Notre-Dame-des-Landes : Pas de plafonnement de trafic en vue à Nantes Atlantique

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Nantes, mardi 21 juin 2016, Le CéDpa, Collectif d’élu-e-s opposé-e-s au projet de Notre Dame des Landes, réagit suite aux résultats obtenus du cabinet Adecs Airinfra à qui il avait demandé de calculer le niveau du « seuil de plafonnement » des mouvements à Nantes Atlantique à partir des hypothèses données par les inspecteurs du Ministère de l’Environnement eux mêmes.

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 Pas de plafonnement de trafic en vue à Nantes Atlantique

 Après calculs, le CéDpa conteste catégoriquement la DGAC qui prétend que pour des raisons de bruit, il faudrait un jour plafonner à 56 000 mouvements le trafic à Nantes Atlantique. Ce plafonnement était la pierre angulaire de l’avantage socio-économique du projet de Notre Dame des Landes. Il s’effondre.

En 2006, la DGAC affirmait qu’à partir de 56 000 mouvements d’avions commerciaux, la zone C du plan d’exposition au bruit (celle qui impose des contraintes de constructions de logements) atteindrait le sud de l’Ile de Nantes et qu’il faudrait alors plafonner le trafic de Nantes Atlantique pour ne pas dépasser ce seuil. De cette affirmation ont découlé les calculs d’avantage économique du transfert de l’aéroport (puisque à Notre Dame des Landes, on ne connaitrait pas de plafonnement) et la déclaration d’utilité publique de 2008.

Dix ans plus tard, en 2016, les inspecteurs du ministère de l’Environnement valident quasiment ce plafonnement à 56 000 mouvements en cas de maintien de la plateforme actuelle : ils écrivent que ce chiffre n’est « pas irréaliste » et qu’il pourrait être atteint en 2023… Tout en indiquant qu’ils manquent d’expertise sur le sujet et en demandant une « tierce expertise » sur les cartes de bruit.

Le CéDpa a demandé au cabinet Adecs Airinfra de calculer le niveau de ce « seuil de plafonnement » à partir des hypothèses données par les inspecteurs. Résultat : en 2023, il faudrait non pas 56 000 mouvements d’avions pour que la zone critique parvienne au sud de l’Ile de Nantes mais au minimum 74 000 (avec les mêmes avions qu’aujourd’hui à Nantes) et plus vraisemblablement 91 000 (avec l’intégration d’un certain progrès technologique comme recommandé par les inspecteurs).

Etant donné qu’en 2023, selon le scénario retenu par les inspecteurs, le trafic attendu serait de 55 à 56 000 mouvements, le seuil est loin d’être atteint. Pour atteindre 91 000 mouvements, il faudrait 9 millions de passagers… L’année où ce nombre serait atteint (2045 selon les inspecteurs !), le seuil de plafonnement aura reculé. En effet, plus on s’éloigne dans le temps, plus le seuil recule puisque de plus en plus de nouveaux appareils, moins bruyants, remplacent les anciens.

Le plafonnement à 56 000 mouvements de la plateforme actuelle est une invention de la DGAC, une de plus, pour justifier un projet inutile. Sans ce plafonnement, c’est tout le bénéfice socio-économique du projet qui s’effondre… la déclaration d’utilité publique aussi.

Présentation des calculs sur le site du CéDpa

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