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Le black-out du nucléaire… par @skerckhove

 

Le Réseau de Transport de l’Electricité vient de rendre publique une nouvelle analyse au terme de laquelle cette filiale d’EDF s’inquiète ouvertement des risques d’un effondrement du système électrique en France cet hiver ; black-out dû à la fermeture d’une dizaine de réacteurs nucléaires arrêtés pour cause de maintenance.

 

Point de vue de Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement

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Le Réseau de Transport de l’Electricité vient de rendre publique une nouvelle analyse au terme de laquelle cette filiale d’EDF s’inquiète ouvertement des risques d’un effondrement du système électrique en France cet hiver ; black-out dû à la fermeture d’une dizaine de réacteurs nucléaires arrêtés pour cause de maintenance.

Cette analyse illustre parfaitement la fragilité du système électrique hexagonal reposant sur une part prépondérante de nucléaire. Ce monolithisme énergétique fait de la France un géant aux pieds d’argile. Ce risque de black-out met en effet en évidence le manque de résilience du système électrique français. De fait, l’apparition d’un défaut générique sur l’un des réacteurs entraîne notre pays dans une menace bien réelle.

Le risque d’effondrement du système électrique en période hivernale est tout à la fois du à un système de production centré sur le nucléaire et sur un gaspillage énergétique émanant du chauffage électrique.

Ce couple nucléaire/chauffage électrique solidarise les courbes de consommation électrique et celle des températures. A la moindre baisse de l’une, on assiste à l’apparition de pointes électriques durant lesquelles la consommation électrique française franchit des sommets ; phénomène typiquement français qu’on ne retrouve nulle part ailleurs en Europe par sa fréquence et son amplitude.

Paradoxalement, le chauffage électrique promu dans les années 70/80 pour résorber la surproduction électronucléaire aboutit au fait que la France soit dans l’obligation, hiver après hiver, d’importer massivement de l’électricité allemande. Le fameux « charbon allemand » servira en partie à l’alimenter les radiateurs électriques français !

Le coût et la fiabilité du nucléaire sont aujourd’hui remis en question, corroborant ainsi les critiques formulées par les écologistes depuis des décennies. Face à ce constat accablant, le gouvernement persiste dans l’erreur en construisant, pour la modique somme de 10 milliards d’euros un nouveau « réactueur » nucléaire !

A la veille d’un hiver potentiellement rigoureux, le système nucléaro-centré français connaît de nombreux ratés, conduisant à la fermeture de nombreux réacteurs. Alors que la France a un besoin urgent de soutenir des systèmes de production décentralisés permettant de répondre à une consommation de pointe, le gouvernement continue, contre vents et marées, à soutenir la construction d’une centrale nucléaire EPR à Flamanville qui ne sera pas à même de répondre à cette demande électrique hivernale.

Cette nouvelle analyse de RTE met une fois encore en lumière les conséquences d’une politique idéologique qui se refuse à rompre avec les errements d’un grand corps malade, le corps des Mines qui n’a eu de cesse de promouvoir le nucléaire en France. Il est pourtant urgent de remettre la France sur les rails de la transition énergétique, transition passant par un soutien massif aux énergies renouvelables, à la sobriété et l’efficacité énergétique.

Le 8 novembre 2016,

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur Stéphane Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’Environnement

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