Le tilde ou le versant totalitaire de la démocratie française.

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L’affaire du prénom fañch et de son tilde n’est pas anecdotique ou ridicule comme voudrait nous le faire croire la pensée commune. Elle est bien plus qu’une simple question orthographique dont les français se délectent d’ordinaire. Elle incarne le basculement totalitaire de la démocratie française. Rien que ça. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’histoire qui nous enseigne que la démocratie recèle toujours un versant sombre, ce qu’elle rejette à l’extérieur d’elle-même comme ces Indiens dont le grand démocrate américain Jefferson jugeait qu’ils devaient être exterminés au nom du bien commun. La démocratie française recèle comme sombre versant une dynamique colonisatrice dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle figure dans l’impensé national. Le malaise est profond, en ce que la nation France s’est construite sur la mort des vieux peuples breton, Occitan, flamand, corse, catalan etc….. Ce meurtre fondateur se retrouve encore dans le droit français dont la tradition constitutionnelle affirme l’unicité du peuple français. Selon cette idéologie implacable, le droit français recèle tout un corpus de règles éparses célébrant l’exclusive de la langue française et qui pourraient bien fonder la décision des juges quimpérois pour bouter hors de l’état civil nos prénoms coupables d’hérésie orthographique et bretonne. Convenons aussi que nos juges quimpérois pourraient fort bien opter pour l’ouverture, en fondant leur décision sur la diversité culturelle internationalement protégée comme sur la nécessité de protéger nos langues partie prenante du patrimoine national. Après tout, la République a dû admettre la légalité de nos prénoms bretons.

Mais rien n’est moins sûr. Les magistrats forment l’élite de la nation. Parisien d’origine pour la plupart, sinon dans l’esprit, ils connaissent peu de choses du peuple et du territoire où ils ont l’honneur de siéger. Alors devons-nous prendre le risque d’attendre sagement que leur décision revête de l’onction de la justice le rejet de nos prénoms breton ? Le Goarnig qui fit de ce combat celui de sa vie se retournerait dans sa tombe.

Au sein d’un ordre hostile, il n’est qu’une seule manière pour un peuple de défendre ses intérêts fondamentaux, surtout lorsque ces derniers sont également ceux de l’humanité, c’est la résistance. Résister c’est être capable d’afficher sa détermination en recourant aux moyens que la démocratie tolère. La résistance devient même un devoir lorsqu’il s’agit de lutter contre toute dérive de nature totalitaire. Avec le rejet de nos prénoms dans leur orthographie bretonne à l’état civil, nous sommes bien dans une telle dérive, même si l’enjeu peut sembler dérisoire aux yeux de certains.
Mais la résistance est un esprit qu’il faut savoir cultiver précieusement, surtout lorsqu’il subit la concurrence de l’esprit de suffisance qui se développe en Bretagne. Ainsi la Bretagne serait moins une blessure, une cause à défendre, qu’un lieu où règne la satisfaction du bon vivre, où les nouveaux bobo-bretons de Paris débarquent à Huelgoat pour y répandre ce que l’on pense et aime dans la capitale…Et tant pis si notre langue est en train de crever, si nos jeunes sont contraints de s’expatrier, puisque Bretagne est belle, prospère et que nos grands élus font de si belles choses pour la république. La Bretagne recèle de belles et nobles vertus, c’est évident, mais elle est surtout un combat de tous les instants, une terre de résistance au service de sa culture et de son économie. C’est aussi pour cela que nous l’aimons. Alors n’attendons pas que le bon juge quimpérois jette l’onction démocratique et judiciaire sur le rejet de notre langue. La pétition et les communiqués divers sont de peu de poids au regard de la force de l’image. Et si nous manifestions bruyamment à Quimper, début septembre pour que nos juges, la République et l’opinion publique international, sachent que les Bretons ne lâchent jamais rien, surtout lorsqu’il s’agit de lutter contre le versant totalitaire de la démocratie française ? Le tilde, que l’on ne saurait voir par ici, le vaut bien. C’est par lui qu’il convient de penser le système France.

1 COMMENTAIRE

  1. Les Bretons doivent se saisir du jugement de la Cours Nationale de la Haye pour confondre le parquet de QUIMPER.La Loi sur les Prénoms , l’orthographie des langues sont irrévocables! La résistance des années 60 pour défendre ce droit des prénoms doit plus que jamais revenir dans les esprits et renforcer cette identité Bretonne que Paris, depuis des décennies,voire des (siècles ! ) veut rayer de la carte….. Résistance, résistance…!

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