Fermer Fessenheim ? Vote du CA d’EDF aujourd’hui …

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Le conseil d’administration d’EDF devrait voter la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, aujourd’hui, 6 avril. Ce CA est composé de 6 administrateurs indépendants, 6 administrateurs délégués par les salariés, et 6 représentants de l’Etat.

Ségolène Royal exige que le gouvernement signe le décret d’arrêt définitif sitôt le vote acquis – s’il l’est.

Les administrateurs indépendants d’EDF sont très réticents à prendre une décision qu’ils voient comme une perte de bénéfice, à moins d’obtenir des garanties financières. Or, il suffit qu’un seul d’entre eux s’y oppose ou s’abstienne pour que la fermeture soit remise en question.

Le 24 janvier, le conseil d’administration avait déjà rechigné avant d’accepter l’indemnisation du préjudice économique supposé lié à la fermeture de la centrale. Le plan comporte une indemnisation fixe de près d’un demi-milliard d’euros, auxquels s’additionnera une somme basée sur l’évolution du coût de l’énergie, jusqu’en 2041 (la centrale aurait-elle dû durer encore 24 ans ?).

Ce vote avait été acquis malgré le vote de refus des six administrateurs salariés, mais grâce aux voix des six indépendants, dont celle de M. Lévy, PDG d’EDF, qui tranche en cas d’égalité. Les 6 administrateurs issus de l’Etat n’avaient pas pris part au vote au vu du conflit d’intérêts.

Les administrateurs indépendants veulent surtout s’assurer que la capacité de production du parc nucléaire reste voisine des 63,2 gigawatts actuels. L’Etat a déjà concédé de compenser la fermeture de Fessenheim par la mise en service de l’EPR de Flamanville (annocée pour 2019, mais assez peu probable dans les faits).

Le candidat Macron (probable futur président de la France) se dit favorable à l’arrêt de Fessenheim, comme l’avait été le candidat Hollande en 2012. Ce point, qui lui avait valu le soutien des Verts, avait été trahi dès 2013. Le même accord qui prévoyait la réduction de la part du nucléaire dans la production électrique de 75 % à 50 % en 2025, qui passait par la fermeture « progressive » de 24 réacteurs (sur 58) et l’arrêt « immédiat » de Fessenheim.

Comme à l’accoutumée, la CGT-EDF s’oppose au projet, parlant de la perte d’emploi (des 850 salariés et des 1 200 autres emplois indirects). Les partisans de la fermeture rappellent que les travaux de démantèlement et la reconversion dans les énergies renouvelables, fermer la centrale apportera plus d’emplois qu’elle n’en fera perdre.

Le maintien de Fessenheim, pourtant, coûte cher. En 2011, 300 millions d’euros ont été investis pour répondre aux demandes de l’ASN de tenir compte de la situation de la centrale sur une faille sismique et en zone inondable.

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