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Publié le: lun, Fév 13th, 2017

L’estuaire de la Rance (35) : un joyau maritime breton mis en péril par un État français laxiste envers son vassal EDF autiste ! EDF autiste !

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Tribune libre de la fédération du pays de Rennes

L’usine marémotrice de la Rance : un projet Célibien, unanimement consenti par les Bretons !

La petite histoire retiendra que le cinquantenaire de son inauguration en grande pompe, le 26 novembre 1966, en présence du général de Gaule, aura été commémoré par une manifestation citoyenne de mécontentement. Le digne rassemblement composé de plusieurs centaines de riverains, usagers et d’élus locaux réclamait la mise en œuvre d’urgence dès 2017, d’un authentique plan d’action pour sauvegarder l’estuaire de la Rance.

Dans cette optique, la dynamisante association Rance Environnement (Rance Environnement a été créée en 1993 à Pleudihen-sur-Rance. C’est une association citoyenne pour la défense et la protection de la nature et de l’environnement sur le bassin versant de la Rance. À ce jour, ce groupement de bénévoles engagés comptabilise 350 adhérents.) et son actif réseau associatif (Rance Environnement. Notre réseau associatif. [En ligne] <http://rance-environnement.net/l-association/notre-reseau.html>, consulté le 14/12/2016) demande à l’État français et EDF de prendre ses responsabilités concernant les conséquences dramatiques, qu’occasionne la toute première usine marémotrice au monde (Centrale électrique exploitant l’amplitude des marées, qui se situent parmi les plus fortes du monde, et les courants de l’estuaire de la Rance entre Dinard et Saint-Malo. Aujourd’hui, l’usine, restée unique en Europe, alimente chaque année l’équivalent de la consommation d’une ville comme Rennes, soit une production électrique de 600 000 000 KWh pour 225 000 habitants.), sur l’écosystème et l’environnement de l’estuaire de la Rance. Toutefois, les associations bretonnes ne remettent pas en cause le bien-fondé de ce remarquable projet vieux d’un demi-siècle, qui est le fruit des hommes du CELIB (Wikipédia. Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons. [En ligne] <https://fr.wikipedia.org/wiki/Comité_d’étude_et_de_liaison_des_intérêts_bretons>, consulté le 14/12/2016) : création audacieuse, le 22 juillet 1950, de ce « lobby breton » mené par un groupe compétent de personnalités influentes (dont la présence de l’illustre autonomiste Joseph Martray).Rappelons que dans une Bretagne « à la traîne », cette structure associative fût force de propositions politiques et qu’elle obtînt de retentissantes victoires (nombreux aménagements du territoire, à l’origine du processus de régionalisation en France et du « miracle économique breton », dans les années 1960).

Quant à la question de savoir si cet ouvrage d’art était néfaste à l’environnement ? Le ministre de l’industrie de l’époque, Jean-Marcel Jeanneney déclara à une période où le Droit de l’Environnement était quasi inexistant, que les gouvernants ne s’étaient pas préoccupés de son impact sur l’environnement et des perturbations sur l’écosystème.

Un site inestimable profondément rudoyé par l’exploitation de l’usine marémotrice

Au fil de l’eau, la Rance nous conte gracieusement une épopée de 60 000 ans : à l’origine, mince filet d’eau parcourant une faille du massif hercynien, elle devint ruisseau, puis progressivement rivière. Remontant son cours, les embarcations amenèrent un peuple de marins-agriculteurs qui  érigèrent les nombreux villages jalonnant la vallée de la Rance. (Histoire du val de Rance. Il y a bien longtemps…. [En ligne] <http://valderance.free.fr/histoire.htm>, consulté le 15/12/2016). L’activité humaine spécifique qui s’est tissée au fil des milliers d’années dans l’estuaire – la plus grande ria de France – a façonné un paysage « indélébile », lequel a laissé de nombreux vestiges encore visibles aujourd’hui : de petits ports (Plouër-sur-Rance), des moulins à marée (Le moulin à marée du Prat, à la Vicomté-sur-Rance), ou encore des dolmens et autres pierres levées (Saint-Samson-sur-Rance).

La construction du barrage-route de la Rance constitue le premier traumatisme d’ordre environnemental. En effet, de 1963 à 1966, les chantiers nécessitèrent une coupure totale entre la Rance et la mer ce qui provoqua une absence de mouvements maritimes dans l’estuaire. Rance Environnement y déplore déjà une disparition quasi-totale de la faune et de la flore marine dans la ria. Par ailleurs, dès la mise en fonctionnement en 1966 de l’usine marémotrice, l’estuaire de la Rance est soumis aux marées décalées, appelées communément « marées artificielles » ou « marées EDF » (le rythme des marées n’est plus naturel).L’artificialisation bouleversante du régime hydraulique a des conséquences directes sur l’environnement de la ria. (Rance Environnement. Un site bouleversé. [En ligne] <http://rance-environnement.net/la-rance-maritime/un-site-bouleverse.html>, consulté le 15/12/2016) Après 50 ans de fonctionnement les dégradations sont bien visibles : parmi elles, la favorisation de la sédimentation et l’accélération de l’envasement (l’envasement  est dû pour 80% à l’usine marémotrice contre 20% à l’envasement naturel, plus de 2 millions de m3 de vase sont donc accumulés aujourd’hui…).Par voie de conséquence, les différents milieux naturellement présents dans l’estuaire sont fragilisés. L’écosystème ainsi modifié entraîne un impact néfaste sur la biodiversité (disparition de certaines espèces de poissons et concentration des pollutions de l’eau et de l’air dans le volume d’eau résiduel maintenu dans l’estuaire par l’usine marémotrice, favorisant notamment le développement des algues vertes). D’autre part, les zones grises se répandent, dépourvues ou presque de végétation, portant atteinte à l’équilibre esthétique du paysage estuarien. Ainsi, des menaces économiques directes pèsent sur les flux touristiques et les activités nautiques des bords de Rance. En effet, l’envasement réduit la navigabilité de l’estuaire (en certains points de l’estuaire, la navigation est perturbée) et il perd son caractère et ses usages maritimes. L’accès aux ports de Dinan, du Lyvet, de Plouër, de La Richardais est menacé. Qu’a-t-on fait depuis la construction du barrage pour maîtriser ces dégradations ?

Des solutions « pansement » éphémères, infructueuses et dispendieuses !

Lancé en 1995, à l’initiative de la FAUR (Fédération des Associations et des Usagers des bassins versants de la Rance et du Frémur), et mis en œuvre par l’association COEUR (Comité Opérationnel des Elus et Usagers de la Rance), structure porteuse originale réunissant élus, usagers et EDF, le contrat de baie (Rance Environnement. Le Contrat de baie de la Rance n’a pas atteint son objectif. [En ligne] <http://rance-environnement.net/news/84/220/Le-Contrat-de-baie-de-la-Rance-n-a-pas-atteint-son-objectif.html>, consulté le 16/12/2016) promettait rendre la Rance belle et propre. Force est de constater que les objectifs n’ont pas été complètement atteints à l’échéance du contrat de baie, en 2005 : concernant l’assainissement domestique, l’épuration des eaux rejetées a été nettement améliorée. Par contre, concernant l’extraction des sédiments excédentaires, l’échec est cuisant puisque seulement 193 000 m3 ont été traités, en Rance fluviale et maritime, pour un coût de 5.1 M€ sur un budget ERDF de 7.5 M€. Depuis 2005, aucun autre plan d’envergure n’a été déployé. La déception de l’actuelle présidente de Rance Environnement Germaine Guillou, face à cette inefficacité chronique des pouvoirs publics a renforcé sa volonté et son investissement personnel pour remédier à cette catastrophe écologique rampante. Le plan de curage du piège à sédiments du Lyvet proposé par CŒUR Emeraude (association de préfiguration du PNR Rance Côte d’Emeraude) a été réactivé en 2014-2015 (opération Lyvet 2), mais n’a extrait que 65 000 m3 de sédiments. Quant au coût du projet, il a été évalué à 1,5 million d’euros. Le financement a été assuré à 80% par EDF et la quasi-totalité du reste soit presque 20%, au frais des collectivités territoriales bretonnes (communes riveraines et région). Pendant ce temps, le processus d’envasement s’est poursuivi : en définitive, 20 ans d’actions « à la petite cuillère » n’ont permis ni une stabilisation ni une amélioration progressive de la situation actuelle.

La solution : un plan durable immédiatement exécuté et financé par le fautif bicéphale !

 

Rance-Environnement propose un plan d’action à mettre en œuvre dès 2017 : il s’agirait d’un dévasement annuel d’urgence de 150.000 m3, qui devra perdurer pendant 5 ans. Ensuite, un dévasement de 100.000 m3 par an pendant 20 ans serait indispensable pour sauver l’estuaire et préserver son identité maritime. Ce plan porté conjointement auprès de l’État et d’EDF par COEUR Emeraude et le Collectif des communes riveraines de l’estuaire ne serait une réussite totale que si un plan de gestion durable des impacts environnementaux du barrage était repensé intelligemment au moment du renouvellement de la convention de concession, prévu entre l’État et d’EDF en 2043.Un dispositif d’évaluation et de surveillance est préconisé afin de respecter les contraintes écologiques qui y seraient précisées.

La nécessité absolue de supprimer la vase additionnelle présente dans la Rance ne peut être qu’un engagement et financement par le responsable à deux têtes : État français et EDF. À plus forte raison, selon Germaine Guillou, c’est au décisionnaire étatique d’imposer à l’exploitant EDF, le respect des contraintes environnementales. (Rance Environnement. Que peut-on faire ? [En ligne] < http://rance-environnement.net/la-rance-maritime/la-problematique.html>, consulté le 23/12/2016).En effet, l’État propriétaire du Domaine Public maritime (DPM) de l’estuaire doit prendre subito presto ses responsabilités qu’il refuse d’endosser, sous prétexte d’avoir des oursins dans le porte-monnaie. En outre, il est hors de question pour les acteurs civils d’imaginer une seule seconde, les collectivités territoriales locales supporter le coût des dégradations liées à l’exploitation sans contraintes environnementales du locataire EDF, sous le regard complice du propriétaire étatique. Cela reviendrait à infliger aux victimes la double peine ! Le financement nécessaire serait de l’ordre de 2,5 millions € par an, soit environ 4 € du MWh. Le coût de production du MWh du barrage passerait d’environ 42 € à 46 €, ce qui rejoint les récents propos de la ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer Ségolène Royal qui a indiqué que le prix de vente de l’hydroélectricité produite grâce au barrage devrait intégrer les coûts du traitement du problème sur-sédimentation. Les solutions existent si on en a la volonté. La problématique aujourd’hui, est d’obtenir la décision. Depuis la réunion de juillet 2016 au Ministère de l’Environnement avec les élus des territoires concernés, il aura fallu patienter 5 longs mois pour qu’une réunion soit organisée en préfecture de la région Bretagne, le 16 décembre 2016.Cette mission ministérielle qui a été mandatée par le Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer doit rendre ses conclusions pour fin mars 2017… Pendant ce temps-là, le centralisme rennais copie fadement le centralisme parisien, à l’idéologie destructrice qui conduit à des disparités territoriales béantes. En effet, ce dernier a consolidé le budget 2016 de Rennes Métropole (Une hausse de 23,94 M€ par rapport à 2015) afin de chérir sa nouvelle ligne b du métro.

La Rance et le Parti Breton (Strollad Breizh), même combat : fédérer un peuple breton pour exister véritablement, et non plus surnager !

Tandis que l’on se réjouit du désensablement du Mont-Saint-Michel (estimé à 164 millions d’euros dont le financement a été globalement pris en charge par l’État français et ses collectivités territoriales), on assiste dans une quasi-indifférence à l’envasement de l’estuaire de la Rance… À titre de comparaison, en termes financier, la préservation de son identité maritime ne serait qu’une goutte d’eau dans la mer. Dans ce sens, le Parti Breton (Strollad Breizh) dénonce « l’éthique » environnementale discriminatoire de l’État français qui opte bien souvent pour des gains économiques à court terme, au lieu d’œuvrer pour des stratégies économiques durables et écoresponsables.

L’éthique environnementale du Parti Breton (Strollad Breizh) tend inévitablement à soutenir toute démarche citoyenne bretonne qui défend le patrimoine naturel et vivant, si cher à notre personnalité bretonne. En outre, Le Parti Breton (Strollad Breizh) encourage vivement le développement des énergies renouvelables, en l’occurrence marines. En effet, notre dépendance énergétique actuelle (La Bretagne produit seulement 15% de l’électricité qu’elle consomme) pourrait être largement diminuée par une exploitation optimale de cette énergie renouvelable, prédictible et prévisible qui est plus prometteuse que l’énergie éolienne. Il est à noter que l’énergie des marées pourrait être exploitée ailleurs que sur le littoral. Plusieurs schémas de projets marémoteurs s’appuient sur une conception nouvelle : le lagon artificiel, un modèle qui limiterait l’impact environnemental. Fonctionnant à la manière d’un lac artificiel, ces lagons se rempliraient d’eau à marée haute, puis se videraient par des sas équipés de turbines. Les études portent à ce jour sur 3 sites : Swansea et Severn, au Royaume-Uni, et Yalu, en Chine. À quand un projet d’étude pour la Bretagne historique qui est une des plus importantes façades maritimes de France (environ le tiers du littoral de France métropolitaine) avec plus de 2 000 kilomètres de côtes ?

En définitive, le Parti Breton (Strollad Breizh) appelle les futurs électeurs bretons aux législatives 2017, à suivre l’exemplarité de l’engagement local des riverains et élus des bords de Rance, qui ont su se fédérer pour qu’une prise de conscience citoyenne puisse espérer sauver l’estuaire. Dans l’attente d’une décision de l’État et d’EDF qui ne vient pas, la population riveraine est de plus en plus impatiente et exprime de plus en plus fortement sa colère quant à la destruction éventuelle d’un écosystème remarquable, à horizon 30 ans ! Face aux enjeux écologiques du XXIème siècle, la France devrait s’inspirer irrémédiablement d’une citation fort à propos d’un de ses écrivains humanistes de la Renaissance, François Rabelais : « La Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».Malheureusement pour les Humanistes, l’État français actuellement non réformable est trop occupé par une politique politicienne favorisant le culte de la personne, loin des préoccupations quotidiennes des citoyens bretons.

Le Parti Breton (Strollad Breizh) vous propose de rassembler aux législatives 2017 au-delà des clivages politiques, toutes les forces vives de la Bretagne dans une réelle volonté de refonder une démocratie participative exemplaire. Le Parti Breton (Strollad Breizh) invite chaque électeur à une défense des intérêts bretons « transcendant les intérêts singuliers » pour que notre Bretagne du XXIème siècle soit émancipée, entreprenante, écologique et solidaire !

Pour le Parti Breton – Strollad Breizh (Fédération du Pays de Rennes)

 

Contacts presse Parti Breton :

Yann Réminiac (secrétaire) : 06-61-28-78-76 –  reminiac.yann4@gmail.com

Jean-Marc Le Bihan (secrétaire-adjoint) : 07-68-32-79-16 – lebihanjeanmarc@free.fr

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