La DGSI séduite par Palantir et sa technologie Big Data

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Data digital flowMême si l’information n’est pas encore officielle, elle fait déjà parler chez les spécialistes de l’informatique et des nouvelles technologies. Palantir, une star-up financée par la CIA spécialiste du Big Data, serait en passe de signer avec les services de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure). La signature de ce contrat apparaît comme un danger potentiel pour la souveraineté nationale de la France.

Palantir Technologies est une entreprise de services et d’édition logicielle spécialisée dans l’analyse et la science des données, communément appelé Big data ou mégadonnées. Créée officiellement en mai 2003, la société Palantir Technologies a bénéficié pour se lancer d’un financement de 2 millions de dollars du bras financier de la CIA, la société In-Q-Tel. En 2009, Palantir ouvre son premier bureau en Europe avec l’objectif de s’implanter auprès des gouvernements d’Europe de l’Ouest.

bigdataAprès avoir répondu à des appels d’offres du Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP) et de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), Palantir viserait désormais la DGSI. Selon Intelligence Online, « Le service français de renseignement intérieur, totalement submergé par la pression terroriste, va s’en remettre au spécialiste américain du traitement de données » et évoque de nombreux rendez-vous avec les analystes de Palantir. L’entreprise américaine formerait actuellement les équipes françaises à la technologie Big Data.

“Nous devons acquérir ce big data immédiatement”
Patrick Calvar, directeur général de la sécurité intérieure, 17 mai 2016

patrick-calvarLors de son audition en Commission de la défense nationale et des forces armées le 17 mai dernier, Patrick Calvar, le patron de la DGSI, affirmait “Nous ne manquons pas de données ni de métadonnées mais nous manquons de systèmes pour les analyser. Nous ne sommes pas frileux vis-à-vis des nouvelles technologies ; nous les déployons progressivement”. 

Lors de cette session, Jean-Yves Le Déaut, président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) expliquait “les Israéliens disent que nos techniques de big data ne sont pas bonnes (…) De petites entreprises françaises travaillent sur l’extraction et le traitement de données.”
Patrick Calvar précisait alors “Les entreprises françaises qui développent des systèmes ne sont pas encore capables de répondre à nos besoins, alors que nous devons acquérir ce big data immédiatement. Nos camarades européens sont dans la même situation. Le choix n’a pas encore été fait mais, en tout état de cause, la solution sera temporaire. Tout ce que nous développons se fait en relation directe avec la DGSE, afin d’éviter les doublons, et la plupart de nos ingénieurs en charge de ces questions viennent de la DGSE. La moindre perquisition nous permet de récupérer des milliers de données. Nous avons donc besoin d’outils de big data pour répondre immédiatement à nos besoins.”

Palantir, la très secrète star-up américaine

big-data-6-vUne opacité avérée entoure Palantir, cette société qui devrait permettre aux services de renseignement de l’Etat français de mieux exploiter sa masse de données.
Les technologies Palantir exploitent l’intelligence artificielle et sont parmi ce qui se fait de mieux au monde mais on évalue mal leur puissance. On sait juste que cette technologie aurait permis de retrouver Ben Laden. Pourtant, et malgré cette opacité, les solutions Palantir semblent séduire le service de renseignement français au risque de mettre en péril la souveraineté nationale du pays. Affaire à suivre.

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