Publié le: sam, Déc 3rd, 2016

Dossier. Football nantais : son ADN est sur le drapeau Breton

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Il est né en 1923 et parcourt le monde entier depuis 1925. Ce nonagénaire est Nantais, Rennais, Dolois, Malouin, du Penthièvre et en même temps Léonard, Trégorrois, Cornouaillais et Vannetais. « Il » c’est le « Gwen ha du », le drapeau breton, qui rassemble ainsi ses neuf entités sous sa bannière unificatrice, symbolisée par neuf bandes noires et blanches.

Chaque Breton ou presque s’est approprié le « Gwen ha du », l’arborant avec fierté, sur les stades et partout. L’évidence du Pays Nantais en Bretagne saute alors aux yeux tellement elle y trouve sa matérialisation. Il incarne la Bretagne, une histoire, une identité et une unité territoriale commune depuis plus de 1000 ans.

Cette identité est multiple, plurielle et inclusive, basée sur une cohérence historique, économique et culturelle, au delà de tout clivage partisan. Brandir le « Gwen ha du » en admettant l’appartenance du Pays Nantais à la Bretagne claque donc comme l’évidence que fournit son ADN, lui qui a sa place à côté du drapeau de la République et de celui de l’Europe, affirmation qui devrait trouver sa cohérence dans une Bretagne toujours clouée de force dans la division territoriale.

Le « Gwen ha du » est une unité que l’on ne peut diviser, un drapeau dont on ne peut déchirer les bandes comme on taille un chiffon, au gré des humeurs et des ignorances. Il est plus vivant et fier que jamais en 2015.

Football Nantais : Son ADN est sur le drapeau breton

Nantes, capitale historique du Duché de Bretagne, représentée par une des neuf bandes du drapeau breton, ambitionne de renouer le fil de son destin européen. Et pourtant. « Comment la Bretagne pourrait-elle réussir lorsque son territoire demeure coupé en deux ? » s’interroge le magistrat nantais Yvon Ollivier. Il en va de même pour le sport et le football en Loire-Atlantique et, comme l’a démontré l’historien Roger Chartier, on ne peut comprendre le sport qu’en liaison avec le politique…

Viviane Reding, vice-présidente de la Commission Européenne, déclara en 2011 suite au dépôt d’une plainte auprès de la Commission qu’elle co-préside, ne pas avoir les outils nécessaires pour faire respecter les manquements de l’Etat français à l’égard des Bretons, tout en reconnaissant l’existence d’une minorité bretonne en France… « La Bretagne en tant qu’institution est un nain politique et juridique qui ne dispose pas des leviers du développement. » reprend Yvon Ollivier. « Dans ce système centralisé, la Bretagne n’est qu’une variable d’ajustement au service d’autres intérêts. Vu de l’étranger, on se demande pourquoi la France est incapable d’oser la Bretagne… »

La Loire-Atlantique est bretonne depuis plus de mille ans et l’UNESCO – institution spécialisée de l’ONU – a plusieurs fois certifié l’évidence, la dernière datant de 2011, à savoir que le château des Ducs de Bretagne fait partie de l’entité éponyme. Pourquoi alors avoir divisé la Bretagne ? « C’est une décision politique qui n’a aucune réalité historique, ni économique, [mais est purement] liée à la planification. » explique l’historien Joël Cornette. » Un véritable négationnisme est institutionnalisé, football compris. « En histoire, le mensonge est l’activité la mieux partagée. » décrypte l’historien Pierre Miquel. « Les acteurs de l’histoire mentent. Ces mensonges ne sont pas de simples et anodins aménagements de la réalité, mais de véritables stratégies d’occultation de la vérité. »

Du point de vue juridictionnel, la Loire-Atlantique fait partie intégrante de la Bretagne – cinq départements approchant la taille du Danemark – de surcroît lorsque le droit français exige l’application du droit coutumier breton1. L’unité de la Bretagne s’est forgée au 9e siècle, autour de l’axe Quimper–Auray–Nantes ou du triangle Nantes–Rennes–Vannes2. Edimbourg a été unie à l’Ecosse au 10e siècle, le Danemark s’est unifié au 10e siècle, Strasbourg a été annexée à la France en 1681 et Genève est suisse depuis 1815. L’Histoire est le façonnage de peuples qui sont, pour la plupart, aujourd’hui dotés de leurs propres et légitimes institutions parlementaires. La Bretagne connut son premier parlement au 13e siècle.

Ainsi, pour le philosophe breton Joseph-Ernest Renan, « Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé », le principe d’unité faisant partie intégrante de l’identité bretonne. Alors que les différentes gouvernances françaises de l’Histoire reprendront tout aussi naturellement ces principes d’unité et d’indivisibilité, il n’en ira pas également à l’intérieur même des frontières françaises et plus particulièrement en Bretagne, ce jusqu’à nos jours.

Dès l’apparition des premières « régions », ces principes « disparaissent » quand il s’agit de la Bretagne. L’ « affaire » démarre pendant la guerre 1914-1918. Etienne Clémentel, ministre du Commerce, fut à l’origine de ces « régions économiques ». Clémentel expose son projet dans une circulaire du 25 août 1914, lequel est mis à exécution par un décret du 5 avril 1919.

Ainsi, pendant qu’elle réintègre l’Alsace et la Moselle en 1919 après un conflit mondial, la France entend étrangement prôner la division en Bretagne sans consulter la population bretonne au sujet de sa propre unité territoriale.

Diviser sans consulter les Bretons

Le football breton existe bien sûr dans le cadre de cette société civile. Distante de 55 km de la Mayenne pour l’une, de 25 km de l’Anjou pour l’autre, Rennes et Nantes forment la diagonale haute-bretonne. Lorsqu’en 1902 est créé le Comité de Bretagne de Football, le Stade Rennais et le FC Nantais participent au premier championnat de Bretagne de l’histoire, dans une unité que l’Etat français va déconstruire.

La première séparation du football breton par l’Etat français, suivant un ordre de réorganisa- tion régionale française dictée par l’autorité allemande, intervient en 1942. La FFF3 est même mise devant le fait accompli dès 19414. Pour Eugène Bocqueho, secrétaire général de la Saint-Pierre de Nantes, meilleur club nantais de l’époque et dont naîtra le FC Nantes, « cette décision est un non-sens tant la Bretagne sud est facile d’accès. La Saint-Pierre, seul club nantais de division d’honneur, était assurée de faire de bonnes recettes avec les clubs bretons5 » ajoute t’il. « On s’est fort ému à Rennes de la décision qui sépare la Loire-Inférieure de la Bretagne » écrit le journaliste de ‘’L’Ouest Eclair’’ André Maussion dans ‘’Football’’, « A Nantes elle a soulevé d’unanimes et véhémentes protestations.6 »

Hervé Laudrin, directeur du CEP de Lorient, alors aussi en division d’honneur, qualifie cette décision de « malheureuse et qui, espérons- le, n’est pas définitive.7 » François Château, Maire de Rennes, plaide pour sa part que « la Bretagne est une réalité vivante. Vous ne la mutilerez pas sans la blesser.8 »

La ‘’une’’ de ‘’L’Ouest Eclair’’ du 1er août 1941 est sans équivoque lors de la division civile : « Bretagne indivisible ». Alors, en l’espace de quelques semaines se forme un ‘’Comité d’Amis de la Bretagne’’, lequel entraîne bientôt plus d’une centaine de conseils municipaux à travers toute la Bretagne à adopter un vœu d’unification renouvelé : La société civile bretonne refuse la séparation. Tout cela en vain. Celle du football ne durera qu’entre l’été 1942 et l’automne 1944.

Le FC Nantes, fondé en 1943, connaîtra ses premiers pas professionnels avec dix bretons dans son effectif. Il montera au plus haut niveau en 1963 avec sept joueurs bretons, y rejoignant le Stade Rennais qui en compte presque autant cette saison là. Pour le journaliste Pierre Lautrey, l’un des fondateurs du club profes- sionnel nantais, Nantes v. Rennes au stade Malakoff de Nantes est la « première manche du derby breton9 » 1963-64 en Division 1.

En 1967, après deux titres de champion de France et une coupe de la Ligue, le FC Nantes est à son zénith. Mais alors que le régime politique français a changé en 1940, 1944 puis ensuite 1958, sa volonté de diviser est restée intacte. Toujours sans consulter la population bretonne au sujet de sa propre unité territoriale, l’Etat français va encore forcer la FFF à séparer la Loire-Atlantique du reste de la Bretagne.

Ainsi, en 1967, La FFF décrit elle-même la décision de l’Etat français comme un véritable coup de force : « Il est décidé de faire savoir à la direction des sports [du Ministère] que la Fédération est prête à tenir compte des mesures qui lui sont ainsi imposées et qu’en conséquence le Bureau Fédéral proposera au Conseil National de mai de voter ces changements importants dans la délimitation des Ligues régionales.10 »

1965 : Doublé breton Nantes – Rennes

Ils sont six joueurs bretons champions de France nantais au soir du 30 mai 1965 alors que la presse nationale se déchaîne devant la déflagration bretonne. Pour le journaliste Thierry Roland, de l’ORTF11, Nantes champion rime avec «Hauts-Bretons»12. «Doublé breton en football avec Nantes et Rennes » barre la ‘’une’’ de l’hebdomadaire ”Miroir des Sports” du 31 mai. « La Bretagne reine du football français 64- 65. A Nantes le championnat. A Rennes la Coupe » glorifie en double page l’hebdomadaire ”France Football” le 1er juin.

« Joueurs et dirigeants nantais et rennais se retrouvèrent ensemble pour faire une petite fête après notre doublé breton au siège de ‘’Ouest France’’ à Rennes, invité par le journal » indique Yves Boutet, capitaine rennais en 1965 et aujourd’hui retraité à Lorient. « La rivalité entre nos deux clubs était bon enfant entre supporters, pas comme aujourd’hui. Mais Rennes v. Nantes, c’est un sacré derby, déjà pour nous joueurs ! » précise-t-il.

« Après le titre de 1965, nous avons joué trois fois contre Rennes en Basse-Bretagne. Il y avait un tel engouement de voir deux clubs bretons au plus haut niveau ! » se souvient le Nantais Bernard Blanchet qui disputa et remporta 4-2 avec Nantes face à Rennes le Challenge des Champions 1965 à Lorient, préfigurant l’accession du FC Lorient au professionnalisme deux ans plus tard, avec Yves Boutet dans ses rangs.13

Pour l’hebdomadaire ”Miroir Sprint”, le 8 juin : « C’est un fait sans précédent : Deux équipes de Bretagne ont en quelques mois atteint les sommets du football français : Nantes et Rennes. » ‘’France Football’’ réaffirme le 21 juin : « Rennes et Nantes, les deux champions 1965, ont un point commun : ils sont Bretons. » Début mai, ”Football Magazine” avait même sorti un numéro ‘Spécial Bretagne’ – avec Rennes et Nantes en couverture – lequel, d’après ”France Football” « obtient un succès considérable de Rennes à Nantes, de Brest à Saint-Pol-de-Léon. » ”Football Magazine” ne désarme pas le mois suivant, en écrivant : « Le football français a vécu, cette saison, à l’heure bretonne avec le succès de Rennes en Coupe de France et le triomphe des Nantais en Championnat. […] Que nous apporteront, la saison prochaine, en Coupe d’Europe et en Coupe des Coupes nos représentants bretons : Nantes et Rennes ? » Le ”Miroir du Football” de juillet conclue les éloges en évoquant « les victoires des Bretons de Rennes en Coupe et de Nantes en Championnat » et « un doublé ».

Une évidence bretonne

Malgré le « diktat » administratif, le FC Nantes continue d’assumer sans coup férir son identité bretonne. « Notre recrutement s’étend dans tous les départements bretons » explique Albert Heil, son secrétaire général, en 197014. « Même si nos joueurs ne viennent pas tous de Bretagne, il existe un type de joueur breton qui se caractérise par la dureté, l’entêtement, la vitalité et l’ardeur. »

Sans être ostentatoire, l’identité bretonne de Nantes n’en reste donc pas moins affirmée. Ainsi, lorsque le FC Nantes – emmené par son directeur sportif Robert Budzynski – va jouer en Coupe de l’UEFA à Varsovie contre le Legia, le 2 octobre 1974, les dirigeants nantais offrent comme souvenir à leurs homologues polonais une assiette en faïence de Quimper15 ! C’est sans ambiguïté. Lors du titre de champion de France 1973, le journaliste Jacques Etienne avait écrit le 5 juin dans ‘’France Football’’ : « Le FC Nantes est redevenu le porte-drapeau de toute la Loire-Atlantique et pourquoi pas de toute la Bretagne », le Stade Rennais terminant 10e de cette même Division 1.

Autre exemple parmi tant d’autres lorsque l’inverse se produit, cette fois-ci en février 1981 en coupe de France : Avant Nantes v. Amiens, deux jeunes filles en costume traditionnel breton de l’amicale des Bretons de Saint-Quentin (Picardie) remettent une gerbe de fleurs aux capitaines des deux équipes, dont Henri Michel. Les Nantais et leur vice-président Claude Simonet s’attarderont à la fin du match pour faire honneur aux Bretons de Saint-Quentin, ceux-ci s’étant mis en frais pour eux.16 « Naoned e Breizh » est aussi une évidence sans appel pour les Bretons de Saint-Quentin.

Un quotidien breton

Ainsi va le long fleuve tranquille du FC Nantes. « L’humour développe notre sens des proportions et nous révèle que l’absurde rôde toujours derrière une gravité exagérée » avançait Charles Chaplin. Une vérité née de la réalité d’un quotidien ancré dans une identité bretonne, pour le Provençal capitaine de légende Henri Michel, au sujet de son entraîneur basque José Arribas : « Un Basque breton pas pénible, cela n’existe pas17 », lance-t-il !

Même certitude en 1985 pour l’ex-joueur argentin du FC Nantes Enzo Trossero, qui place spontanément Nantes et Rennes en Bretagne : « L’autre jour, j’ai reçu un coup de fil de Rennes. Le comité directeur pensait que l’équipe allait monter en Première Division et désirait connaître mes conditions. Ce serait drôle quand même si, un de ses quatre matins, je débarquais de nouveau en Bretagne.18 »

Son coéquipier Loïc Amisse, natif de Nantes, vit quant à lui l’identité que son patronyme exprime sans détour avec la discrétion qui le caractérise et l’honore. En juillet de cette même année, le magazine du club, ‘’La Beaujoire Foot Info’’, est sans équivoque lorsqu’il titre : « Le Roux : retour au pays ».

Robert Budzynski, le directeur sportif nantais, explique, diplomate, en 1985: « On peut nous rattacher aux pays bretons puisque nous sommes à l’ouest de la France. Le Breton est têtu, très attaché au sol, au pays et bien sûr au football. Nous venons de prendre Yvon Le Roux. Nous sommes très contents d’avoir parmi nous un Breton avec ses qualités physiques, ténacité, fierté.19 »

Des paroles fondamentales, le Quimpérois Marcel Mao, Directeur Technique de la Ligue Atlantique (1980 à 1993), en tient en 1984 : « Ma conviction très ferme est que Nantes et la Loire-Atlantique appartiennent authen- tiquement à la Bretagne. Je le dis en m’appuyant sur ce qui m’a été enseigné et sur les expériences du vécu quotidien. Pourtant, il est clair que le pays nantais montre une identité sportive particulière parce qu’il a toujours été un carrefour d’influences : la civilisation celte, le courant ligérien, les apports lointains, reçus dans l’emporium du grand commerce qu’est son port, fermant d’une grande Cité. Le climat, aussi, plus doux qu’au nord de la Bretagne, a joué son rôle.20 »

Identité multiple et richesse des différences

Ainsi, l’identité de la Bretagne et de son football n’est pas monolithique mais multiple et Marcel Mao poursuit son analyse : « Il faut bien distinguer, dès le départ, le joueur du pays nantais de celui de chacun des quatre autres départements bretons. Le football nantais a donc son image propre. C’est pourtant le même jeu et les différences peuvent s’atténuer. »

Les succès du FC Nantes, le déclin du Stade Rennais, la situation de second rang pendant longtemps de la formation à Brest ont fait que beaucoup des meilleurs joueurs bretons du ”nord”, ces vingt dernières années, se sont dirigés vers Nantes comme Le Chenadec, Le Lamer, Kervarrec, Van Strae- len, Quéré, Morice, Furic… Logiquement, il y a osmose. Et Pierre Morice pourrait en être le symbole. » Des cinq départements, P. Delanoë, Y. Le Roux, M. Rio, P. Le Guen, Ouédec, Ziani, Loussouarn, L. Guyot, Moreau, A. Martins, Le Dizet, Cauet, Renou, Gourvennec, Garcion, C. Le Roux, M. Leroy, Landreau, Gillet, Berson, Fenillat, Laspalles, André, Toulalan et consorts prirent le relais.

Par contre, lorsque Jean Prouff, pourtant joueur de la Saint-Pierre de Nantes avant la séparation de 1942, déclare un jour de 1996 que « Nantes n’est pas en Bretagne, ils ne voudraient pas qu’on les prenne [sic] pour des Bretons et nous non plus d’ailleurs21 », on ne reconnut pas l’entraîneur rennais du « doublé breton »

Nantes–Rennes avec José Arribas. Mais le souvenir d’un chroniqueur du ‘‘Phare de la Loire’’ (quotidien de 1852 à 1944), qui le qualifia avec ironie de « fignoleur22 » à son époque nantaise, semble lui avoir laissé des traces inaltérables. Le FC Nantes filera cette année là vers une demi-finale de Ligue des Champions de l’UEFA, performance à ce jour la plus glorieuse de toute l’histoire du football breton : un démenti flagrant par le jeu, comme celui des Nantais et des Rennais, qui avaient ensemble époustouflé la France en 1965.

Les autorités du football et le FC Nantes doivent s’accommoder de cette séparation, sans que l’identité de la Loire-Atlantique, de Rougé au nord à Legé aux confins de la Vendée, ne soit profondément et réellement altérée par l’administration. La question est maintenant de savoir jusqu’à quand les uns et les autres devront continuer à subir cet inique statut quo.

Blason d’Hermines et destin commun

Si le FC Nantes traverse une période troublée sous propriété de la Socpresse, la naturelle identité nanto-bretonne du club et du football de Loire-Atlantique ne va pas disparaître. Le président Waldemar Kita, suite à son rachat du club en 2007, va sans attendre remettre le champ d’hermines sur le blason nantais, pour symboliser la force et la vigueur de l’identité bretonne du FC Nantes. Près de 100 000 votes sont enregistrés sur le site internet du club23.

Aujourd’hui encore, l’entraîneur lorientais Christian Gourcuff évoque naturellement le FC Nantes en tant que club breton, tout en suivant parfois un chemin surprenant : « […] de Dinard au golfe du Morbihan en passant par Rennes, [l’est de la Bretagne] a été colonisée par les Parisiens. Pour moi, Rennes n’est plus une ville bretonne. Je ne la perçois pas comme le centre de la Bretagne.24 »

Michel Tronson, Orvaltais d’ascendance, vice- président de la Ligue de Football Amateur de la FFF, se définit comme «Breton de Loire- Atlantique » et présente volontiers sans détour la Ligue Atlantique, dont il fut président, comme « seconde ligue de football de Bretagne25 », alors que Vendéens et Angevins ont leur identité propre et n’ont pas vocation à devenir Breton, de surcroît par une éventuelle contrainte administrative.

Le FC Nantes vit toujours aujourd’hui la Bretagne sans excès mais avec force raison et passion, comme ses supporters de la « Brigade Loire » qui montrent haut et fort les couleurs de Nantes et de la Bretagne et les hisseront encore à travers l’Europe.

2014 a marqué l’anniversaire des cinq cent ans de la mort de la Duchesse Anne, au pays de Montoir-de-Bretagne, Fay-de-Bretagne, Sainte- Reine-de-Bretagne, Le T emple-de-Bretagne, Vigneux-de-Bretagne ou encore La Meilleraye- de-Bretagne, sans parler de la ville du château des Ducs, pour faire résonner à nouveau la ballade du poète Paul Fort : « […] Nantes, ô gloire de la Bretagne, et aux feux d’or des plus beaux couchants sur la Loire – Et qui me font battre le cœur devant tous ces vaisseaux du Port ! […] Hier j’ai moqué la Misère : Nantes offrait, sur ciel de soie irisée, un profil si fier et doux que mes yeux la nommèrent Notre-Dame-de-toutes-Joies ! – Mais qu’entendez-vous par Misère ? – Ah ! devant les splendeurs du Monde, c’est mon humilité profonde. »
La Bretagne à cinq départements : Une réalité

Réalisations ayant profité à la Loire-Atlantique et qui n’aurait pas été concevables ou conçus sans l’appui de l’ensemble des Bretons (liste non exhaustive)

La valeur, le génie de la Bretagne, ce n’est pas le poids ni le passé, mais la solidarité acquise au fil du temps. Entre nous la confiance règne mieux : Nous avons déjà fait et ferons des grandes choses. Le noyau dur, c’est la Bretagne et les autres y viennent après, s’ils en veulent.

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Notes

LE CELIB (Comité d’Etudes et de Liaison des Intérêts Bretons) qui s’institua comme première assemblée de Bretagne dès 1950 et comme premier Comité d’expansion régional, par Joseph Martray, Pierre Halleguen et René Pléven. Il fut financé par les 5 Conseils Généraux de Bretagne, André Morice représentant la ville de Nantes.

LES RÉGIONS. A l’image du CELIB, le gouvernement créa en 1956 les Circonscriptions d’Action régionales (CAR) qui deviendront Commissions de Développement régional (CODER), puis Etablissements Publics Régionaux (EPR) en 1972, Collectivités Territoriales en 1982. Pour l’Ouest le découpage s’inspira des « régions » crées par Pétain (décret 1941).

LES COMITES D’EXPANSION régionaux. Même si le premier naît en Lorraine (1954), c’est le CNERP du Costarmoricain Charles Josselin qui fondera les 12 premiers. Ils seront impliqués dans les programmes d’action régionale du IIIe plan.

LE PLAN ROUTIER BRETON gratuit négocié par le CELIB avec le gouvernement Pompidou. Un des deux axes, Nantes – Quimper permettra à Nantes de devenir une plaque tournante du transport agrico-alimentaire et du tourisme.

LA ROUTE DES ESTUAIRES. Le consortium est né de la volonté des CCI de Rennes, Nantes et Fougères qui se rencontraient au CELIB. But : rapprocher – de la Bretagne – 11 millions d’habitants, de la Belgique à l’Espagne.

LES PORTS DE ROSCOFF ET DE SAINT-MALO dont l’aménagement a été rendu possible par les négociations gouvernementales, toujours depuis le CELIB. 4 lignes maritimes (Irlande, RU, Espagne) s’y sont développées et des millions de touristes britanniques se sont déversés sur la Bretagne. Et jusqu’en Vendée.

BRITTANY FERRIES et ses filiales, dont la SABEMEN où participe la région des Pays de la Loire.

LA LIGNE de FERRY MONTOIR–VIGO. Idée partie de l’existence d’usines Citroën à Rennes et Vigo ; premières démarches faites par le Comité Bretagne-Galice du C.E.L.I.B (Amiral Amman).

L’AUTOROUTE DE LA MER MONTOIR–GIJON est une extension de l’idée précédente, dont la saisine « le Fleuve Atlantique » (Ducassou) au Conseil Economique et Social.

MARQUE PRODUIT EN BRETAGNE, qui inclut la Loire-Atlantique parmi ses plus de 200 entreprises, a succédé à « Made in Breizh », créée à partir du Finistère. Les marques Bretagne font vendre, particulièrement en agro- alimentaire.

LA DIASPORA BRETONNE, forte de millions de bretons, rassemble les membres de 207 associations bretonnes (incluant la Loire-Atlantique) dont 37 à l’étranger et contribue à l’expansion de la culture, dont la musique.

LA MUSIQUE CELTIQUE où figurent de nombreux Nantais (Servat, Tri Yann, etc.)

La renaissance de la LANGUE BRETONNE, tenue à bouts de bras par les citoyens, et dont la croissance actuelle, y compris à Nantes, stupéfie les observateurs.

L’INSTITUT CULTUREL DE BRETAGNE rassemble 17 sections culturelles (Littérature, Histoire, Géographie, Musique, Droit et Institutions, Economie, Sports et jeux…) est la véritable Université populaire de toute la Bretagne.

L’ORDRE DE L’HERMINE, chaque année récompense des personnalités méritantes (en 2014 à Nantes, au château des Ducs de Bretagne). Son Chancelier est Nantais.

La CONFERENCE DES REGIONS PERIPHERIQUES DE L’EUROPE (CRPM) rapproche toutes les régions excentrées d’Europe (UE) afin de favoriser leur rapprochement par les institutions. Siège à Rennes.

L’ARC ATLANTIQUE, Commission de la CRPM (UE), fait de même entre l’Ecosse et l’Andalousie. Siège à Rennes.

LE FOLKLORE. La Bretagne est la seule province qui a pu remplir les Champs Elysées de groupes musicaux costumés, faisant une démonstration unique de l’impact « Breizh Touch ».

BRITAIR ET LES LIGNES AERIENNES REGIONALES. Partie de Morlaix, la Compagnie a créé des dizaines de nouvelles lignes régionales, participant au désenclavement.

LES CHANTIERS NAVALS, outre STX Chantiers de l’Atlantique, une douzaine d’autres chantiers de taille moyenne jalonnent nos côtes et s’entraident comme sous-traitants.

LES INDUSTRIES DE LA MER, qu’il s’agisse de la production d’énergie (Hydroliennes, Eoliennes en mer, Algues) se développent grâce à des pôles de productivité et d’excellence (Pôles Mer Brest/Nantes) qui sont complémentaires.

L’ACTION INTERNATIONALE de la Bretagne, qui s’appuie notamment sur le monde associatif : La marque Bretagne est connue dans le monde entier et rejaillit sur la Loire Atlantique.

L’ACTION POUR L’ENVIRONNEMENT et le patrimoine comme la SEPNB, Bretagne vivante, Breizh Santel, etc. travaillent au niveau du périmètre de la Bretagne entière.

L’UNIVERSITE, qui s’est déjà mise en réseau en commençant par Nantes, Rennes et Brest.

LE RESEAU DE VILLES établi entre Nantes, Rennes, et Brest.

LE RESEAU de TOURISME où l’on ne peut pas séparer la Loire-Atlantique du reste, dans les guides, les réseaux commerciaux, etc.

LA POPULATION des 5 départements, qui se reconnaît comme Bretonne dans chaque département, par au moins 65% des sondés.

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Citations

[blockquote style=”2″]Toutes ces coopérations bretonnes, qui existent depuis longtemps, ont grandement profité à l’économie de la Loire-Atlantique, voire au-delà. Participant à un taux de croissance de l’ensemble du territoire, celui-ci s’est distingué du reste par des évolutions démographiques, comme de l’emploi et du PIB, nettement supérieures à la moyenne nationale. Même si ce phénomène concerne surtout la Haute Bretagne (35 et 44), et qu’une politique de rééquilibrage soit maintenant nécessaire pour aménager un « far-ouest » dont on ne peut se désintéresser, un apport inverse des Pays de la Loire vers la Bretagne sera difficile à démontrer.[/blockquote]

Mickaël Landreau, originaire du Pays Nantais (44), international

[blockquote style=”2″][L’équipe de Bretagne est une manière de] ne pas oublier d’où on vient. Ce qui me plait dans le discours [de Bretagne Football Association], c’est qu’il n’y a pas de forme de revendication, simplement le fait d’appartenir à une identité. Il y a une certaine fierté.[/blockquote]

28 mai 2013, Terristoires.info
Raymond Keruzoré, originaire de Cornouaille (29), international

[blockquote style=”2″]J’ai dirigé à Rennes des joueurs de [Loire-Atlantique] et ils se considéraient comme Bretons, croyez- moi. Et puis, l’équipe officielle de Bretagne recrute en Loire-Atlantique, non ? Je n’ai jamais pensé que Nantes ne faisait pas partie de la Bretagne. »
29 avril 2014, France Football.[/blockquote]

François Château, originaire du Pays Nantais (44), maire de Rennes (35)

[blockquote style=”2″]La Bretagne est une réalité vivante. Vous ne la mutilerez pas sans la blesser.[/blockquote]

29 juin 1941, L’Ouest Eclair
Marcel Mao, originaire de Cornouaille (29), Directeur Technique Régional

[blockquote style=”2″]Ma conviction très ferme est que Nantes et la Loire-Atlantique appartiennent authentiquement à la Bretagne. Je le dis en m’appuyant sur ce qui m’a été enseigné et sur les expériences du vécu quotidien. Pourtant, il est clair que le pays nantais montre une identité sportive particulière parce qu’il a toujours été un carrefour d’influences.[/blockquote]

Octobre 1984, Armor Magazine
Jean-Claude Hillion, originaire du Pays Vannetais (56), président de la Ligue de Bretagne

[blockquote style=”2″]Le château d’Anne de Bretagne est bien à Nantes, non ?[/blockquote]

17 avril 2014, Le Monde
Robert Budzynsky, originaire du nord de la France et de Pologne, international

[blockquote style=”2″]On peut nous rattacher au pays bretons puisque nous sommes à l’ouest de la France.[/blockquote]

18 juin 1985, France Football

[blockquote style=”2″]Il y a un antagonisme et la volonté de montrer que Nantes est la capitale de la Bretagne, ce qui fait sursauter les Rennais. Je n’ai jamais senti le club affilié à une identité bretonne. Il n’y avait pas de relations privilégiées avec les autres clubs bretons.[/blockquote]

15 avril 2014, L’Equipe

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