Brest : Le réseau de chaleur urbain achève son déploiement

Brest, vendredi 13 janvier 2017, Brest Métropole informe du début de plusieurs chantiers qui vont surement « impacter » trois secteurs de Brest à partir du 16 janvier.

Il s’agit d’enfouir plusieurs kilomètres de tuyaux qui vont transporter les calories produites par l’usine d’incinération et la chaufferie bois du Spernot.

L’extension du réseau de chaleur urbain du Centre d’Instruction Navale (CIN) vers les quartiers du Valy-Hir et de Kérourien va démarrer le 16 janvier 2017. Les travaux vont se déployer sur les rues de la Résistance, Kéranquéré, Kerargroas, Tartu, Emile Rousse, du Valy-Hir, de Kérourien et sur l’avenue de l’Ecole Navale. Phasage des travaux :

  • 16 janvier : démarrage des travaux sur la rue de la Résistance –

Début février : travaux sur la rue de Kerargroas –

A compter de mi-mars : travaux sur la rue de Kérourien –

Fin mars : travaux sur le quartier du Valy Hir

La durée totale estimée des travaux est de 8 mois.

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Entamé en 1986, le réseau de chaleur urbain de Brest poursuit son déploiement souterrain. De 25 km en 2012, il passera à 45 km fin 2017. Son principe : valoriser l’énergie produite par l’usine d’incinération des déchets et la toute nouvelle chaufferie bois du Spernot pour chauffer et alimenter en eau chaude sanitaire des bâtiments et équipements publics comme le CHU, l’Université, Brest Métropole Habitat, la Base navale, les Ateliers des Capucins…). Pour résumer : deux gros tuyaux parallèles en acier composent ce réseau souterrain et transportent une eau chaude à 109 °C vers les logements et à 90 °C en sens inverse vers le Spernot.

Aujourd’hui, dans le cadre de sa poltique énergétique et de développement durable, en partenariat avec l’Ademe, Brest Métropole démarre des travaux d’extension de son réseau de chaleur. Après la Base navale (une première en France) et le quartier du Guelmeur en 2016, les travaux concernent trois secteurs :
– le secteur Rive droite vers les quartiers du Valy-Hir et de Kérourien (+ 3,5 km) pour huit mois de travaux à compter du 16 janvier,
– la rue d’Aquitaine à Bellevue (0,4 km) afin de connecter la résidence Penfeld pour une durée de huit semaines à compter de février,
– la rue Général Paulet afin de connecter le quartier Buquet et l’Ensta dans le quartier Europe (2 km) cet été avec notamment une traversée du boulevard de l’Europe.

Les chiffres du réseau de chaleur urbain de Brest fin 2017

  • 45 km de canalisations souterraines
  • 30 000 équivalent-logements chauffés
  • 30 000 tonnes de C02 évitées (soit 18 000 véhicules « retirés » de la circulation)
  • 16 500 tonnes équivalent-pétrole économisées
  • 78 abonnés pour 193 points de livraison
  • 20 millions d’euros d’investissement (dont 9 M€ de subventions de l’Ademe).

 

 LE FONDS CHALEUR EXEMPLE DU RESEAU DE CHALEUR DE BREST

1 – Le FONDS CHALEUR au niveau national Engagement de l’État sur les énergies renouvelables (EnR), le Fonds chaleur, géré par l’ADEME depuis 2009, participe au développement de la production renouvelable de chaleur. Il est destiné à l’habitat collectif, aux collectivités et aux entreprises. En France, la chaleur représente la moitié des consommations d’énergie. Elle repose encore principalement sur les combustibles fossiles, alors que notre pays ne manque pas d’alternatives. Le Fonds chaleur contribue aux objectifs de la loi de transition énergétique qui veut porter la quantité de chaleur délivrée par des réseaux de chaleur à 3,4 Mtep à horizon 2030 (1 Mtep actuellement).

Le déploiement du Fonds chaleur vise plusieurs objectifs au service de la société :

 Financer les projets de production de chaleur à partir d’énergies renouvelables et de récupération d’énergie (EnR&R) ainsi que les réseaux de chaleur liés à ces installations. Ces aides financières permettent à la chaleur renouvelable d’être compétitive par rapport à celle produite à partir d’énergies conventionnelles ;

 Favoriser l’emploi et l’investissement dans ces différents secteurs d’activité, au bénéfice des territoires ;

 Expérimenter de nouveaux champs (thématique émergente, méthodologie) pour une meilleure mobilisation des EnR, en vue de leur généralisation.

 

2 – le Fonds chaleur en Bretagne 

Biomasse : 34 installations fin 2016, soit 5 % des installations de France métropolitaine (5 % est le « poids » de la Bretagne sur nombreux critères), malgré une forêt moins présente (taux de boisement de 14 % contre 30 % en France). 

Solaire thermique : 164 installations, soit 12 % des installations de France métropolitaine 

Réseaux de chaleur : 40 installations, 81 km de réseaux, soit 5 % des longueurs de réseaux aidés en France métropolitaine. 

Géothermie : 8 installations, soit 2 % des installations de France métropolitaine – région peu favorable géologiquement. 

Biogaz : 5 installations avec valorisation thermique ou injection du biogaz, soit 20 % des installations de France métropolitaine. La prépondérance de la Bretagne sur la méthanisation s’observe également sur les installations avec cogénération.

 

3 – les réseaux de chaleur

Les premiers réseaux de chaleur sont apparus en France dans les années 1930.

Ce système de chauffage urbain consiste à produire de l’eau chaude (ou de la vapeur d’eau) dans une chaufferie centrale, puis à la distribuer dans les immeubles d’habitation ou de services via un réseau de canalisations. Dans chacun des bâtiments reliés au réseau, un poste aussi compact qu’une chaudière individuelle transforme la chaleur livrée en eau chaude qui alimente radiateurs, cuisines et salles de bains.

Lors de leur déploiement dans les années 1960, ces réseaux ont permis – et permettent toujours – de réduire la pollution de l’air ambiant en substituant des chaufferies municipales à une multiplicité de chaudières à charbon, à fioul ou à gaz. Aujourd’hui, par ailleurs, les réseaux de chaleur sont un vecteur pour diminuer l’impact carbone du chauffage urbain, puisque l’on peut remplacer les combustibles fossiles utilisés dans les chaufferies par de la biomasse solide (bois), du biogaz (issu de la méthanisation des déchets et résidus organiques) et de la chaleur de récupération (incinération des déchets, récupération de la chaleur perdue sur des sites industriels).

À l’échelle européenne, ce système dessert 13 % du parc immobilier, contre 6 % en France. Le potentiel de développement dans les zones urbaines suffisamment denses pour justifier ces équipements est pourtant énorme : à l’échelle de l’Hexagone, la loi de pour la transition énergétique et la croissance verte de 2015 envisage de multiplier par 5 la chaleur livrée via des réseaux à horizon 2030.

 

4 – les réseaux de chaleur en Bretagne

En Bretagne, on dénombre 68 réseaux de chaleur parmi lesquels on distingue deux grandes familles :

  • 58 réseaux communaux, alimentés par une chaudière bois, de moins de 2 km de longueur le plus souvent,
  • 10 réseaux de chaleur urbains, qui représentent 90 % de la chaleur livrée par des réseaux de chaleur. Ces réseaux urbains se trouvent dans les grandes agglomérations et les communes disposant d’unités d’incinération d’ordures ménagères.

Le réseau de Brest, qui passera de 26 km à 49 km après l’extension en cours sera le plus long réseau de chaleur de Bretagne. Comme tous les réseaux de chaleur urbains, le réseau de Brest s’étend et se complexifie,

  • par la mixité de la production de chaleur : une chaudière bois vient compléter l’installation de valorisation des ordures ménagères du Spernot,
  • par l’introduction très novatrice d’un élément de stockage d’eau chaude sur le réseau : le miroir aux énergies du quartier de l’université. La quantité de chaleur injectée dans le réseau est de 193 GWh, soit 28 % de la chaleur livrée par les réseaux en Bretagne, couverts à :

  • 74 % par l’UVED – 16 % par le bois (30 GWh)

  • 10 % par de l’énergie fossile Les besoins thermiques de Brest sont de : 1.282 GWh (tous secteur confondus – en 2010). Le réseau de chaleur couvre donc 15 % des besoins thermiques de la ville.

  •  

    Données financières :

    L’extension du réseau de chaleur et la chaufferie bois de Brest constituent des dossiers phares du Fonds chaleur en Bretagne.

    L’aide du Fonds chaleur est de près de 11 M€, dont 9,1 M€ pour le réseau de chaleur. Réseau de chaleur : 19,7 M€ d’investissement

    Aide réseau de chaleur : 9,1 M€, soit 46 % Chaufferie bois : 9,4 M€ (investissement prévisionnel)

    Aide chaufferie bois : 1,85 M€, soit près de 20 %.

     

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