Suppression des contrats aidés à Diwan : juin 2017, Paul Molac député LREM, élu dès le 1er tour

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Point de vue

par Bertrand Deléon

Suppression des contrats aidés à Diwan : juin 2017, Paul Molac député LREM, élu dès le 1er tour

 

M. Molac est sans conteste un homme sincère, un militant à sa façon : il parle et il chante en breton, en gallo, il s’investit sur tous les terrains pour la Bretagne…

Mais, il se trompe. Il se trompe et il trompe.

Aujourd’hui, la baisse régulière des dotations aux collectivités, entamées par le PS, l’UMP-LR et poursuivie par la fusion des deux, LREM ; la pénalisation des travailleurs retraités par la hausse de la CSG ; le financement du grand Paris qui nous ruine déjà depuis des décennies, son accélération en vue des JO de 2024… sont bien la cause des partis centralistes français. Plus précisément, c’est surtout le fait de ses soutiens : l’électorat qui oriente les voix vers ces partis, qui les plébiscitent.

M. Molac est brillant. A l’époque où il se présentait sous l’étiquette du précédent parti gagnant, le PS, il a fait résonner le breton à l’Assemblée… Tout un symbole, notre langue dans l’hémicycle du pouvoir français, à Paris. C’est historique, on a l’impression de tout avoir gagné ; ça rassure et surtout, ça endort, jusqu’à une profonde léthargie.

Pendant ce temps, les communes sont ruinées par la confiscation du bénéfice de nos impôts pour cette France centraliste, son Grand Paris, ses coûteuses réformes financées localement (les TAP par exemple), ses guerres, sa dette… Les villes intérieures se vident, les agriculteurs se suicident, les jeunes partent tenter leur chance ailleurs, le littoral est vendu au plus offrant, etc, etc… La politique Macron ne fait que renforcer la précédente.

Maintenant, dans cette dépendance forcée, la suppression des contrats aidés dans les écoles Diwan et ailleurs risque de faire tomber les derniers pans de notre identité, notre ciment historique et culturel : notre personnalité collective et notre force morale. Et, la mesquinerie, pourtant manière éculée de procéder qui fera passer le tout : la réforme en plein mois d’août !

Les ¾ du budget la culture resteront à Paris, nous mangerons les miettes, et encore…

Alors, Mesdames et Messieurs, quand la démocratie n’est plus que de façade et que nous risquons de disparaître, il vous reste votre ultime arme ; le dernier rideau de démocratie qui fonctionne encore un peu : le bulletin de vote !

 

Marcher avec, contre ou marcher pour ?

Le Breton s’est habitué à marcher avec, dans le sens de la marche, pour lutter contre au final. L’exemple des contrats aidés est édifiant : en marche avec Macron, même localement, puis on prendrait presque plaisir à nous mobiliser contre chaque décision. A juste titre, mais pourquoi ne pas marcher pour la Bretagne, pour le peuple, pour l’indépendance ?

Ici, on va se battre pour conserver des contrats aidés, au lieu de trouver les finances pour mettre en place des contrats stables, des CDI, avec un statut global pour tous les employés non enseignants des écoles ; là, on va manifester pour la réunification administrative de la Bretagne en présentant les élus des partis responsables sur scène, en leur donnant la parole jusqu’à plébisciter leur « force de changement »… En réalité, on maintient le processus de destruction de la Bretagne.

Et si les mêmes énergies se mobilisaient pour un grand parti breton ? Les mêmes engagements sans dispersion, les mêmes espoirs, les mêmes investissements en temps et en argent pour aller dans le sens de l’Ecosse, de la Catalogne, du Pays de Galles, du Pays Basque, de la Flandre, des nombreuses nations de l’Est qui ont déjà gagné.

A 5 %, les « Paul Molac » seraient même plus nombreux. A 10 %, les avancées libératrices seraient inexorables. Un peu comme le breton dans les filières publiques et privées catholiques : s’il n’y avait pas eu Diwan, il y a fort à parier que ça n’aurait pas avancé ailleurs.

Alors, chiche ?

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