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Publié le : mar, Mar 21st, 2017

DIWAN a 40 ans, un bilan contrasté

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TRIBUNE LIBRE

Sans conteste, Diwan est l’exemple même de la prise en main des Bretons de leur destin. En 1977, une poignée de militants décide d’ouvrir la première école en breton. C’était un acte de bravoure et de résistance. Diwan a grandi mais a aussi créé ses propres freins.

Ici, des écoles ont vu leurs effectifs divisés par deux à travers des querelles intestines et l’absence d’arbitre ; là, des écoles où les parents décideurs sont partis sur les projets les plus fous… Des familles vont vers d’autres horizons, des enseignants démissionnent en nombre. La direction et l’organisation sont d’un autre temps : elle se bat pour garder un statuquo, une oligarchie inébranlable à sa tête et une absence de cadres et schémas de développement.

Je suis un enseignant ayant donné sa démission il y a quelques années. Difficile de rester muet, voire complice, dans ce qui devrait être le fleuron culturel breton garant de l’avenir de la langue celtique de Bretagne.

En l’espace de quelques années, j’ai pu voir des enseignants désespérés, des alliances despotiques couvertes par la direction et, surtout, un déni des « subissants » complété par une omerta générale.

Peu de personnes osent parler. Un seul syndicat a osé mettre le doigt sur certains problèmes et s’est tu.

A l’image de la Bretagne, la désunion contraste un pari d’abord réussi.

Les enseigants de Diwan ne sont que très peu représentés dans les décisions du réseau. De petites avancées ont eu lieu mais les parents et la direction immuable dirigent l’ensemble. Les parents sont omnipotents et expriment naturellement l’affectif avant la raison.

Les anciennes écoles sont freinées dans leur envol tandis que de nouvelles écoles, dont la croissance et le fonctionnement sont laborieux, permettent de maintenir une légère croissance des effectifs globaux.

Les règlements intérieurs différaient d’une école à l’autre, les décisions se chevauchaient entre la direction du réseau, la direction locale, les parents gestionnaires et employeurs. D’ailleurs, les directions des écoles n’étaient autant dire pas formées et ne connaissaient même pas leurs responsabilités. Bien pratique pour conserver une direction du réseau ad vitam eternam.

Le personnel des écoles, naturellement sous la responsabilité des directeurs d’école, était bien souvent composé de personnes mal rémunérés, recrutés sans les enseignants, corvéables à merci et sous la coupe de l’AEP, l’association des parents jusque sur le temps scolaire. Aucun statut homogène ne valait pour l’ensemble du personnel non enseignant.

La mise en commun des moyens était inexistante en dehors de l’initiative d’une fédération dans la Morbihan, mal perçue d’ailleurs par Landerneau… et pour cause !

Enfin, quid de l’immersion ? Dans la majorité des écoles, le français est partout. Aucune consigne claire n’est donnée aux enseignants en vérité. L’immersion n’est pas une option, elle est obligatoire dans tous les moments de la vie scolaire.

L’avenir ?

A travers une façade neutre, Diwan est peu revendicatif vis-à-vis de certaines personnalités politiques. Pour obtenir, une contractualisation en moins de 5 ans, il a fallu la stratégie syndicale auprès du gouvernement, en l’absence de concertation puisque Diwan n’a jamais voulu être accompagné de ces derniers dans les démarches.

Diwan a 40 ans, il faut désormais que voit le jour une structure moderne, conquérante, apolitique, composée de cadres de fonctionnement clairs. Tout cela accompagné d’une recherche de financement prioritaire, déléguée aux parents qui auront cette tâche principale pour leurs enfants, à travers une coordination accompagnant l’ensemble des projets.

Et comme Diwan, c’est sacré, ses dirigeants vont encore crier au scandale en lisant ces lignes et démontrer que tout va bien dans le meilleur des mondes. Vous pariez ?

 

Un ancien enseignant Diwan.

A propos de l'auteur

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Ce que vous en pensez
  1. Ian dit :

    Er mare-mañ emañ ar stad c’hall o klask lakaat e pleustr ul lezenn nevez evit lakaat reishoc’h doareoù ’zo er vuhez foran ; ne rafe ket a zroug ober kement e Diwan ivez : re a gargoù etre daouarn un nebeud tud o ren abaoe ur pennad mat…

    Actuellement l’état français tente de mettre en œuvre une nouvelle loi pour moraliser certaines pratiques de la vie publique ; d’en faire autant à Diwan ne ferait pas de mal : trop de responsabilités entre les mains d’un petit nombre aux commandes depuis bien longtemps…

  2. Fanny Chauffin dit :

    Domaj ne vefe ket sinet ar pennad, gwelloc’h eo ma vez sklaer an traoù diouzhtu. Anat eo n’eo ket Diwan bed ar bisounours hag e vo ret stourm c’hoazh hag adarre evit ma yafe war raok. Met Diwan a zo afer an holl, d’an holl neuze, a zo emskiant, d’en em vodan, da glask ober gwelloc’h, da lar an traoù sklaer, evit ma ne vefe ket pismigerien kuzhet o klask jeu, distruj n’en deus morse lakaet an dud da vont war raok…

  3. gwen dit :

    Je suis bien certaine que les “parents omnipotents” laisseraient avec plaisir les rênes aux enseignants s’ils le pouvaient. Mais comme on leur demande d’assurer le financement, il est logique qu’ils aient voix au chapitre.

  4. Bernez dit :

    Réduire les parents à des rôles de collecteurs de fonds est très réducteur ! Je pense qu’effectivement, vous avez bien fait de démissionner. Car le personnel non enseignants dont vous vous dites responsables, est recruté, managé et rémunéré par les AEP, c’est à dire les Parents d’élèves. Non pas que je nie tous les problèmes que vous évoquez, concernant un manque d’homogénéité, par exemple. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de tenter de faire le point sur les règlements de chaque école, afin de tenter une harmonisation, mais beaucoup d’entre elles ont des spécificités difficiles à gérer. Je ne nie pas non plus certains problèmes d’administration qui sont apparues assez criants il y a quelque temps. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Concernant les parents, dont vous semblez regretter la trop grande influence, il ne faut pas oublier que beaucoup donnent, dans les AEP notamment, voir au CA de Diwan Breizh et en commission de celle ci, comme j’ai eu l’occasion de le faire, beaucoup de leur temps bénévolement et pourtant cela représente un investissement important. Il parait donc naturel qu’en retour, ces parents aient leur mot à dire sur le fonctionnement de Diwan. C’est d’ailleurs sur principe qu’a été créé Diwan. Par ailleurs, on pourrait aussi parler de l’investissement des instituteurs. Autant j’ai été très impressionné par l’investissement de certains, ne ratant presque qu’aucune réunion d’AEP, autant on n’en voyait jamais certains, qui partaient en courant dès la fin des cours….
    Je suis par contre d’accord avec vous pour dire qu’il serait nécessaire qu’il y ait une meilleure collaboration entre les syndicats d’enseignants et la direction de Diwan. Sinon, je vous rappelle, pour finir, que le parent d’élève qui est président(e) d’élève est juridiquement parlant, responsable d’un nombre important de choses, notamment sur tous les moments hors scolaires : Cantine, Garderie, Aide au devoir, quand il y en a., managment du personnel non enseignant. Ce sont des responsabilités réelles que tous ou toutes n’appréhendent pas.
    Et, c’est vrai que, parfois, ces responsabilités sont plus ou moins bien partagés avec les instituteurs.
    Et je n’ai parlé des collèges et du Lise, où, pourtant, j’aurais aussi à dire. Je pense que toutes les informations ne sont pas remontées au siège de Diwan, concernant ces établissements…
    Mais, si l’on doit constamment chercher à s’améliorer, il ne faut pas vouloir tout détruire parce que tout n’est pas parfait.
    J’en veux pour exemple, les écoles privées ou, bien pire, publiques …..

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