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Publié le: ven, Juin 9th, 2017

Oui la Bretagne : La langue bretonne est un outil de développement local

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Lorient , mardi 6 juin 2017, pour “Oui la Bretagne”, La langue bretonne est un outil de développement local

 

Le grand public a du mal à considérer la langue bretonne autrement que comme une « langue régionale ». Or, elle est bien plus que cela : le breton est une langue… tout court. Si bien que son potentiel de développement est énorme puisqu’il reste tout à faire ! On peut en effet vivre en breton au même titre que l’on vit en français. C’était d’ailleurs l’ambition de la fête nationale de la langue bretonne qui a eu lieu à Langonnet fin mai.

La réunification administrative de la Bretagne de même que la langue bretonne sont pour moi des évidences. Plutôt que de les aborder de manière thématique, j’ai toujours choisi de le faire de manière transversale. En parlant de Bretagne sans me référer uniquement à l’administration pour commencer, mais aussi en parlant breton, tout simplement. La langue bretonne n’a rien d’une bizarrerie de la culture française, elle est au contraire le pivot d’une autre culture, différente, qui cohabite sur un même territoire, le sien, la Bretagne. Cela étant dit, l’assimilation est si aboutie en Bretagne que sa langue y est marginalisée et sa culture en partie folklorisée. Cela, je ne l’accepte pas.

Mon parti, l’Union démocratique bretonne, est souvent perçu comme un lobby. Au contraire, nous avons à cœur de ne pas nous arrêter aux questions dites « bretonnes ». D’ailleurs, celles-ci ne le sont pas étant entendu qu’elles concernent la diversité linguistique et culturelle mondiale. Si la langue bretonne mourrait de sa belle mort parce que personne ne voulait plus la parler, qu’aurais-je à dire ? Mais ce n’est pas du tout la réalité. Le fait de ne disposer d’aucun droit, de ne pas être officielle, fragilise notre langue et ne fait reposer sa survie que sur le militantisme et parfois le dévouement de quelques milliers de militants. Certes, cela a l’avantage de ne pas institutionnaliser de trop la culture bretonne, mais l’effort bénévole est souvent réduit à néant par une simple décision administrative (fermeture d’une classe par exemple).

Il y a un monde à construire en breton. Je prendrais un seul exemple pour illustrer cette affirmation : les médias. On sait pertinemment que l’environnement est primordial pour l’apprentissage. Or, aujourd’hui, entendre du breton relève du parcours du combattant pour qui ne dispose pas d’un réseau d’amis ou de parents brittophones. France 3 n’est hélas pas une véritable chaîne régionale, ses programmes sont de plus en plus nationalisés, y compris pour les débats électoraux. Régulièrement, les rares émissions en breton sautent pour faire place à du sport quand cela est « nécessaire ». Malgré un personnel (que l’on connaît) compétent, il est clair que le breton n’est pas la priorité de cette chaîne. Encore moins des autres… Face à ce constat, une offre privée a vu le jour : Brezhoweb. La puissance n’est pas la même, mais la créativité mérite d’être saluée. En matière radiophonique, la Bretagne dispose de tous les atouts, toutes les ressources, tout le savoir-faire, de tout le matériel nécessaire pour créer une radio qui émette sur l’ensemble de son territoire. Radio Breizh est un embryon, mais le manque de moyens est criant. Quant à la télévision publique, la Loire-Atlantique n’y a même pas accès.

Lorient, ma circonscription, disposait jusqu’à il y a peu d’un pôle audiovisuel en breton… que l’agglomération a laissé partir ! J’avoue ne pas comprendre ce mépris pour une activité économique de haute valeur ajoutée qui, on le sait, est amenée à se développer dans les prochaines années. Un tel pôle était l’assurance d’une vie culturelle et économique en breton dans un pays où le chômage est élevé et où l’offre en breton est relativement faible. Quimper s’est aujourd’hui positionnée pour accueillir cette activité économique à venir. Étant opposé à la compétition entre les territoires, j’ai envie de dire « tant mieux », mais j’ai le sentiment que ma ville rate une fois de plus une occasion d’aller plus loin que quelques panneaux bilingues et trois mots de breton durant le Festival interceltique. S’affirmer « capitale de la Celtie » pendant 10 jours sans rien faire le reste de l’année me semble un gâchis énorme. Et le pire, c’est que ce gâchis est dû uniquement à un désintérêt total pour tout ce qui touche au monde en breton. Pourtant, le breton est un outil de développement local et non délocalisable.

Ur yezh bev a zo e Breizh. Brezhoneg e anv. Plij a rafe din gwelout anezhi mont war-roak ha setu perak e stourmañ evit ma vefe roet gwirioù dezhi. Spi ‘m eus e ‘vo speredekoc’h politikerien deus amañ met gav ket din siwazh. Gant Oui la Bretagne / Ya Breizh e c’hallit votiñ evit tud entannet gant hor sevenadur hag hor istor. Arabat gortoz ha krediñ e ‘vo savet ur bed diheñvel gant reoù o deus savet ar bed mañ ! Ni hon eus c’hoant reiñ un dazont d’ar brezhoneg.

Gael Briand

Candidat aux élections législatives sur le circonscription de Lorient

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