Gwennyn chante « Avalon »

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l‘île d’Avalon ou d’Avallon est, dans la littérature arthurienne, le lieu où fut emmené le roi Arthur après sa dernière bataille à Camlann. C’est aussi, selon certaines sources, l’endroit où fut forgée l’épée d’Arthur, Excalibur. C’est enfin l’île où vivait supposément la fée Morgane. Autant dire que c’est une île enchantée, dont les mystères nous sont colportés depuis le fond des âges.

Etymologie

La première mention de l’île d’Avalon apparaît sous la forme latine insula Avallonis dans l’Historia Regum Britanniae écrite entre 1135 et 1138 par Geoffroy de Monmouth. L’auteur nous dit qu’après la bataille de Camlan où Arthur fut mortellement blessé en combattant Mordred, le roi de Bretagne fut conduit sur cette île.

Les triades galloises nous disent bien qu’Arthur fut enterré dans une grande salle sur l’île d’Avallach : « Ac y myvn plas yn Ynys Auallach y cladvyt » (TYP n51) mais ces triades sont contenues dans des manuscrits tardifs (xve siècle). L’île est juste nommée dans le ms.Pen.185 : « Ynys Afallach » (TYP n90). Avallach y est l’une des trois îles en perpétuelle harmonie. Les deux autres étant « Nyghaer Garadawc » (Caer Caradawg) et « Mangor » (Bangor). Cette triade est à superposer à une autre triade du ms.Pen.228 qui identifie Avalach/Avalon à l’île de Verre, elle-même identifiée à l’abbaye de Glastonbury : « Bangawr, a Chaer Gariadawc, ag Ynys Widrin » (TYP n90). On voit ici que les compilateurs de ces triades connaissaient à la fois les textes latins de Geoffroy de Monmouth et les développements que leur avaient donnés les moines de Glastonbury (voir plus bas).

Il reste cependant possible qu’il ait existé des traditions concernant une île des pommes comme métaphore de l’Autre Monde. Peut-être cette île des pommes s’appelait-elle même Avalon. Loomis mentionne par exemple l’existence dès 1130 de l’expression « pour tôt l’or d’Avalon » employé dans un manuscrit continental.

Un disque aux reflets de légendes

Dans son cinquième album, Gwennyn nous ouvre la porte de ce monde parallèle où des petits être légendaires apparaissent, où les chevauchées d’Arthur et de ses chevaliers prennent vie, où les âmes trépassées des Lavandières de nuit hèlent le passant après minuit et où les fées fréquentent les anciennes fontaines.

Mêlant chants traditionnels et compositions inédites, l’album offre un univers empreint de rêverie et d’émotion, porté par la voix claire et voluptueuse de Gwennyn, sur des textes inspirés de l’imaginaire arthurien. Avec 3 chants traditionnels, 7 compositions inédites, 3 chansons en français et 7 en breton, mais aussi une reprise anglo-saxonne du célèbre Avalon de Roxy Music, Gwennyn offre un univers onirique empreint de rêverie et d’émotion porté par une voix claire et voluptueuse sur des textes ciselés, inspirés de l’imaginaire arthurien…

A la première écoute, les connaisseurs seront certainement surpris par le titre phare, celui qui débute l’album. Celui-ci n’est pas noté comme tel dans la jaquette mais il s’agit d’un air ancien qui avait notamment été repris par les Deri Daoulaz dans les 70’s ou encore par le groupe Ys avec les paroles de Ar Gohoni (La vieillesse) issues du Barzaz Breiz. Entendre une version francisée (et un poil de brezhoneg quand même), aux paroles originales de Gwennyn, laisse songeur, même si ce titre vous emporte de suite dans l’univers onirique de Gwennyn. Disons que Bravig devient ainsi un titre qui passera facilement auprès d’un large auditoire, et plus facilement repris par les radios.

Ce titre laisse ensuite la place à un monument de la gwerz Ti Eliz Iza, dans une version très personnelle -mais sur lequel on sent la patte de Patrice Marzin – qui n’est cependant pas sans rappeler l’adaptation de Denez Prigent dans son aventure de Dao Dezi. Une autre gwerz bien connue (An hini a garan) est aussi reprise.

Le troisième titre, beaucoup plus personnel, nous fait réellement découvrir l’opus et la qualité artistique de ce dernier, nous laissant savourer le répertoire en nous émerveillant. La magie d’Avalon étincelle à l’écoute et nous porte, à la suite d’Excalibur, et nous invite à découvrir le reste du disque comme un voyage vers Avalon (Beaj da Avalon). Dans la lignée de ses précédents albums, Gwennyn déploie dans le thème légendaire et avec sa douce voix une pop celtique mélodique, dansante, alternant avec des chants – en breton et/ou en français – plus graves et mélancoliques, sur des arrangements élaborés. Sous la direction artistique du guitariste et arrangeur Partice Marzin, cet album classant la musique bretonne dans une veine pop celtique actuelle, est servi par une équipe d’excellents musiciens : Kevin Camus (uilleann pipe & flûte), Yvon Molard (percussions), Manu Leroy (basse), Robert Le Gall (violon) et David Pasquet (bombarde).

Certains limitent la musique bretonne au chant traditionnel. Or, la tradition c’est ce qui vit et fait vivre l’avenir. Sinon, cela tombe dans le folklore et peu à peu se meurt. Le chant traditionnel et la musique plus actuelle, loin d’être incompatibles, s’offrent l’un à l’autre, en gardant chacun ses spécificités mais aussi en s’enrichissant l’un l’autre. Gwennyn, barde des temps présents, à l’instar de bien des artistes de Bretagne, démontre que, de Krismenn à Alan Stivell, de Ar re Yaouank à Yann-Fañch Kemener, de Denez Prigent à Alkeemia, de Miss Blue à Dom Duff, de Digresk à Brieg Guerveno (et bien d’autres) la musique bretonne se décline comme autant d’approches différentes s’offrant au monde dans le concert des nations.

C’est sans conteste un album à découvrir ou à offrir. Vous pouvez le commander ici.

http://www.facebook.com/ArGedour

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