Fiasco industriel : Décret d’autorisation de création de l’EPR prorogé de 3 ans, une marge illusoire pour un réacteur à abandonner d’urgence

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Flamanville, mercredi 29 mars 2017, Par un décret lapidaire du 24 mars 2017, le gouvernement a prorogé de trois ans le délai de construction prévu par le décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville pour effectuer le premier chargement en combustible du réacteur. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ conteste fortement cette énième concession à une industrie nucléaire en déroute et envisage d’attaquer ce décret en justice. Cher, inutile et dangereux, l’EPR doit être abandonné !

Communiqué de presse Sortir du Nucléaire

Décret d’autorisation de création de l’EPR prorogé de 3 ans : une marge illusoire pour un réacteur à abandonner d’urgence

Une marge supplémentaire pour un réacteur dangereux

Publié le 11 avril 2007, le décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville spécifiait que le premier chargement en combustible du réacteur devait être effectué dans les dix ans à compter de cette date. À défaut, il serait caduc et EDF devrait initier une nouvelle procédure comprenant une enquête publique afin d’obtenir un nouveau décret d’autorisation de création.

Depuis, retards et malfaçons se sont accumulés, tout comme les éléments accablants sur les défauts de l’EPR. Risque d’explosion de vapeur lié à la conception du « récupérateur de corium »,vulnérabilité au crash d’un avion de ligne, mode de pilotage susceptible de favoriser les accidents, sans compter les défauts de la cuve, qui est déjà installée et impossible à démonter : à ce jour, de nombreux problèmes n’ont toujours pas trouvé de parade.

Dix ans après, le réacteur, qui a vu ses coûts tripler, n’est toujours pas achevé. La logique imposerait d’abandonner ce projet inconstructible et dangereux. Mais le gouvernement a préféré proroger ce délai de trois ans par décret, en vertu d’une piteuse concession faite à EDF pour lever l’une des étapes en vue de la fermeture de Fessenheim.

Achever l’EPR… à quel prix ?

Au vu du retard sur le chantier et des nombreux problèmes toujours pendants (dont en premier lieu la défectuosité de la cuve, qui devrait à elle seule interdire la mise en service du réacteur), il apparaît peu réaliste que ces trois années supplémentaires permettent son achèvement effectif.

EDF cherche-t-elle à reculer l’échéance pour éviter de regarder son fiasco en face ? Ou continue-t-elle de tabler sur une mise en service coûte que coûte pour sauver l’image de l’EPR, quitte à sauter les étapes, n’effectuer que des vérifications de façade et faire pression sur l’Autorité de sûreté nucléaire pour obtenir l’homologation de la cuve ?

Les milliards déjà engloutis ne sauraient servir de prétexte pour justifier l’achèvement à tout prix d’un réacteur aussi dangereux, dont les coûts n’ont d’ailleurs pas fini de dériver. D’autres pays, comme l’Allemagne ou l’Autriche, ont bien su arrêter à temps des chantiers de réacteurs nucléaires. Plutôt que de céder aux caprices d’une industrie à bout de souffle, en la laissant s’enfoncer encore plus, le gouvernement aurait mieux fait de mettre en œuvre une véritable transition énergétique.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“, qui appelle les candidats à la présidentielle à mettre fin au fiasco de l’EPR, envisage de déposer un recours devant le Conseil d’État pour contester ce décret absurde.

Consulter notre dossier sur les défauts de l’EPR : http://www.sortirdunucleaire.org/EPR-de-Flamanville-le-fiasco-industriel

1 COMMENTAIRE

  1. Pour les Bretons, j’ai de bonnes raisons de penser qu’ils auront à coeur de modifier leur mode de consommation énergétique, la solidarité est forte et on sait se motiver, mais le reste de la France n’en n’a rien à foutre, aucune action région centre pour les vieilles centrales de la Loire, la pire étant Chinon Avoine, ni en Normandie, et si on s’est battus pour ne pas avoir cette merde, en cas de pépins, toute la Bretagne de Basse Loire serait foutue jusqu’à la mer.
    Quand aux fameux déchets beaucoup sont enfouis vers le pays natal à Ayrault avec les applaudissements des Angevins, mais à la frontière de la Bretagne et ses nappes phréatiques.
    Mais se passer de l’électricité nucléaire c’est pas facile, une installation solaire de l’ordre de 30000€ une chaudière à cogénération aussi et des complications d’utilisation

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