Yann Eliès : « Ça fait du bien de retrouver des conditions plus humaines » #VG2016

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Vendée Globe, jeudi 22 décembre 2016,

Depuis deux jours, au milieu du Pacifique, Yann Eliès a retrouvé des conditions plutôt maniables et ne boude pas son plaisir, même si, il le sait, à partir de demain, il va être confronté à des vents plutôt légers et instables entre deux centres dépressionnaires qui risquent de lui donner un peu de fil à retordre. Mais comme le skipper de Quéguiner – Leucémie Espoir le dit lui-même, un peu de répit, ça fait du bien, à la fois à la machine et au bonhomme, surtout que dès la fin de semaine, il va se retrouver de nouveau confronté à plus de 40 nœuds, la faute à la formation d’une puissante dépression dans son Est.

© Alexis Courcoux

Vous êtes, aujourd’hui plus que jamais à la bagarre avec Jean Le Cam. On imagine que c’est stimulant ?
« Lui et moi, nous nous sommes retrouvés assez proches l’un de l’autre depuis la tempête que nous avons eue à négocier au large de la Nouvelle-Zélande. Depuis, nous faisons route ensemble, c’est sympa. Ça permet d’avoir quelques éléments de comparaison concernant les performances des bateaux et les choix de trajectoires. Cela étant dit, ce que j’apprécie le plus en ce moment, c’est le fait que, depuis deux jours, l’on vive des conditions assez exceptionnelles, avec pas trop de vent et du soleil. Ça permet de sortir la tête du bateau et c’est vraiment le bonheur surtout qu’il y a une houle agréable qui nous aide à avancer. »
Cela va-t-il durer un peu ?
« Lors des prochaines 48 heures, nous allons avoir des conditions assez légères, mais c’est cool aussi de naviguer dans des conditions un peu plus humaines, de ne pas avoir le doigt sur la détente, prêt à choquer une écoute ou à prendre un ris. Ces dernières heures, j’ai aéré un peu le bateau et le bonhomme. J’ai pu prendre le soleil sur le pont du bateau. Ça faisait longtemps qu’il ne m’était plus arriver le faire sans être emmitouflé dans les cirés, les bottes et tout le reste… Ça permet de recharger un peu les batteries, de faire le tour de la machine, de bricoler les deux trois bidouilles qu’il y a à faire à bord mais aussi et surtout de mesure la chance d’être là par rapport à tous ceux qui ont eu des problèmes. Je suis bien chanceux et content d’avoir un bateau en bon état à 60% du parcours. Cela dit, j’ai fait tout pour. J’en prends soin au quotidien. Avec l’équipe technique, nous avons fait des bons choix, même si nous avons fait l’impasse sur certaines choses et que le bateau est moins performant que les foilers. J’ai vraiment le sentiment que le bateau va bien. Je touche néanmoins du bois car on n’en est jamais qu’aux deux premiers tiers du parcours mais. C’est l’avenir qui nous dira. »
Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
« On attend tous avec impatience le passage du cap Horn. Pour ma part, je commence à en avoir un peu marre de naviguer dans un environnement aussi hostile. On sent que tout ce qui nous entoure n’est pas facile à traverser d’autant que là, on commence à vraiment être très loin de tout. Ce n’est vraiment pas l’endroit pour être confronté à un gros souci technique. J’ai la chance d’avoir Jean Le Cam pas très loin et inversement, mais si ce qui est arrivé à Thomas Ruyant, par exemple, nous arrivait maintenant, ça pourrait être très très compliqué. Donc, oui, j’ai hâte de passer le Horn. C’est prévu d’ici une grosse semaine. Après je commencerai à remonter dans le chaud et à pouvoir marcher pieds nus. Cet après-midi, j’ai réussi à le faire dans le bateau pendant deux heures et ça m’a fait du bien car je commence à moisir un peu ! (rires) Je sens que je dois faire attention à moi. En ce moment, j’ai un torticolis. Je sens que ça tire un peu. Le fait d’être enfermé dans le bateau joue sur le moral aussi. Dans la dernière partie du parcours, je vais devoir faire attention au bateau, mais également au bonhomme. Je l’ai dit, dans les deux jours à venir, il n’y aura pas beaucoup de vent mais beaucoup de petits coups à jouer en revanche. Ensuite, à partir de ce week-end et jusqu’au cap Horn, je vais me retrouver sous l’influence d’une dépression assez forte. Je vais donc tâcher de profiter au mieux des prochaines heures dans des conditions maniables pour me reposer et ainsi être en forme pour attaquer la dernière ligne droite. »

 

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