Partager :

" /> Vivre sans énergie fossile : pari réussi pour Langouet, modeste commune bretonne (35) - 7seizh.info
Publié le: jeu, Jan 26th, 2017

Vivre sans énergie fossile : pari réussi pour Langouet, modeste commune bretonne (35)

Soutenez 7seizh par Paypal
Partager
Tags

Elu en 1999 Maire de Langouet (35), le militant anti-nucléaire Daniel Cueff a lancé, depuis 2003, un pari fou : que la commune se passe de toute énergie fossile. Les moyens de la commune sont modestes, mais l’équipe garde la tête froide : il faut avoir une vue à terme moyen, ne pas attendre un retour immédiat, avancer en confiance.

Aujourd’hui, le pari est en bonne voie : en 2014, la commune a produit 116% de l’électricité consommée dans tous les bâtiments municipaux (mairie, ateliers, éclairage public, école, pôle enfance, bibliothèque, salle polyvalente et église) en énergies renouvelables.

La commune a l’obligation de vendre son électricité à la très centraliste EDF, qui la lui revend, sans communiquer la provenance de cette réinjection.

Les logements de la commune produiront sous peu plus d’énergie qu’elles n’en consomment

Mais peu importe cette aberration technocratique et nucléocrate, le pari est quasiment gagné : la commune assume le surcoût imposé par l’Etat, produit plus d’électricité qu’elle n’en consomme, elle n’utilise déjà plus d’énergie fossile que pour son tracteur. Le chauffage est fourni par une chaudière bois alimentée par le bois issu de la taille des haies par les agriculteurs locaux, et la bibliothèque par un poêle bois individuel alimenté par du bois de la même provenance. Tout ceci n’étant possible qu’avec des bâtiments conçus le plus intelligemment possible, comme l’école, construite en respectant le cahier des charges de la norme HQE (Haute Qualité Environnementale).

Ces réussites viennent s’ajouter à une autre : la cantine entièrement bio (depuis 2003), qui se fournit très majoritairement au local, ce qui a permis à la commune d’acheter des terres (24 hectares, contribution au million d’hectares en bio en France) et d’installer six jeunes agriculteurs. Cette belle réussite montre à quel point la dynamique peut être positive à tout point de vue, le coût de revient des repas a lui aussi diminué !

Langouet plébiscite aussi la Réunification

Et, fort de ces succès, Daniel Cueff pense encore plus loin : parvenir à couvrir toute la commune. En repensant la façon de construire les logements, on peut ramener leur coût énergétique à 250€ par an (électricité et bois inclus), indique-t-il, qu’il pense même ramener à 150€ pour les derniers logements sociaux de la commune, à rapprocher de la moyenne française qui tourne autour de 1500€.

Loin du centralisme sclérosant, et dans une démarche volontariste, Langouet nous prouve que, sans attendre les très peu probables engagements de l’Etat, on peut agir et aller très loin dans la démarche d’une vraie transition énergétique.

Gageons que ce fantastique exemple fera des émules, ayant levé les questions cruciales pour les collectivités locales : “est-ce possible ?” et “est-ce rentable ?”

 

A propos de l'auteur

-

Kelenner e brezhoneg, broadelour, dizalc’hour, anarkour.
O chom hag o stourm e Liger-Atlantel (yezhoù Breizh, adunvaniñ).
Kembraeger deraouad, hag e karantez gant Kembre.

Visualiser 12 Comments
Ce que vous en pensez
  1. jipebe29 dit :

    Chaque MWh que vous vendez à EDF l’est à un prix hors marché, de l’ordre de 30 c€/kWh. Je présume qu’EDF vous le revend au prix marché, 4-6 c€/kWh et donc le différentiel est à la charge de tous les autres ménages du pays, donc il contribue à gonfler la taxe CSPE. La politique locale est donc parfaitement égoïste, au détriment de l‘intérêt collectif.
    Maintenant, indépendamment de ce problème, si cette réalisation veut être crédible, il faut faire un audit financier indépendant. Nous verrons alors quel est le bilan et si cette expérience est positive ou non.

    • Stefan dit :

      Le particulier ayant -enfin- le droit à l’autoproduction, je ne partage pas la mienne avec ces çonnards … Quand, enfin, les collectivités auront le droit à l’auto-détermination, elles en feront de même, à court terme pour certaines, à moyen terme pour d’autres, à plus long pour les agglo très urbanisées, peut-être … ou au contraire elles fonceront ! tant qu’on est assujéti à cet Etat totalitairement-auto-nucléocrate, tout effort d’envergure sera freiné. Vivement la fin de la république des parisiens, donc, à tout point de vue !

  2. jipebe29 dit :

    La filière des EnR intermittentes n’a pu se développer que grâce à des aides de l’Etat, sous forme d’impôts déguisés (Taxe CSPE) à la charge des ménages, qui coûte 5 Md€ en 2016 et sans doute plus de 6 Md€ en 2017 (les surcoûts de la loi de transition énergétique se montent à 23 Md€ en 2016, selon une analyse de l’IFRAP). Qu’il y ait de nouvelles filières de production d’énergie électrique, je ne suis à priori pas contre, mais il faut faire une analyse coûts/bénéfices, et si cette analyse n’est pas en faveur des EnR intermittentes, il faut abandonner cette filière.

    Rémy Prud’Homme, économiste, a fait une belle analyse du cas de l’Espagne, qui a été obligée de stopper toute aide aux EnR, ce qui a immédiatement provoqué un arrêt total des nouveaux investissements.
    Voir : http://www.rprudhomme.com/resources/Rap+2016+Eolien+et+solaire+en+Espagne.pdf

    Il a aussi analysé le cas du Danemark (qui s’en sort grâce à l’hydraulique de ses voisin nordiques) et de l’Allemagne (dont le prix du KWh est le double de chez nous), et qui a d’énormes problèmes de gestion du réseau, à cause de l’intermittence. Bref, les 3 champions des EnR n’ont pas un bilan positif.

    Chaque fois que l’on nous présente une réalisation merveilleuse des EnR, on ne parle jamais gros sous. C’est le cas de l’île d’El Hiero, présentée comme un modèle 100% renouvelable, mais, quand on creuse un peu, on se rend compte que la consommation fournie par l’éolien couvre 30% du temps (l’île est bien ventée), et les 70% du temps, c’est la centrale diesel (pouah !) qui alimente l’île. Donc, déjà, le promoteur qui prévoyait un facteur de charge de l’éolien de 100% n’a pas tenu son contrat. Les chiffres sont impitoyables : pour 1/3 de production, le MWh coûte … 1370 € (celui du diesel est de 200 €/MWh). Je pense que les habitants apprécient ce désastre…

    • Stefan dit :

      Que ces abrutis d’autocentrés arrêtent d’emmerder les collectivités, et ça leur coûtera plus que dalle ; ils feront même des économies. Le nucléaire est un dogme d’Etat, ils s’y entêtent comme les neu-neu-s qu’ils sont, juste pour garder le pouvoir et l’emprise sur les non-“ile-de-franciens”. Des râclures sur toute la ligne !

  3. jipebe29 dit :

    Cher Stefan,
    Vous dites ” L’électricité, a, par exemple, le bon goût d’être une énergie stockable.” Certes, mais seulement pour les faibles puissances et cela crée un coût supplémentaire. Mais je ne comprends pas : comme la production est vendue à EDF, nul besoin de stockage. Ou alors une partie de la production sert à charger des batteries, ce qui réduit encore le rendement ? Ou alors les méchants électrons rouges du fossile et du nucléaire prennent le relais quand les gentils électrons verts sont en sommeil ?

    Merci de m’éclairer, car là, je suis dans le noir…

    • Stefan dit :

      Si efd n’imposait pas le revente (et était donc loyale, mais c’est pas trop le trip), Langouet aurait pu, comme moi, stocker son énergie électrique pour un coût très modeste (gratuit dans mon cas en récup’ ; dépollution, donc).

  4. jipebe29 dit :

    Cher Stefan,
    Voici quelles doivent être les caractéristiques de toute production rationnelle d’énergie électrique.

    1) Elle doit être pilotable, adaptable en temps réel aux fluctuations de la demande. En particulier, elle doit être capable de gérer les heures de pointe (HP) et de réduire la production en fonction de la baisse de la demande en heures creuses (HC).
    2) Elle doit être indépendante des caprices d’Eole et des cycles de Phébus.
    3) Elle doit avoir un impact mineur sur l’environnement et la biodiversité
    4) Le réseau de transport ne doit pas être soumis à des fluctuations brutales et aléatoires
    5) Le prix du kWh doit être compétitif
    6) La sécurité d’approvisionnement doit être garantie

    • Stefan dit :

      Cher Jean-Pierre,

      La production nucléaire est forcément instable du fait de sa haute dangerosité technologique. Elle le sera de plus en plus avec le vieillissement des centrales. La seule garantie que le nucléaire apporte, c’est celui de l’accident, à propos duquel la question n’est plus s’il surviendra mais quand il surviendra.

      Elle n’est déjà plus compétitive, alors même que le coût de l’électricité nucléaire française est très sous-évalué (il ne tient aucun compte ni du démantèlement (si tant est que quelqu’un sache le faire, ça reste à prouver), ni des investissements colossaux que la décision de continuer dans cette impasse entraînerait).

      Les impacts de ces méthodes de production d’énergie sur l’Humanité dépendent énormément du côté du fusil où on se trouve. Ni les Nigériens qui travaillent sans protection dans des mines à ciel ouvert pour fournir les centrales françaises, ni les morts dans les soulèvements de ces régions, ne sont d’accord avec votre version.
      Concernant les énergies fossiles, les centaines de milliers de mort dans les diverses guerres pour le pétrole, eux aussi, auraient préféré que nous nous chauffions avec des énergies disponibles chez nous, plutôt que d’aller les piller, l’arme au poing, chez eux …

      Quant à ses impacts sur l’environnement, brûler du bois n’implique pas de transport de marchandise, avec les pertes bien connues (fuite sur les pipelines, marées noires, émissions de particules diverses et nombreuses, dont du carburant, les machines étant souvent mal réglées

      Moi qui suis “Nazairien de la campagne”, j’apprécierai bien, en terme d’emploi, quand la Bretagne aura son mot à dire sur son propre développement, qu’un des premiers chantiers soit une construction massive d’éoliennes (off-shore, elles produisent assez pour toute la nation danoise) ; les lorientais et les brestois me comprendront sûrement, plutôt que des centrales nucléaires, d’où seuls Bouygues et consorts retireront du profit, et n’offriront de travail qu’à des moldaves apportés sur chantier dans des wagons à bestiaux et ré-expédiés avec un ou deux euros de l’heure dans leur pays quelques mois après …
      Et j’apprécie bien aussi que mon énergie de chauffage soit présente autour de chez moi : à portée de brouette.
      Zéro centime le kWh, très simple à réguler (effet de masse), indépendante de toute intempérie (les coups de vent de l’automne m’ont bien aidé, même !), un impact très très minime sur l’environnement (même pas un arbre abattu en 15 ans de chauffage), et, en gérant gentiment (je travaille à plein temps par ailleurs), l’approvisionnement est garanti à vie. Le bois, c’est presque parfait !

  5. jipebe29 dit :

    Cher Stefan, je vous recommande l’ouvrage de Samuele Furfari : « la vie sans énergie moderne : pauvre, désagréable et brève », chez L’Harmattan.

  6. jipebe29 dit :

    Cher Stefan,
    1) Le CO2 est gaz de la vie sur Terre, car sans lui, pas de photosynthèse, pas de végétation, pas de bois, pas d’oxygène. Pendant des centaines de millions d’années, son taux moyen a été d’environ 2000 ppm. Au début de l’ère industrielle, il n’était que de 280 ppm, et il est à présent de 400 ppm. Grâce à cette remontée, la planète reverdit, les arbres poussent mieux, et les récoltes sont meilleures, ce qui permet de réduire la faim dans le monde.

    2) Il n’y a aucune preuve scientifique indubitable que le CO2 ait une action mesurable sur la température. Compte tenu du fait que les projections des modèles numériques divergent de plus en plus des observations, malgré une inflation de nos émissions de gaz satanique, et sachant qu’ils sont construits à partir des thèses hypothétiques du GIEC/IPCC, il est quasiment avéré que le CO2 n’a aucune action mesurable sur la température. Donc, utiliser des combustibles fossiles pour la production d’énergie électrique, sous réserve que les vrais polluants soient filtrés (SO2, NOx, microparticules de carbone-suie), cela ne présente aucun danger. Du reste, le développement des pays pauvres, l’éradication progressive de la misère et de la maladie, et l’augmentation du niveau de vie, ne peut se faire qu’avec l’utilisation de centrales thermiques propres. Je vous rappelle que, dans les pays subsahariens, l’absence d’énergie électrique et de gaz amène les habitants à utiliser le bois, et donc cela contribue à la désertification.

    3) Dans l’histoire de l’humanité, nous sommes allés de sources d’énergie à faible densité énergétique vers des sources à forte densité énergétique : bois, charbon, pétrole, uranium (sans doute plus tard thorium vers 2040). Utiliser le bois, qui rejette son carbone en brûlant, c’est une régression et une aberration écologique.

  7. jipebe29 dit :

    1) Le bois dégage du CO2, tout comme une centrale thermique. Je ne vois pas quel est l’intérêt de remplacer du CO2 thermique par du CO2 issu de la combustion du bois.

    2) L’électricité est sans doute produite par des panneaux solaires. Or, le facteur de charge du solaire est de 14% seulement, et, en hiver, le solaire ne produit rien avant 9h et après 18h. Comment fait cette commune pour fournir du courant “solaire” quand la production est nulle, notamment pendant l’heure de pointe du matin et celle du soir ? Elle utilise sans doute du courant produit par le nucléaire, l’hydraulique et le thermique ? Par exemple, on voit que, pour la journée de mercredi 25/01, la production de l’éolien est restée faible, à moins de 1600 MW. Le solaire a atteint son maximum à 12h30, avec 2154 MW, et il a fallu augmenter la production des centrales thermiques (fioul, charbon et gaz, ainsi que celle de l’hydraulique. Lors de l’heure de pointe du soir, il a fallu importer près de 5000 MW. Voir : http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix-mix-energetique

    • Stefan dit :

      Cher Monsieur Bardinet, je lis souvent vos commentaires, systématiquement dirigés contre les énergies renouvelables, en citant souvent des rapports dirigés par l’Etat nucléocrate (encore un exemple cette fois avec RTE-France …).
      C’est un peu comme quand l’industrie pharmaceutique nie toute vertu d’autres médecines que la leur, que l’industrie laitière vente les vertus (très contestées hors de France) du lait de vache, que l’industrie a eu venté les avantages de l’amiante ou des parabènes …
      Que l’industrie nucléaire nie tout intérêt de ses concurrents, c’est d’une logique limpide !!

      Concernant le remplacement des énergies fossiles par le bois, je suis stupéfait par votre raisonnement !!! Il vaut mieux utiliser des énergies fossiles (produites à l’autre bout du monde, transportées, etc …) que de brûler du bois, dont la pousse CAPTE du carbone (et qui évite les gaspillages, par l’utilisation de bois non valorisé par ailleurs, et local).

      Concernant les différentes manières d’assurer la continuité de l’approvisionnement électrique, rassurez-vous, les élèves de la commune n’ont pas travaillé dans le noir pendant plusieurs mois. L’électricité, a, par exemple, le bon goût d’être une énergie stockable.

Laisser un commentaire

XHTML: Vous pouvez utiliser les expressions html suivantes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Média participatif : contact(at)7seizh.info 0033 (0) 972 338 711 - regie.publicitaire(at)7seizh.info Mentions légales - Conditions générales d'utilisation

L’utilisateur s’interdit de manière non exhaustive :

- de diffuser des informations contraires à l’ordre public ou aux bonnes mœurs, - de détourner la finalité du service pour faire de la propagande ou du prosélytisme, de la prospection ou du racolage, - de publier des informations à caractère commercial, publicitaire ou constituant de la propagande en faveur du tabac, de l’alcool, ou de toute autre substance, produit ou service réglementé - de diffuser des contenus contrevenant aux droits de la personnalité de tiers ou présentant un caractère diffamatoire, injurieux, obscène, pornographique, offensant, violent ou incitant à la discrimination, à la violence politique, raciste, xénophobe, sexiste ou homophobe, - de publier des informations contrevenant à la législation sur la protection des données personnelles permettant l’identification des personnes physiques sans leur consentement, notamment leur nom de famille, adresse postale et/ou électronique, téléphone, photographie, enregistrement sonore ou audiovisuel, - d’accéder frauduleusement au site et notamment aux services interactifs, ainsi qu’il est indiqué dans les conditions générales d’utilisation du site.

7seizh.info ® Tous droits réservés-2012-2016 © 7seizh.info.