François de Rugy, le régionaliste de la primaire

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Le projet de François de Rugy  pour la présidentielle de 2017 se démarque de ceux des autres candidats à la primaire. Il se montre ambitieux dans le domaine de l’écologie et pragmatique sur le plan économique.  Ce pragmatisme se traduit par la volonté de mettre en place de nouvelles façons de fonctionner. Cela s’illustre par  la prise en compte des difficultés des entrepreneurs en vue de leur faire adopter un cap écologiste.  Cela transparaît également dans le  souci de répondre au problème de l’organisation de la France. C’est un aspect qui peut échapper aux regards trop formatés ne voyant qu’un candidat « inclassable ». Mais la dimension régionaliste est une caractéristique majeure du programme de François de Rugy.

Des mesures s’appuyant sur les atouts des régions

Pour le député il ne s’agit pas de régionaliser par principe mais parce que c’est mieux pour le fonctionnement du pays. Il faut donner aux régions l’opportunité de faire au plus près de la réalité des territoires ce que l’on peine à faire de façon centralisée. Il s’appuie sur des propositions concrètes.  La régionalisation est la première des quatre réformes majeures que prévoit le candidat durant les 18 premiers mois d’un quinquennat. Elle est envisagée sous de nombreux aspects :

Dans le cadre du développement des transports ferroviaires, les régions se verront reconnaître la capacité de créer leurs propres compagnies.

Les politiques de formation et de pôle emploi seront régionalisées. L’état déléguera aux régions l’ensemble de ses compétences en matière de formation, ainsi que la gestion directe de Pôle emploi.  “Cette démarche permettra de prendre en considération les réalités de chaque région et d’engager des expérimentations innovantes… ».

Pour développer l’emploi, une expérimentation sera menée, dans les régions qui en feront la demande, afin de faciliter le développement de groupements d’employeurs, salariant de manière permanente des personnes intervenant dans les entreprises membres du groupement.

Contre la radicalisation, des éducateurs spécialisés dans la lutte contre ce fléau seront recrutés dans chaque région pour former et faire travailler ensemble les multiples acteurs.

Pour en finir avec la prison unique, seront créés des établissements de contrôle et de réinsertion pour les peines courtes, dont la gestion pourra être confiée aux régions qui en feraient la demande.

Dans l’enseignement supérieur, l’entretien, la construction et la rénovation des Universités seront progressivement transférés aux Régions, l’État transférant les moyens budgétaires correspondants.

Pour une décentralisation culturelle, en régions, les établissements culturels placés sous la tutelle de l’État pourront progressivement voir leur gestion transférée aux collectivités locales.

Le dernier défenseur des langues et identités régionales

La charte des langues régionales sera ratifiée par référendum si nécessaire. François de Rugy est le seul candidat de gauche à porter cet objectif, qui était une des promesses électorales de François Hollande.

Le système politico-administratif français doit être simplifié.  Le nombre d’élus sera réduit de 20 % à tous les niveaux, à commencer par le nombre de députés et de sénateurs. Les députés seront élus à la proportionnelle intégrale dans les régions. Les sénateurs seront élus au suffrage universel direct à la proportionnelle dans le cadre des régions le même jour que les élections régionales.

Pour réformer le mille-feuille territorial, « les conseils départementaux seront supprimés et leurs compétences seront transférées aux intercommunalités et aux régions. Pour ajuster le découpage en 13 régions, l’Alsace pourra reprendre son autonomie, la Bretagne sera réunifiée, la région Centre-Val de Loire sera élargie à l’Anjou et au Maine. La collectivité territoriale de Corse ou toute autre assemblée régionale qui le demanderait pourra se voir dotée de compétences nouvelles ». C’est le seul candidat de la primaire à évoquer la restauration de l’intégrité de la Bretagne et la reconnaissance de l’Alsace.

Régionalisme et écologie, naturellement.

Malgré son départ, il y a 18 mois, d’Europe Écologie Les Verts, François de Rugy est l’héritier d’une tradition. Par le passé, le mouvement Régions et Peuples Solidaires s’est souvent inscrit dans la revendication écologiste pour les échéances électorales. La protection de la biodiversité intègre naturellement la préservation des identités régionales.

C’est un des aspects qui fait de François de Rugy le candidat vraiment écologiste de cette primaire. Il n’est sans doute pas celui qui diffuse le plus de propositions dans ce domaine. Mais il veut parvenir à un système de développement durable qui fonctionne vraiment. La condition en est un dynamisme entrepreneurial se développant, non pas contre, mais avec l’écologie. Il est également le seul à rappeler qu’il faut sortir du nucléaire et proposer un objectif en ce sens. L’objectif de 50% d’électricité nucléaire en 2025, repris par l’ensemble des autres candidats, était déjà affiché par François Hollande en 2012. La programmation pluriannuelle de l’énergie d’octobre dernier indique clairement que rien n’est concrètement prévu actuellement pour l’atteindre. C’est le propre des objectifs trop peu exigeants de permettre l’attentisme et les faux-semblants.

1 COMMENTAIRE

  1. Eh oui, c’est très bien, j’apprécie le sens de la démarche !

    Et surtout, si le discours écologique s’étend parmi les divers candidats, le “girondisme” régionaliste ou fédéraliste ne trouve pas beaucoup de défenseurs à part lui, ce qui le rend de ce fait fort utile.

    Mais quelles chances de remporter la primaire ou plus encore les présidentielles? Quel est donc l’avenir promis à ce dossier qui pourtant
    reste incontournable pour contribuer à l’évolution du pays ?

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