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Publié le: mer, Jan 25th, 2017

Législatives 2017 : Le candidat indépendantiste Bertrand Deléon a mal au Parti Breton -interview-

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Vannes, mercredi 25 janvier 2017, en début de semaine, Bertrand Deléon, candidat indépendantiste aux prochaines élections législatives sur la 1ère circonscription de Vannes, lançait un appel à soutien en direction des membres de son Parti et dénonçait l’attitude fratricide de quelques responsables dudit mouvement à son égard.

Bertrand Deléon a accepté bien volontiers de répondre à notre interview :

–        Votre expérience politique est ancienne, pourquoi selon vous le Parti Breton vous a lâché ?

Les adhérents du Parti Breton ne m’ont pas lâché, il s’agit d’une minorité à sa tête.

–        Oui mais vous connaissez-les règles d’un Parti, le choix du Conseil du Parti Breton a penché en faveur d’un autre candidat ?

Un candidat qui n’est toujours pas déclaré d’ailleurs ! Ma candidature a quant à elle été annoncée par le Parti Breton lui-même dès la fin des Régionales où j’étais tête de la liste soutenue et, on peut dire, co-menée par le Parti Breton. Tous mes communiqués en tant que candidats aux Législatives ont été diffusés par le parti durant cette année. Le candidat que le parti veut présenter sur Vannes est un éternel diviseur qui est passé par plusieurs formations politiques régionalistes puis françaises de différents bords. Ce dernier s’est systématiquement présenté face au Parti Breton à chaque échéance électorale. Localement, il n’a eu de cesse de briser la dynamique d’union depuis 2001 où l’on avait dépassé les 5 % des voix aux Municipales de Vannes.

–        Alors, comment expliquez-vous ce choix ?

Je pense qu’il y a trois raisons à cela :

La première est liée à l’histoire de la Bretagne. Les Bretons ont appris à être discrets mais aussi à se soumettre, à s’excuser sans cesse d’être ce qu’ils sont. Une grande partie du mouvement breton n’est paradoxalement pas épargnée : il faut toujours se justifier, démontrer que nous ne sommes pas extrêmes dans nos pensées, jusqu’à craindre notre propre ombre. Les sondages montrent que presque 20 % des Bretons rêvent de souveraineté, pourtant ils ne s’expriment pas massivement en ce sens comme le font les Ecossais, les Basques, les Catalans, les Flamands et de nombreuses nations de l’Europe de l’Est.

La seconde relève plus de l’attitude arriviste de la nouvelle équipe. Au sortir des Régionales, le Parti Breton est arrivé à un tournant. Il s’est affirmé dans ses principes, ce qui n’a pas été sans déstabiliser les adhérents les plus aguerris, alors même que les élus de l’ancienne équipe arrivaient en fin de mandat représentatif du parti. Des places étaient à prendre et durant les dernières semaines de campagne des Régionales, j’avais senti les velléités de pouvoir de l’équipe en place. Je ne m’en suis pas occupé, n’ayant aucune ambition de prendre les rênes du parti et surtout devant m’atteler à la dure tâche de terminer la campagne électorale avec de tous petits moyens pour présenter un ambitieux programme. Seul Olivier Berthelot représente une constance dans le parti. Florent Grouin vient d’une autre formation politique et Gael Fleurent avait disparu des réunions du parti depuis plusieurs années. Tout cela, la base du parti n’en a pas été informée.

La troisième est un peu le résultat de l’addition des deux autres. Alors en charge des élections, poste qui m’a été proposée pour certains « à titre posthume » après les Régionales, je me suis pleinement attelé à la tâche. C’est peut-être ce que ne voulait pas le bureau restreint, voulant m’enterrer vivant.

De là, on ne me refait pas, j’ai travaillé sans ménagement à partir des accords de financement anciens, notamment les accords entre l’Alliance Ecologique Indépendante, le Parti Breton et Christian Troadec. Ce dernier étant exclu des échanges puisqu’ayant pris un autre cap et pour des raisons de retards de participation financière à la campagne des précédentes élections sous cette entente financière. Parallèlement, j’ai contacté des formations politiques autonomistes et indépendantistes au-delà de la Bretagne pour sceller les termes d’une entente prometteuse. Le partenariat allait prendre quand les représentants du PB sont sortis de leur mutisme pour me demander de leur donner tous les contacts et prendre la main.

–        Ce n’est pas très élégant, comment avez-vous réagi ?

J’ai hésité puis j’ai tout donné. Par ce désaveu, je leur ai dit que je m’éloignais du Conseil tout en restant membre du parti. Ma candidature aux Législatives restait valable. J’avais bien dit que c’était une tâche suffisante à mener et je leur ai souhaité bonne chance dans la continuité des négociations.

–        Et ils ont réussi, la tâche a été menée à terme.

Oui, sur un accord minimal et sans entente militante au sein de cette plateforme « citoyenne ». D’ailleurs, je me méfie toujours de ce terme « citoyen » complètement galvaudé. Le citoyen est un « bon français » bien obéissant au centralisme de Paris. Toutes les formations dites « écolos » se disent citoyennes, j’y préfère le terme de « responsable ». Enfin, pour revenir au sujet, ils se servent des clauses de la charte imposée pour m’en exclure. Le but du parti n’est plus de représenter des idées mais d’être présent par tous les moyens jusqu’à être vidé de sa substance, ses valeurs. Ce n’est pas ma conception. On ne sert pas la société en faisant de la figuration.

–        On dit aussi que vous allez trop loin et trop vite. Ce n’est pas la première fois que vous êtes mis brusquement sur le carreau dans des réalisations où vous étiez très actifs : entente culturelle et Ti ar Vro de Vannes, la crèche par immersion, vos engagements professionnels, syndicaux… Vous savez, les gens parlent, vous ne croyez pas qu’il est temps de vous remettre en question ?

Je ris car la réponse est dans la question ! Probablement, je vais trop vite et projette trop loin l’évolution des différentes initiatives. Pas sur le plan personnel en tout cas puisque si les idées sont planifiées et les desseins sont clairs, je ne m’occupe guère des stratégies personnelles. C’est là que l’on m’écarte. Est-ce une faiblesse en soi que de penser avant tout aux projets, au programme en politique, que des stratégies purement individuelles servant des intérêts personnels ?

Vous savez, quand on lance un projet pour changer l’avenir, on défriche. Pour défricher, il faut faire le sale boulot, donner de la voix. Hélas, l’opinion retient souvent les coups de gueule avant d’intégrer la finalité du programme. C’est ainsi que ceux qui nous accompagnaient jusqu’alors nous font comprendre qu’il est temps de la mettre en sourdine pour qu’ils poursuivent le travail sans toi. Cette attitude est bien bretonne, elle rejoint l’histoire des Bretons que je mentionnais à l’instant. En Bretagne, il faut laver plus blanc que blanc. En vérité, on en revient aussi à la question de l’utilité de la figuration politique. On peut faire plus de 30 % des voix en restant invisible sur un strapontin. Le tort est de ne pas pouvoir travailler dans la continuité. Imaginez, du Forum Breizh en 2001 (6 %), aux Cantonales, Municipales, Législatives, Départementales… si nous avions pu nous inscrire dans la continuité ? Nous dépasserions les 10 % des voix sur un programme breton sans filouterie. Or l’actuel candidat du Parti Breton choisi pour représenter la 1ère circonscription du Morbihan n’est autre que celui qui a tout mis en œuvre depuis plus de 15 ans pour briser cet élan.

Après, il est possible d’atteindre un bon pourcentage par des alliances contre nature. Certains sont prêts à tout, il y a bien des candidats se targuant d’être de la gauche française qui négocient avec l’ancienne secrétaire d’Etat de Sarkozy en Bretagne actuellement.

–        Elle est plutôt séduisante, alors donnez-nous l’envie de vous défendre aujourd’hui ?

Avec de l’argent, on arrive à tout ! Regardez Donald Trump ! (humour).

La liste des Régionales aurait pu avoir plus de succès si nous avions le trésor de guerre bien mal acquis des partis hexagonaux. Nous ne l’avions pas et l’honnêteté ne paie pas dans le contexte politique immergé par l’affairisme et les escroqueries des partis majoritaires. La liste des Régionales n’a pas pu faire distribuer des bulletins partout, les gens n’avaient même pas de quoi voter et là dedans la Préfecture de Région a aussi sa part de responsabilité. Des communes n’ont pas reçu suffisamment de bulletins. C’est sûr, si nous avions fait plus de 5 %, les valeurs que je défends auraient suscité plus l’attention de chacun.

Qui actuellement ose aborder les questions de l’emploi sous l’angle de la priorité à l’embauche des résidents bretons, les membres de leurs familles expatriées et toute personne extérieure s’engageant clairement à œuvrer pour l’emploi ou l’identité bretonne ? Qui parle d’instaurer un statut de résident permanent pour limiter la spéculation immobilière et permettre aux actifs de se réapproprier nos villes et villages ? Qui voudra défendre des impôts levés en Bretagne pour les Bretons ? Qui met au centre la défense de nos entrepreneurs, de nos artisans, de nos PME-PMI ? Qui parle d’aménagement du territoire comme nous le faisons dans nos prises de position, en transférant le budget transport et urbanisme que nous sacrifions pour Paris en Bretagne ? Qui veut permettre une gestion rapprochée du territoire en collaboration avec les agriculteurs? D’autres candidats ont-ils une ambition pour redonner une identité bretonne forte en facilitant par exemple l’embauche de personnel s’exprimant en breton dans les administrations et les entreprises par des aides ?

Et ce ne sont que des exemples.

Etre député est aussi envisager une autre politique internationale, respectueuse des autres peuples, non belliqueuse, débarrassée des relents colonialistes et encourageant le commerce équitable, la reconstruction de l’Afrique et de tous les pays en voie de développement.

Tous ces sujets répondent aux inquiétudes des Bretons et les traitent à leur source. Il est évident que la frilosité politique ambiante et le climat de suspicion permanent entretenu par certaines personnalités politiques ne me font pas que des amis.

–        Vous vous trouvez donc plutôt de gauche ou de droite ?

Chacun choisira, cela ne m’importe peu. J’attends que l’on vote sur des solutions, pas des étiquettes ou de belles paroles.

–        Que vous faut-il dans l’immédiat pour maintenir votre candidature ?

6000 € !

–        Et si vous n’arrivez pas à atteindre cette somme ?

Je continuerai autrement. Mais je pense que la principale clef pour l’avenir est la résolution politique de nos problèmes. D’ailleurs à toute question politique, une réponse politique.

–        Mettriez-vous votre confiance dans un autre candidat ?

Je n’en vois pas pour l’instant.

–        Allez-vous démissionner du PB ?

Légitimement, ce n’est pas à moi de partir.

 

 

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