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Publié le: dim, Mai 15th, 2016

Ultra-violences à Nantes et à Rennes : des militants politiques, pas des casseurs !

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« Peu aptes au raisonnement, les foules sont au contraire très aptes à l’action »
Gustave Le Bon

A Nantes depuis deux mois, la violence n’a fait que croître. Depuis trois semaines, les manifestations ont changé de visage. Ici, il est presque traditionnel que les manifestants s’affrontent aux forces de l’ordre en fin de rassemblement. Mais si les face-à-face étaient souvent virils, ils ne dépassaient jamais l’objectif d’en faire la preuve.

22 février 2013, de la foule bigarrée anti-aéroport à l’attaque aux biens

Depuis février 2013 avec la manifestation anti-aéroport qui avait dégénéré et gravement endommagé le centre ville de Nantes, les choses ont changé. Le 22 février 2013, une foule pacifique et bigarrée de 30.000 personnes avaient arpenté le pavé nantais pour dire non à l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.
Mais des heurts violents pendant la manifestation avaient profondément marqué les Nantais. Pour la première fois, des centaines d’éléments ultra-violents s’en étaient pris au mobilier urbain mais aussi à de nombreux commerces. Pendant de longues heures, Nantes avait vécu entre jets de pavés et nuages de gaz lacrymogènes. Une foule de plusieurs centaines (milliers?) de personnes avaient défiguré l’hyper-centre ville. Vêtus de noirs et le visage protégé de cagoules et de masques anti-lacrymogènes, des manifestants franchissaient le pas de l’attaque massive aux biens publics et privés.

Cagoules noires, ultra-violence et attaque aux personnes

En 2016, les manifestations anti-loi Travail ont monté d’un cran dans la violence. Celui de l’attaque aux personnes. “Tout ce qui n’est pas avec nous est contre nous” entend-on chez des manifestants. Et dans les rangs, la multiplicité de couleur des bobos-baba-cool cèdent la place à la tenue noire de la cagoule aux rangers.

Une colère rouge ?

2016-05-13 09.02.14L’actualité de la loi Travail a effectivement déclenché une colère rouge. Dans un pays en crise où les destructions massives d’emplois et la remise en cause des acquis sociaux inquiètent, le peuple est en malaise. Les uns craignent de perdre leur emploi, d’autres n’en ont plus et d’autres encore pressentent le changement profond de société qui s’opère. Une crainte commune : ne plus avoir sa place dans le monde qui arrive. Les masses s’agitent, s’expriment, s’excitent comme ultime moyen de ne pas mourir, comme un homme à la mer se débat pour ne pas se noyer tout en hâtant sa noyade par ses ébats. Les plus engagés politiquement tentent de se faire entendre et s’opposent désormais physiquement à l’évolution programmée de la société.

« Des milliers d’individus séparés peuvent à certains moments, sous l’influence de certaines émotions violentes, un grand événement national par exemple, acquérir les caractères d’une foule psychologique. Il suffira alors qu’un hasard quelconque les réunisse pour que leurs actes revêtent aussitôt les caractères spéciaux aux actes des foules. A certains moments, une demi-douzaine d’hommes peuvent constituer une foule psychologique, tandis que des centaines d’hommes réunis par hasard peuvent ne pas la constituer. »
Psychologie des foules
, Gustave Le Bon, 1895

Dans un contexte social difficile, cette masse d’individus devient une foule psychologique. Et le grand nombre qui constitue cette foule fait la dangerosité de la réaction.

A Nantes, après l’attaque aux biens de février 2013, assez peu suivie de procédures judiciaires et sans plus de sanctions, on observe depuis plusieurs semaines la volonté des manifestants d’en découdre sans limite. Ainsi, à Rennes des engins explosifs artisanaux sont jetés sur les forces de l’ordre lors des manifestations. Un peu partout, des personnels de police et de gendarmerie sont chargés par des centaines d’opposants politiques déterminés auxquels se joignent des lycéens et des étudiants réactifs à l’émotion forte du moment.
Le cap de l’ultra-violence est franchie le 3 mai dernier à Nantes quand un commandant de la CRS tombe sous les coups de 5 à 6 agresseurs qui le mettent à terre et le frappent. Ils lui retirent son casque et continuent à le frapper à coup de barre de fer. Une plongée dans l’ultra-violence qui montre bien, cette fois, une volonté de tuer. Tuer non pas un homme mais un système dans sa représentation au quotidien. Barre de fer contre boite crânienne, le match est inégal et peu résiste à la fureur d’un agresseur armé de la sorte. Le policier s’en sortira avec 15 points de suture et une fracture du nez.
Le 3 mai, la limite est franchie. Les militants politiques, la foule psychologique est désormais prête à tout.

2016-05-13 11.53.16Le 9 mai, lors de la manifestation suivante, aucun signe d’une prise de conscience de la gravité de ces actes qui aurait fait redescendre les tensions. Aucun appel au calme n’est lancé dans les rangs des militants d’ultra-gauche. Bien au contraire. Désormais, à la vue d’un uniforme les manifestants s’enflamment et se transforment en agresseurs-casseurs.

L’ultra-violence s’est installée sans trouver son maître. La foule s’habille en noir et passe des cagoules avant le départ des cortèges. Aveuglée de haine et lâche, elle affiche sa volonté de tout casser au nom d’un idéal de société. “La ville est notre terrain de jeu” écrit-elle sur les murs nantais. Le ton est donné. 2016-05-13 09.04.18

A cela s’ajoutent désormais les menaces aux personnes quand un riverain ose dire sa colère. De même, les journalistes et les photographes de presse sont pris à partie, matériel cassé et agressions physiques régulières. On est loin des manifestations où l’on faisait la seule preuve d’une certaine virilité. Les mots sont durs, comme le temps, et résonnent comme ceux de Daech qui tue ceux qui ne pensent pas comme lui. valls t'es un homme mort 120516

La psychologie des foules n’a pas tant évoluée depuis Gustave Le Bon. Et le lire où le relire donnerait une précieuse tendance des mois à venir.

« Quels que soient les sentiments, bons ou mauvais, manifestés par une foule, ils présentent ce double caractère d’être très simples et très exagérés. Sur ce point, comme sur tant d’autres, l’individu en foule se rapproche des êtres primitifs. Inaccessible aux nuances, il voit les choses en bloc et ne connaît pas les transitions… La simplicité et l’exagération des sentiments des foules font que ces dernières ne connaissent ni le doute ni l’incertitude. Elles vont tout de suite aux extrêmes. Le soupçon énoncé se transforme aussitôt en évidence indiscutable. Un commencement d’antipathie ou de désapprobation, qui, chez l’individu isolé, ne s’accentuerait pas, devient aussitôt haine féroce chez l’individu en foule. »

Depuis vendredi soir, les rues du centre de Rennes sont témoins des “actes révolutionnaires” de militants politiques. Leur idéal est à l’extrême-gauche et ils en sont convaincus, tous les moyens sont bons pour faire basculer l’opinion. Dans les faits, ils cassent, ils agressent. Mais leur motivation est politique. Ils sont là pour faire tomber le système, pour activer la chute du gouvernement. Pour eux, la destruction du bien public où privé est un moyen. “Une révolution ne se fait pas avec des fleurs” assènent-ils. Ils se positionnent à l’extrême-gauche et veulent la fin du capitalisme et de son monde.
Ils rêvent d’un monde où les richesses seraient redistribuées à tous, où les décisions seraient prises collectivement mais pas en dehors de leur pensée, où la classe politique actuelle serait anéantie. Finalement, rien de plus que la plupart des gens aujourd’hui. Ce qui change, ce sont les moyens employés pour y arriver. Ils se préparent au grand jour physiquement et sont équipés comme les forces de l’ordre, flingues en moins pour l’instant. Et l’effet de groupe accentue la violence. Désormais, la préparation de dispositifs d’attaque est à l’ordre du jour. Iront-ils jusqu’à tuer pour leurs idées ?

La révolution, beaucoup y pensent sans passer à l’acte. Eux, ils la font, avec les effets pervers de la constitution d’une foule psychologique. Individuellement, ils sont déjà très déterminés à aller au bout de leurs idées politiques sans trop se préoccuper de la pensée de la majorité du peuple qu’ils pensent défendre. Alors quand ils sont réunis et en proie à des craintes fortes pour l’avenir, ils y vont à fond.
Centrés sur leur vision du monde, ils ne peuvent imaginer qu’ils sont minoritaires et que leurs idées ne fédèrent pas. Pire, ils sont aveugles au rejet qu’ils provoquent. Totalement en dehors du réel, ils n’ont désormais aucune limite. Et même si les vacances et les activités d’été ramèneront bientôt un calme relatif à Rennes et à Nantes, les prochains mouvements sociaux reprendront là où ils seront laissés, avec en mémoire les méthodes et le degré de violence qu’ils auront connu ce premier semestre 2016.

«  – La première phase d’une révolution est consacrée à combattre les nécessités économiques et sociales qui régissent la vie des peuples. L’expérience prouvant bientôt que ces nécessités dominent les volontés, l’ancienne organisation reparaît sous des noms nouveaux. Ainsi se terminera nécessairement la révolution russe.
– Les révolutions ne durent jamais longtemps parce qu’elles se heurtent bientôt au mur des nécessités économiques et sociales qui dominent le monde. Percevant alors l’impuissance des théoriciens, la foule se détourne d’eux. Avant d’arriver à cette dernière phase, bien des ruines sont accumulées. La Russie en fait aujourd’hui l’expérience.
– D’après tous les enseignements de l’histoire des révolutions, l’extrémisme en politique a comme terminaison nécessaire soit la destruction de la civilisation, soit l’anarchie et la dictature.
– Ce n’est pas d’une révolution, mais d’une transformation profonde des idées que résultent les réformes durables.  »
Gustave Le Bon, Les Incertitudes de l’heure présente, 1923

 

La semaine à venir sera décisive pour l’avenir du mouvement anti-loi travail. Les syndicats sont conscients qu’au delà, il sera difficile de mobiliser. Les lycéens et étudiants seront en examens. Et la grève générale souhaitée n’est pas encore chose faite.

Manifestations et grève de la semaine à venir :

Le 16 mai : les transports routiers entameront une grève en soirée

le 17 mai : grève et manifestations reconductibles à 10H30 à Nantes (Pont de la Madeleine), Saint-Nazaire (Place Amérique latine), Ancenis (station Esso), Châteaubriant (Lycée Guy Moquet). Les syndicats souhaitent la tenue d’assemblées générales dans les entreprises et administrations pour amplifier le mouvement. Cette manifestation a été déclarée et un parcours a été défini avec les autorités.

le 18 mai : préavis de grève à la SNCF

le 18 mai :

  • Manifestation des forces de l’ordre contre les violences anti-police menées depuis le début des manifestations anti-loi Travail
  • appelp2b-d68cbManifestation contre les violences policières à Pont-de-Buis

Le 19 mai : grève et manifestation départementale à 10H30 à Saint-Nazaire pour témoigner de la solidarité du salariat entre les deux sites industriels et économiques nantais et nazairien. Pour les Nantais, départ en car à 9h00 précises de la gare routière (Maison Rouge, Allée Baco). S’inscrire auprès des UD CGT, CGT-FO, Solidaires, FSU, participation libre.
Le retour est prévu vers 15 heures à Nantes.

 

 

A propos de l'auteur

Visualiser 21 Comments
Ce que vous en pensez
  1. Gwenc'hlan dit :

    Militants politiques ? De qui se moque-t-on ?

  2. Sylviane dit :

    Excellent article, excellente analyse.

    Oui, les études de Gustave Le Bon sur la Psychologie des foules, écrites en 1895, restent totalement actuelles car les mécanismes psychologiques de groupe qui nous animent sont restées les mêmes!

    Je vous invite, comme l’auteur de l’article ci-dessus, à lire ou relire Gustave Le Bon. Cette étude est disponible en Pdf sur le lien suivant:
    http://classiques.uqac.ca/classiques/le_bon_gustave/psychologie_des_foules_Alcan/Psycho_des_foules_alcan.pdf

    (…) La foule n’est pas seulement impulsive et mobile. Comme le sauvage, elle n’admet pas que quelque chose puisse s’interposer entre son désir et la réalisation de ce désir. Elle le comprend d’autant moins que le nombre lui donne le sentiment d’une puissance irrésistible. Pour l’individu en foule, la notion d’impossibilité disparaît. L’individu isolé sent bien qu’il ne pourrait à lui seul incendier un palais, piller un magasin, et, s’il en est tenté, il résistera aisément à sa tentation. Faisant partie d’une foule, il a con¬science du pouvoir que lui donne le nombre, et il suffit de lui suggérer des idées de meurtre et de pillage pour qu’il cède immédiatement à la tentation. L’obstacle inatten¬du sera brisé avec frénésie. Si l’organisme humain permettait la perpétuité de la fureur, on pourrait dire que l’état normal de la foule contrariée est la fureur. (…)
    Réf: p.27

    • ben lagren dit :

      C’est grave d’écrire des articles fondés sir des theories psu ayant près de 150 ans. L’analyse morphologique de la boîte crânienne serait tout aussi pertinente…

      Comment pouvez vous vous permettre de citer UNE attaque de flic a coup de barre de fer, fait exceptionnel s’il en est, sans parler des passages a tabacs quasi quotidien que subissent les jeunes en marge, que ce soit des cites, des squats ou de la rue ?

      Voilà un article bien partial et bien nul, même le Huffington a fait mieux que vous…

      • Sylviane dit :

        Vous avez donc lu Gustave le Bon pour discréditer ses analyses de cette manière ? Car il serait tout autant irresponsable et infondé de descendre en flèche un texte que l’on n’a pas lu, n’est-ce pas !

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