Yann Eliès : « La bagarre avec Le Cam ? Il faut s’attendre à ce que ce soit comme ça jusqu’au bout !»

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Lundi 9 janvier 2016,

Ce lundi, Yann Eliès poursuit sa route au large du Brésil, poussé par un alizé plutôt mou et toujours à la lutte avec Jean Le Cam. De fait, depuis plusieurs jours déjà les deux hommes ne se « dé-scotchent » pas et le jeu du marquage bat son plein. Le skipper de Quéguiner – Leucémie Espoir, joint en fin de matinée par téléphone, fait le point sur la situation.

© Alexis Courcoux

Comment ça se passe aujourd’hui à bord de Quéguiner – Leucémie Espoir ?
« Ca va, même si j’évolue dans des conditions qui ne sont pas idéales. J’aimerais bien avoir un alizé un peu plus stable et avancer un peu plus tranquillement. Je ne vais toutefois pas me plaindre : il fait bon et la nuit il a encore des périodes de relative fraicheur, ce qui permet de bien récupérer. Par ailleurs, je suis toujours à la bagarre avec Jean (Le Cam). Hier, je pense que je n’avais pas la bonne voile mais j’ai changé dans la soirée et je pense que ça va un peu mieux. On se bat tous les deux à quelques milles près. De temps en temps, je le vois à l’AIS. Quoi qu’il en soit, le point positif c’est que cela nous fait faire des milles pas trop durs vers l’arrivée. »

Depuis trois jours, c’est très mou. Vous attendiez-vous à ça ?
« Je savais que ça allait être comme ça, avec un alizé un peu poussif. Je regrette un peu de m’être fait embarqué légèrement trop dans l’Est par Jean. Je pense que si j’avais été tout seul, j’aurais eu une trajectoire un peu plus à l’ouest et peut-être alors que j’aurais bénéficié d’un alizé un peu plus soutenu car Jean-Pierre (Dick) a l’air d’avoir un peu plus de pression que nous. Le truc c’est que je ne suis pas tout seul sur le plan d’eau et que j’ai vraiment envie de finir devant Jean. »

Le jeu du marquage est grand ouvert…
« Oui, surtout que lui et moi avons des bateaux assez proches en termes de performances. C’est sûr qu’il faut s’attendre à ce que ce soit comme ça jusqu’au bout. »

Le Pot-au-Noir se confirme-t-il relativement facile pour vous ?
« J’avoue que je n’ai encore trop regardé en détails car c’est encore dans cinq jours. Néanmoins, ça a effectivement l’air de s’annoncer plus simple que pour les premiers. Après, est-ce qu’on va vraiment passer dedans comme une lettre à la poste, c’est difficile à dire, même si on rêve toujours de ça. Jusqu’à présent, de toutes les traversées que j’ai faites dans cette zone, ça ne m’est arrivé qu’une fois de passer sans écueils. On verra. »

D’ici là, que va-t-il se passer ?
« J’espère que d’ici à 24 heures, on va rentrer dans un alizé un peu plus stable. Pour l’heure, il faut se rendre compte qu’on est à peine un peu plus nord que Rio de Janeiro et que les vrais alizés sont plus nord que ça. C’est donc normal qu’on galère un peu en ce moment. Normalement, plus on va monter au nord et plus ça va devenir stable. J’espère que ça va arriver rapidement, comme ça on pourra pleinement se concentrer sur la porte d’entrée dans le Pot. »

Avec Jean Le Cam à coté, est-ce difficile de trouver son propre rythme ?
« C’est vrai que pas évident et qu’il faut penser à dormir sans trop perdre de terrain. L’objectif, c’est de finir devant lui, mais c’est aussi de finir la course quoi qu’il arrive car l’important reste quand même se prendre soin de soi et du bateau. J’ai évidemment du mal à me détacher de mon duel avec Jean mais j’essaie de ne pas trop déculpabiliser quand je vais dormir. Finir dans le Top 5, c’est une barrière importante. C’est tout con, mais sur la page d’accueil du Vendée Globe, il n’y a que les cinq premiers qui apparaissent. De plus, terminer premier bateau sans foils, ce serait bien aussi. »

 

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