Crédit photo : @Cynthia Konopczynski

Des études suisses et américaines démontreraient qu’il y aurait plus de 60% du cheptel breton touchés par la PSSM.

La maladie se détectant principalement par la mise au travail, la plupart des bretons qui l’ont déclaré sont des chevaux d’utilisation, peu nombreux puisque la majeur partie est vouée à la reproduction pour la viande.
De ce fait, la race bretonne est désormais malade de sa sélection, les utilisateurs se retrouvent propriétaires de chevaux atteints qui ne peuvent pas travailler et les éleveurs continuent de faire reproduire des chevaux atteints.

Le syndicat de race, pourtant mis au courant de ce fléau, ferme les yeux et ne souhaite pas faire un travail d’assainissement puisqu’il tente même d’étouffer la présence de cette maladie dans la race.

Sans effort de dépistage de la part des éleveurs, la PSSM continuera d’empoisonner la race qui est déjà mal vue de part sa sélection orientée vers des chevaux obèses voués à la boucherie.

Une éleveuse des Côtes d’Armor témoigne : « Ma jument trait breton de 6 ans est positive à la PSSM. J’en avais entendu parler chez les éleveurs de chevaux américains et les propriétaires de Comtois. Tester mes 2 juments bretonnes était une démarche entreprise par curiosité, mais également pour intervenir en cas de positivité, et surtout ne plus les faire reproduire afin d’éviter les naissances de poulains « malades ». Reine, ma bretonne de 10 ans est négative à la maladie. Antic, ma bretonne de 6 ans est positive n/P1 (porteuse hétérozygote). Elle a une chance sur deux de transmettre la maladie à ses poulains, et j’ai donc choisis de ne plus la faire reproduire cr je propose des poulains pour du loisirs et de l’utilisation donc je veux garantir aux futurs propriétaires un animal indemne de PSSM. Sa fille née en 2014 avant la connaissance des tests est par chance négative.

Antic qui est désormais confiée en jument de loisirs, présentait des symptômes légers, que je prenais pour de la « fainéantise ». Elle continue tout de même à travailler, il le faut pour éliminer le glycogène des muscles. Mais elle le fait de manière adaptée.

Et chez les autres

crédit photo : @Goulwena MOEL
crédit photo : @Goulwena MOEL

Nombreux sont les propriétaires de chevaux américains (paint horse, quarter horse, appaloosa) qui ont eu la mauvaise surprise d’avoir un cheval atteint de cette maladie. Géraldine LACHOUX, éleveuse de chevaux paint horses à Fréhel (22) témoigne : « il y a plusieurs années nous n’étions pas au courant de l’existence de cette maladie, j’avais une poulinière qui faisait régulièrement des crises de PSSM ,je ne savais pas ce que c’était alors, mon vétérinaire non plus, il la soignait comme pour une colique (la jument avait tellement mal qu’elle se jetait par terre…). Ses fins de gestation étaient compliquées, elle n’arrivait plus à se déplacer. Elle avait été réformée de sa carrière montée car elle semblait boiter (boiteries qui étaient en fait des raideurs musculaires dûes à la PSSM. Cette jument est malheureusement décédée jeune d’une crise qui lui a été fatale… Je n’ai su qu’après son décès qu’elle était atteinte de la PSSM et avec mon vétérinaire nous avons pu enfin expliquer ses symptômes. J’ai alors fait tester tout mon cheptel : par chance une seule de mes poulinière était atteinte et a été retirée immédiatement du programme d’élevage. Depuis je n’utilise que des reproducteurs testés et boycotte ceux qui ne le sont pas. Dans d’autres pays comme l’Allemagne le test est obligatoire pour les étalons, afin d’obtenir un carnet de saillie, et rendu public. Les éleveurs ont exclu par eux-mêmes les sujets atteints. Une sélection rigoureuse pour éviter bien des déceptions…

Pour plus d’informations ou consulter une liste répertoriant les résultats de nombreux chevaux testés, vous pouvez vous rendre sur cette page Facebook, mais également pour le trait breton, une page plus spécifique.

Vous pouvez également signer la pétition demandant au associations de races françaises d’assumer la PSSM, cliquez ici.

Croisemements

N/N
(non atteint)

N/P1

(atteint hétérozygote)

P1/P1

(atteint homozygote)

N/N
(non atteint)

100% de poulains N/N

50% de poulains N/N

50% de poulains N/P1

100% de poulains N/P1

N/P1

(atteint hétérozygote)

50% de poulains N/N

50% de poulains N/P1

25% de poulains N/N

50% de poulains N/P1

25 % de poulains P1/P1

50% de poulains N/P1

50% de poulains P1/P1

P1/P1

(atteint homozygote)

100% de poulains N/P1

50% de poulains N/P1

50% de poulains P1/P1

100 % de poulains P1/P1

Simulation de croisement, d’où l’intérêt de ne faire reproduire que des chevaux testés négatifs à la maladie (N/N), le risque étant trop élevés avec des chevaux N/P1 et P1/P1 de continuer de faire naîtres des chevaux malades.

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