Législatives : Bertrand Deléon et Sabrina Marc abandonnent et conseillent leur électorat de voter Oui la Bretagne.

0

Vannes, lundi 8 mai 2017,

 Législatives : Bertrand Deléon et Sabrina Marc abandonnent et conseillent leur électorat de voter Oui la Bretagne.

Au lendemain de l’élection de la présidence de la France, le courant indépendantiste breton passera à côté d’une opportunité historique pour les Législatives : celle de tirer parti de la fin du bipartisme politique tant attendu. Dans la première circonscription du Morbihan, nous nous trouvons face à un PS dévasté, une droite dont les barons indévissables jusqu’alors sont renversés. C’est la fin de l’ère Marcellin-Goulard.

Toutefois, on ne se débarrasse pas comme cela de ceux qui confisquent la démocratie : les formations au pouvoir ont assuré leur filiation par la création de l’avatar Macron, nourri par un faisceau d’intérêts politiques et économiques dont l’enjeu des protagonistes est leur survie politique. Les forces déployées pour imposer cette nouvelle structure polymorphe sont colossales : financement aussi pharamineux que mystérieux, une savante orchestration des peurs et de l’inconnu, des médias tenant à leurs subventions… Pour la Bretagne, cette élection marque le renforcement des ultras du centralisme français tel Richard Ferrand, Jean-Marc Ayrault…

Malgré cet état de fait, après deux années de communications relatives à notre candidature aux Législatives dans la première circonscription du Morbihan, ma suppléante et moi avons décidé de nous retirer de la course des Législatives.Non sans grand regret car aucun candidat ne répond aux enjeux de la société bretonne et à sa nécessaire souveraineté comme aboutissement. Cette décision est motivée par deux cruels constats : face à la multiplication de candidats « aux couleurs bretonnes » dans notre circonscription d’une part, puis en étant confronté à un budget de campagne insuffisant, d’autre part, pour faire aboutir des candidatures dépassant l’habituelle figuration inhérente aux candidats bretons. Il nous a semblé préférable de ne pas faire une demi-campagne dans ce système injuste où seuls les gros appareils politiques déjà bien installés peuvent assurer leur lignage.

Je me suis présenté à diverses élections depuis presque 20 ans et dois me rendre une nouvelle fois à l’évidence que la dynamique ancienne est régulièrement brisée par le manque d’unité et la dispersion de militants bretons dans l’illusion du politiquement correct, la peur de s’affirmer et le choix d’alliances peu glorieuses. Dans ce contexte, notre ambitieux projet pour les Régionales en 2015 marquera une étape historique dans l’affirmation de la Bretagne en tant que nation mais hélas… le manque de moyens financiers fera que les bulletins n’étaient parfois ni dans les boîtes aux lettres ni dans les bureaux de vote. Après des Législatives, Cantonales, Municipales, Départementales, j’avais eu l’honneur de conduire cette liste présentant dignement à nos compatriotes la voix de l’indépendance, en toute sincérité et sans ambigüité. Le jeu politique détestable et au-dessus duquel je resterai toujours a fait barrage à cette possibilité cette fois.

La Bretagne a besoin d’un programme ambitieux, privilégiant l’ensemble de ses habitants dans l’accès à l’emploi, à la propriété et pensant une société bretonne dotée d’un solide service public, de sa propre couverture sociale à l’image de la responsabilité et de la générosité des Bretons. Notre Bretagne lèvera ses impôts et les investira comme elle le souhaite ; sa société sera tournée vers la terre et sa remarquable façade maritime ; sa gouvernance défendra ses agriculteurs, ses artisans, ses professionnels de la mer et son formidable réseau de PMI-PME. La Bretagne a besoin d’élus pratiquant une résistance active en ce sens et effective sur le terrain au quotidien. Comme le font actuellement les Catalans, les Basques de la communauté autonome, nos cousins gallois, les Ecossais… Ils sont sur le chemin de la Liberté et celui d’une autre Europe ! Il s’agit d’une urgence de protéger les Bretons, de défendre les enjeux de la péninsule sur l’arc atlantique, en se détournant d’un Etat aux intérêts opposés aux nôtres. Le chômage ne cesse de grimper, les jeunes s’exilent plus que jamais, il faut impérativement construire le pays indépendant et vivant auquel la Bretagne aspire depuis trop longtemps.

Faute de pouvoir apporter notre voix à un tel programme, nous appelons à voter pour des candidats aux aspirations régionalistes à autonomistes afin de montrer que le peuple breton a toujours un cœur qui bat. Les candidats de Oui la Bretagne avaient joué la carte de la désunion au moment des Régionales mais avaient pourtant su localement travailler en bonne intelligence pour les élections départementales en Morbihan. Je les avais d’ailleurs soutenus dans les circonscriptions limitrophes de Vannes alors que je me présentais en Vannes-Centre. Le Parti Breton qui a brisé cette ascension locale unitaire présentera quant à lui un candidat opportuniste. Ce dernier a en effet été tour à tour élu sur une liste du Parti Socialiste, puis candidat sur la liste des dissidents historiques du PS local avant de soutenir aux Régionales « Les Républicains » de Marc Le Fur puis récemment La France en Marche d’Emmanuel Macron pour les Présidentielles. Régulièrement candidat en face du PB, cette girouette sera cette fois porteur d’un programme citoyen confus, aussi vide que fransquillon. Or vous savez que sortir de l’affairisme et de la corruption a toujours été une de mes priorités électorales.

Ainsi, l’entente AES eo ! (Ambition, Emploi, Solidarité) que nous représentons appelle ses électeurs à reporter leurs voix sur les candidats d’ Oui la Bretagne dans la 1ère circonscription du Morbihan. Nous devons poursuivre en parallèle la construction d’un large mouvement indépendantiste breton capable de trouver sa place dans la nécessaire union bretonne aux prochaines échéances électorales.

 

Bertrand Deléon.

Sabrina Marc.

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here