Historique : l’ONU discute l’interdiction des armes nucléaires

New-York, lundi 27 mars 2017, au moment où la plupart des candidats à l’élection présidentielle française développe leur crédo en la modernisation de l’arsenal nucléaire français par une augmentation des budgets militaires, ce lundi 27 mars s’ouvraient à New-York, les négociations pour un traité visant à l’interdiction des armes nucléaires et à leur éliminations totale.

Dans ce contexte, la France, hélas, faisait encore partie des Etats réfractaires à l’établissement d’un tel traité. Or, En mars 2012, un sondage Ifop/Mouvement de la Paix (en partenariat avec Témoignage chrétien et l’Humanité) faisait apparaître que 81 % des Français désiraient que la France « s’engage dans un processus de désarmement nucléaire mondial et total » et que 64 % ne sont pas favorables à la modernisation des armes nucléaires françaises.

 

Quelles sont les nations qui mènent le processus d’interdiction ? :

La résolution de l’ONU qui a convoqué la conférence de négociations a été soumise par un groupe de six nations : le Mexique, le Brésil, l’Irlande, l’Autriche, le Nigeria et l’Afrique du Sud. Un ensemble de 57 nations a co-porté cette résolution et 123 nations ont voté pour à la Première commission de l’Assemblée générale en octobre.

 

Les Etats détenteurs d’armes nucléaires peuvent-ils entraver le processus ?

 Aucun État n’a le pouvoir de bloquer les négociations. La conférence se déroulera selon la procédure définie dans le règlement intérieur de l’Assemblée générale, ce qui signifie que bien que le consensus sera recherché, aucun État pourra bloquer les négociations par l’utilisation d’un veto.

Que se passera-t-il si les États possédant des armes nucléaires refusent de participer ?

Le mouvement ICAN qui milite pour l’abolition des armes nucléaires croit fermement que les négociations concernant un traité d’interdiction des armes nucléaires doivent avoir lieu, que les États détenteurs de ce type d’armes participent ou non. C’est aussi l’opinion des gouvernements les plus impliqués dans l’avancement des négociations.

Par principe, les armes de nature non-discriminante et pouvant causer des dommages humanitaires effroyables devraient être interdites par le droit international. Le traité proposé placerait les armements nucléaires sur un pied d’égalité avec les autres armes de destruction massive.

ICAN croit que, par sa force normative, le traité influencera le comportement des États dotés d’armes nucléaires même s’ils refusent de s’y associer. C’est ce qui s’est passé lors de d’interdiction des armes chimiques, des mines antipersonnel et des armes à sous-munitions. Le traité pourra également influencer nombre de leurs alliés qui appuient actuellement leur doctrine de défense sur ces armes nucléaires, y compris ceux qui en hébergent sur leur sol.

 

 

 Communiqué d’Ican France

C’est une grande victoire pour toutes les victimes des bombes atomiques, celles d’Hiroshima et de Nagasaki, mais aussi pour toutes les victimes de plus de 2 000 essais nucléaires. « Ce traité va stigmatiser les armes nucléaires qui doivent être clairement mises au ban de l’humanité et il ouvrira la voie vers leur élimination » déclare Jean-Marie Collin, porte parole de la Campagne pour l’élimination des armes nucléaires en France (ICAN France). « Nous portons cette exigence d’interdiction depuis de nombreuses années et la grande majorité des États partage aujourd’hui cet objectif, c’est un moment historique ! »

Depuis 2010, l’Initiative humanitaire, portée par de nombreux pays et des organisations internationales comme le Comité International de la Croix-Rouge, a fédéré une dynamique qui a permis à l’Assemblée générale de l’ONU de décider en décembre 2016, d’ouvrir ces négociations. Lors de trois conférences internationales sur les conséquences humanitaires des armes nucléaires, de nouvelles recherches ont porté à la connaissance des gouvernements et du public les conséquences terribles d’une ou plusieurs détonations d’arme nucléaire sur la santé, le climat, l’environnement et l’économie globale. Elles ont mis en évidence les risques croissants d’une telle détonation, déclenchée volontairement ou par accident. Et vu le peu de progrès réalisés en matière de désarmement nucléaire, en particulier sur l’obligation d’éliminer les armes nucléaires contenue dans l’article VI du Traité de non prolifération en vigueur depuis 1970, un traité d’interdiction viendra remplir le vide juridique et dire enfin le droit. Les autres armes de destruction massive, les armes biologiques et chimiques, font déjà l’objet d’une interdiction, qui a précédé leur élimination totale. (Ces armes sont interdites, leur nombre a bien été réduit, mais elles n’ont pas été totalement éliminées. Des armes chimiques ont été récemment utilisées en Syrie.)

Alors que l’horloge de l’Apocalypse des scientifiques nucléaires vient d’être avancée vers l’heure fatidique compte tenu des tensions et des projets de modernisations des pays nucléaires, la France, à l’instar des autres puissances nucléaires ,a pour l’instant indiqué sa volonté de boycotter ces négociations.

C’est un aveu de plus de leur désir aveugle de garder indéfiniment ces armes terribles. Mais en ouvrant ces négociations, la communauté internationale reprend la main et fait entendre son inquiétude et sa volonté de protéger les générations futures de la pire catastrophe instantanée qui puisse se produire.

Avec ce nouveau traité — qui sera négocié en mars et en juin/juillet 2017 —, la communauté mondiale des opposants aux armes nucléaire se renforce, et l’impact d’un traité d’interdiction permettra d’accentuer la pression sur les possesseurs d’armes nucléaires, afin qu’ils négocient enfin leur élimination.

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