Home Actualité Information Bretagne - 7seizh.info Martial Menard, la grande école du breton*

Martial Menard, la grande école du breton*

 

kenavo-martial-2Le linguiste, éditeur, militant acharné de la Bretagne est décédé aujourd’hui à l’âge de 64 ans. A l’image d’un Roparz Hemon qu’il vénérait tant, il aura consacré sa vie à l’étude et la défense de la langue bretonne, sans jamais renoncer ni rien lâcher…

Une origine gallèse revendiquée

Né en novembre 1951 à Paris dans une famille de Bretons originaires de Lanrelas (Mené), Martial Ménard passe son enfance à Paris. Il apprend le métier de cuisinier, part faire son service militaire en Guadeloupe au début des années 1970. C’est là, au contact d’indépendantistes guadeloupéens, qu’il ressent l’appel du pays. De retour à Paris, il apprend la langue bretonne en neuf mois à Kêr Vreizh mais aussi avec les cours par correspondance de Skol Ober. Dès 1975, il quitte Paris et trouve un travail de cuisinier à Quimper.

 

FLB et langue bretonne

Installé dans la capitale de Cornouaille, il donne des cours à Skol an Emsav – Kemper où milite également Yann-Kel Kernaleguen qui lui propose de rejoindre le FLB-ARB. La mort accidentelle de Yann-Kel Kernaleguen en septembre 1976 n’entame pas sa détermination. Il trouve un autre contact et, très vite, participe aux activités du FLB-ARB. Il participe à un premier attentat en mai 1978 à Lorient. Son activité clandestine ne dure qu’une année : Martial Ménard tombe en juin 1979. Il est alors condamné à sept ans de prison. Il en fera deux avant de bénéficier de l’amnistie consécutive à l’élection présidentielle en 1981. A sa sortie de prison, il devient instituteur dans une maternelle Diwan.

An Here, l’heure de la moisson

Avec l’approbation de l’assemblée générale de Diwan, il crée en 1983 une maison d’édition associative, An Here (les semailles) afin de fournir aux écoles des livres pour les enfants brittophones. Elle est présidée entre autres par Charlie Grall et l’universitaire Hervé Le Bihan. Martial Ménard est le seul salarié de la structure jusqu’à l’embauche de plusieurs personnes à qui il confie l’élaboration du premier dictionnaire monolingue breton dont il est co-directeur. L’ouvrage sort en 1995. Il est ré-édité en 2001 dans une version augmentée, passant de 10 000 à 20 000 entrées. Devenue la principale maison d’édition en langue bretonne, An Here ouvre un département en langue française qui ne représente que 20% des titres mais qui voit l’énorme succès des Mémoires d’un paysan bas-breton de Jean-Marie Déguignet que lui ont amené Bernez Rouz et Laurent Quevilly. Il en sera vendu 200 000 exemplaires. Nouveaux locaux, nouvelles embauches d’un côté, violente querelle avec le Conseil régional UMP d’un autre : suite à de longues attaques, An Here disparaît en 2006. Martial Ménard a également été le directeur de la publication Breizh Info dirigée par son ami Charlie Grall de 1997 à 2001. Il a clairement payé ses choix politiques. Fidèle à ses idéaux, il n’a jamais renoncé, ne s’est jamais courbé devant le pouvoir en place…
A partir de 1998, Martial Ménard assure une rubrique sur la langue bretonne dans Dimanche Ouest-France (A la petite école du breton, *titre que j’ai modifié pour débuter mon texte). En 2012, il publie un très remarqué Dictionnaire français-breton, avec plus de 50 000 entrées, aux Editions Palantines. Conscient de son état de santé, Martial Ménard lance en juin 2016 le site internet devri.bzh, site lexicographique breton, fruit de son travail de recherche sur la langue bretonne entamé alors qu’il était emprisonné à Paris pour son appartenance au FLB. Avec cet outil, Martial offre aux Bretons un bel héritage. Charge à eux désormais de le faire vivre et fructifier…

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