Législatives 2017 : Oui la Bretagne répond au collectif pour l’énergie citoyenne

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Lorient , mardi 6 juin 2017,  Oui la Bretagne répond au collectif pour l’énergie citoyenne :

 

J’ai été contacté récemment par le collectif pour l’énergie citoyenne afin de savoir si je soutenais un manifeste dont il est l’auteur. Voici ma réponse.

La politique énergétique de la France n’a absolument jamais été débattue par les citoyens. Jamais ces derniers n’ont pu exprimer leur opinion sur le choix du nucléaire et ses conséquences démocratiques, financières, écologiques de cette énergie. Ni sur sa dangerosité, bien sûr…

Adhérent de l’Union démocratique bretonne (parti politique de gauche et fédéraliste par ailleurs adhérent à Enercoop), je m’oppose catégoriquement au nucléaire qui est une énergie extrêmement centralisée à l’image de la France. Je me présente à cette élection avec une ligne directrice fédéraliste, c’est à dire non plus autoritaire, mais démocratique. En matière énergétique, je ne peux donc que souscrire à votre souhait de relocaliser la production énergétique via la multiplication de projets citoyens car selon moi, le nucléaire n’assure pas l’indépendance énergétique du pays. Pire, il le condamne à perpétuer des pratiques néo-coloniales pour extraire de l’uranium.

On dit souvent que la Bretagne n’est pas indépendante énergétiquement. Encore faudrait-il qu’elle puisse avoir les moyens politiques et financiers de décider de sa politique énergétique plutôt que d’investir de manière cosmétique dans les projets d’énergies renouvelables. Face à ce faible investissement, des milliers de citoyens réagissent pour essayer d’accélérer la transition énergétique. J’ai moi-même investi dans le parc de Béganne il y a plusieurs années. Mais j’ai bien conscience que ce n’est pas suffisant. Il y a donc tout à faire à l’Assemblée.

Cependant, même si je souhaite faciliter au maximum la possibilité pour les citoyens de s’engager eux-mêmes dans la production d’énergie renouvelable, force est de constater que cette possibilité n’est offerte qu’aux populations qui en ont les moyens. Aussi, je ne conçois pas une politique énergétique qui ne s’appuie que sur la bonne volonté du « peuple ». La puissance publique doit être pleinement engagée dans la transition énergétique en investissant massivement dans la recherche écologique, en augmentant les budgets des collectivités afin qu’elles mènent, sur les territoires, des appels d’offre plus adaptés et auxquels les artisans locaux plutôt que les multinationales pourront répondre.

Atteindre 15 % d’énergies renouvelables entre les mains des citoyens et des collectivités territoriales d’ici 2030 comme vous le proposez me semble un objectif trop peu ambitieux. 13 ans, c’est-à-dire entre deux et trois mandats législatifs, sont largement suffisants pour renverser les ratios nucléaire/énergies renouvelables. Le scénario Négawatt a désormais démontré que la sortie du nucléaire est possible et plutôt rapidement. Cela passera, à mon avis, par la relocalisation de l’action publique car l’écologie planifiée depuis l’État est une chimère. Il suffit de tourner les yeux vers l’Écosse pour comprendre qu’un pouvoir régional est tout à fait apte à être en pointe en matière énergétique (je pense notamment aux hydroliennes, mais le solaire est aussi tout à fait au point). Cela suppose également une véritable politique d’économie d’énergie à toutes les échelles de la société. C’est cela qu’il faut engager, notamment à l’échelle communale, c’est à dire la plus locale possible.

L’émancipation passant par la responsabilisation, il est tout à fait logique que les citoyens prennent de toute leur place dans la création de cette nouvelle politique. Il faudra donc adapter le cadre législatif comme vous le proposez pour faciliter les dossiers administratifs et modifier quelques règles, notamment sur la production individuelle d’énergie. Les collectivités doivent montrer l’exemple ce qui permettra, outre une économie financière sur le long terme, de faire baisser les coûts afin que d’autres citoyens puissent investir. Il va sans dire que des aides devront également être possible. Il en va de l’urgence climatique.

D’une manière générale, mon modèle économique idéal est celui de l’auto-gestion. L’économie basque et ses coopératives est un bon exemple même s’il convient de rester prudent sur les modèles théoriques (on voit ce que sont devenues certaines coopératives agricoles en Bretagne qui n’ont plus rien de coopératif !). La démocratie suppose l’investissement des citoyens et je compte bien, en tant que député, faire en sorte que ceux-ci soient beaucoup plus investis dans la société.

Nous avons en Bretagne la volonté, le savoir-faire, les entreprises (je pense à Sabella), les éléments. Tout pour gagner notre autonomie énergétique… tout sauf le pouvoir de la réaliser ! C’est aussi cela que je souhaite changer.

Gael Briand

candidat Oui la Bretagne / UDB dans la 5e circonscription du Morbihan

(Lorient-Lanester-Groix-Larmor-Plage-Ploemeur)

 

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