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Publié le: dim, Jan 15th, 2017

La Bretagne face au frelon asiatique (2)

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Les acteurs et l’organisation de la lutte

Des actions sont menées à différents niveaux allant du citoyen responsable à des organismes  départementaux.   Mais ce sont surtout les apiculteurs qui sont à la pointe du combat pour la sauvegarde des abeilles face au frelon asiatique.

Les apiculteurs sont en première ligne

Agissant très souvent aux seins d’association, les professionnels de l’apiculture sont à l’origine de nombreuses conférences de sensibilisation. On les trouve parfois à parler de leur combat sur les marchés. Ils participent fréquemment à des formations à destination d’adultes ou dans les écoles.  Ce sont également des interlocuteurs de choix pour la presse locale (*)

De nombreux professionnels et associations voient ainsi leur message portés à la connaissance du plus grand nombre. Quelques noms ressortent particulièrement. Denis Jaffré, co-président de l’Association Action Anti frelon Asiatique (AAAFA) et apiculteur à Locmelar , est très actif dans le Finistère.  Dans le morbihan, l’Association Brechoise de Sauvegarde des Abeilles et Autres Pollinisateurs (ABSAP) a fait l’objet de plusieurs articles en 2016. C’est aussi le cas de Gilles Lanio, apiculteur dans ce même département et président de l’Union Nationale des Apiculteurs Français.

Les communes sont en soutien

L’état ne prenant pas le leadership, les communes et communautés de communes s’attèlent d’elles même à la tâche. De nombreuses conférences sont organisées à leur initiative. Les sites internet des municipalités diffusent souvent des recommandations et la procédure à suivre en cas de découverte de nid. Quelques-unes distribuent des matériels achetés dans le commerce afin d’inciter les habitants bénévoles à participer à des campagnes de piégeage.

Un nombre assez important des communes a désigné un ou plusieurs référents communaux « frelon asiatique ». Ceux-ci, peuvent recevoir une formation. Ils ont un rôle de suivi, de conseil et d’information à la fois vers les habitants et les organismes départementaux.

Les collectivités locales assurent de plus en plus une prise en charge des coûts de destruction des nids de frelon asiatiques. Ces prises en charge peuvent être totales ou partielles en fonction des décisions des conseils municipaux ou communautaires. L’année 2016 indique un accroissement des couts engendrés dans de nombreuses communes.

Les entreprises spécialisées sont nombreuses

Sur l’ensemble de la Bretagne, on compte environ une centaine de professionnels capables d’intervenir.  Leurs savoir-faire, matériels et produits réglementaires leur permettent d’intervenir pour détruire les nids secondaires. L’approche de ces derniers est risquée sans protection et peut être malaisée car ils sont souvent en hauteur. L’intensification de la présence de Vespa Velutina entraîne le développement d’une activité économique dédiée à la lutte contre cet insecte avec des moyens adaptés.

Quelques cas d’interventions par les pompiers apparaissent également. Ils n’interviennent normalement qu’en cas de danger. Si c’est pour remédier à une carence d’entreprise privée, leur intervention est payante (170 euros dans le Finistère). En l’absence de danger, leur intervention n’est évidemment pas prioritaire.

Un nombre croissant d’entreprises spécialisées est référencé par des organismes départementaux qui tentent d’organiser la lutte contre le Frelon Asiatique.

Les Fédérations Départementales des Groupements  de Défense contre les Organismes Nuisibles (FDGDON)

Ce sont des syndicats professionnels agricoles regroupés au sein d’une fédération régionale, la FREDON. Un décret de 2014 reconnait comme organisme à vocation sanitaire (OVS) en Bretagne les Groupement de Défense Sanitaire (GDS) dans le domaine animal et la FREDON dans le domaine végétal. Ce type d’organisme  peut se voir confier des missions par l’état et se voir déléguer des contrôles ou tâches liées aux contrôles La filière apicole est historiquement du domaine animal. Mais, d’après le GDS Bretagne, les FDGDON se sont emparées du sujet et travaillent en délégation. Elles disposent de plus de main d’œuvre pour cette tâche.

En l’absence d’appropriation du sujet par l’état, ces syndicats agricoles essaient d’organiser un dispositif de lutte collective par départements. Ils sont des interlocuteurs privilégiés pour les municipalités. Les communes et communautés de communes sont invitées à établir des conventions. Les FDGDON vérifient les moyens et les bonnes pratiques des entreprises spécialisées qu’elles référencent pour la destruction des nids. L’appel à ces spécialistes se fait alors dans des prix prédéfinis ce qui facilite l’établissement d’un budget prévisionnel de prise en charge par les conseils municipaux. C’est, par exemple, le cas à Brest Métropole.

Il y a également désignation et formation de « référents » dans les communes. Ces personnes servent de contact et de conseil local, pour la prévention et les actions à prendre face à un nid. Ils ont également un rôle important dans le suivi de l’invasion et de la lutte, en collationnant et faisant remonter les statistiques annuelles de détection et d’intervention.

Le Morbihan semble en pointe sur un plan national. Depuis 2015, la FDGDON 56 anime un comité de pilotage départemental. On retrouve dans ce comité : Joël LABBE (Sénateur écologiste du Morbihan et Responsable « Abeille » au Sénat), Le Conseil Départemental, L’Association des Maires, des Apiculteurs  et La FDGDON.

Une organisation pas totalement fédératrice

Un article d’octobre 2016 précise que les chiffres remontés par la FDGDON du Finistère ne concernent que les communes travaillant avec elle. Dans ce département, 130 communes environ, soit 47% de l’ensemble, sont  dans le dispositif. Le Morbihan affichait en 2016 un taux de participation de 42% des communes. Ce taux monte à 75% sur le site de la FDGDON d’Ille et Vilaine. Fin 2016, il était de 55% en Loire-Atlantique.  C’est un système qui ne fédère pas totalement. Cela nuit à une vision suffisamment exhaustive de l’ampleur du problème et de l’évolution de l’invasion.  Au-delà des situations éventuellement particulières des communes vis-à-vis de l’invasion générale, deux hypothèses sont envisagées ici.

Quels interlocuteurs pour les FDGDON ?

Afin de privilégier la lutte collective, la FDGDON 29 indique s’adresser aux communautés de communes car « le Frelon ne s’arrête pas à la limite communale ». En réalité, il ne s’arrête pas non plus à celle de la communauté. Depuis la loi NOTRe, les conseils régionaux et départementaux ont perdu la clause de compétence générale. Ils ne peuvent plus subventionner les prises en charge des interventions contre le Frelon asiatique, ce que faisait jusque-là le Morbihan. Mais depuis cette loi les communautés de communes n’ont pas obligatoirement de compétences dans ce domaine.  Cela dépend des options prises.

Ainsi Nantes Métropole travaille avec sa FDGDON. La ville de Rennes le fait mais pas sa métropole. A Brest, le service action sanitaire précise que « La métropole coordonne l’action contre les frelons asiatiques sur son territoire et est l’interlocuteur de premier niveau de la FDGDON. En revanche, chaque commune conventionne directement avec la FDGDON, car l’action de lutte ressort des pouvoirs de police de chaque maire au regard du Code général des collectivités territoriales ».

Au final, la communauté de commune peut servir d’entrée bien pratique permettant aux FDGDON de toucher plusieurs communes à la fois. Mais ce n’est pas systématique car ce n’est pas toujours dans ses attributions. En fonction des cas, il faudrait s’adresser directement à toutes les mairies.

Un décalage entre l’image professionnelle et la mise en avant de mission de service public

Dans les faits, la FDGDON 29 à Pleyben c’est une porte parmi d’autres, sous l’ancien nom Fefidec, dans un ensemble comprenant surtout la SOFAR (entreprise de production de raticides) et FARAGO Finistère. Cette société offre des prestations de dératisation, détaupisation, désinsectisation, hygiène, etc…dont des interventions contre les frelons asiatiques. Elle est référencée comme telle par la FDGDON. Les établissements départementaux du réseau FARAGO, rassemblés en FARAGO Bretagne, regroupent des filiales de services du GDS Bretagne, l’OVS animal.

Une recherche rapide sur les adresses indique que, sauf en Loire-Atlantique, les FDGDON sont toutes co-localisées avec un établissement FARAGO. En Finistère, le lien est encore renforcé par le fait que FDGDON et GDS Bretagne ont le même président : monsieur Jean-françois Treguer. Certaines communes se retrouvent, par le biais des conventions, à imposer une liste de professionnels référencés par le FDGDON pour accepter de prendre en charge les interventions. L’un de ceux-ci  est susceptible d’avoir un lien particulier avec l’organisme référenceur.

Pas d’autre alternative d’organisation

Il n’y a cependant pas de reproches envers l’action des FDGDON. De nombreux professionnels sont reconnus par ces organismes (13 en Finistère, 29 en Morbihan, 12 en Ille-et-Vilaine). Le référencement est gratuit et ne nécessite pas d’adhérer au syndicat.  Les points vérifiés sont clairs et précis. Les collectivités territoriales et leurs regroupements peuvent très bien choisir de conventionner directement avec un prestataire référencé. C’est le cas de la communauté de commune du pays de Châteaulin et Porzay, près de Pleyben.   Et cette organisation est sans doute préférable à celle ou le GDS Bretagne référencerait ses propres filiales en tant qu’OVS  reconnu par décret.

Mais cette proximité avec une entreprise privée directement concernée peut altérer l’image  de mission de service publique que les FDGDON mettent en avant au titre de leur statut d’OVS. Cela peut affaiblir la force fédératrice de la démarche et favoriser les réactions circonspectes. De menues frictions apparaissent çà et là, en particulier dans le Finistère, entre certains acteurs associatifs et les FDGDON.  Ce système plutôt incomplet a le mérite d’essayer de mettre en place une organisation de lutte collective. Hors des interrogations sur l’engagement de l’état, il n’y a pas d’autres perspectives et encore moins de propositions alternatives. Par contre, en ce qui concerne les techniques de prévention et de lutte, les divergences de point de vue semblent favoriser une certaine créativité.

 

(A suivre)

(*) quasi uniquement le Télégramme

Cet article est la suite de celui du 2 janvier 2017

A propos de l'auteur

- Actualité, Politique, Défense, Bretagne

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