A quand un Puy du Fou breton ?

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TRIBUNE  LIBRE

A quand un Puy du Fou breton ?

 

 

En 2014, Tudwal Ar Gov se demandait sur Ar Gedour :

Imaginons maintenant, à la manière du Puy-du-Fou et du Domaine de la Chabotterie, non pas un parc de manèges, mais un domaine retraçant ainsi l’Histoire de la Bretagne, un parc que les Bretons pourraient s’approprier et qui serait leur fierté, tout en montrant au monde la richesse de leur histoire. Un lieu où adultes et enfants redécouvriraient une histoire trop longtemps effacée ou transformée par plusieurs siècles de besoins idéologiques.

Mais ce projet ne pourrait se faire à moitié. Je suis persuadé, au vu du succès de la Vallée des Saints, que certaines entreprises et institutionnels pourraient être de solides partenaires pour un tel projet qui, au-delà de l’aspect culturel, serait aussi un réel atout économique ! Quelque chose se créé actuellement à Vannes, et un autre projet se profile, mais y aura-t-il l’envergure d’un Puy du Fou, avec la volonté de structurer et d’enraciner les choses, capable de drainer les écoles et les autres, pour refaire prendre conscience de l’histoire du peuple breton, puisqu’il ne peuvent l’apprendre à l’école ? Après les formations de dressage et l’académie équestre, la mise en place de section de recherches pour des nouvelles technologies utilisées sur le Grand Parc ou lors de la Cinéscénie, le Puy du Fou vient d’ouvrir une école permettant de former les enfants qui seront l’avenir de cette aventure. La Bretagne ne pourrait-elle pas s’en inspirer ?

Alors que le célèbre parc vendéen, reconnu à travers le monde au point de se décliner en Hollande, en Angleterre, en Chine ou en Catalogne, vient de fêter en juin ses 40 ans par une superbe cérémonie mettant en valeur l’Histoire de France et de la Vendée, en présence de milliers de spectateurs, des 4000 puyfolais, d’un orchestre philarmonique, d’un bagad et… de Carlos Nuñez himself (cf vidéo ci-dessus).

La question se pose véritablement : la Vallée des Saints attire de plus en plus de monde et fait connaître au plus grand nombre les saints fondateurs de Bretagne. Les milliers de figures qui par leur exemple ont profondément imprimé la matière de Bretagne. La cité de la paix, qui évoquera les milliers de missionnaires bretons des 19è et 20è siècles est en cours de création. L’Oeuvre de St Joseph prend possession de plusieurs chapelles à travers la Bretagne, émaillant le territoire d’un réseau amenant à raviver certains aspects spirituels. Cela n’est pas sans rappeler le souhait des refondateurs de Landévennec et de Boquen qui devaient devenir des kalonoù Breizh, des coeurs spirituels de Bretagne.

D’autres initiatives de qualité voient le jour comme le son et lumière de l’abbaye de Bon-Repos ou encore celui de Sainte Anne-d’Auray. A Vannes, le Kêr s’est créé mais pourquoi ne pas voir plus grand ?

Mais quand les grandes fortunes bretonnes se rassembleront-elles, quand chaque breton se bougera-t-il pour accoler à ces initiatives un Puy du Fou à la bretonne ? Notre histoire et notre imaginaire breton sont si riches qu’il y a de quoi proposer quelque chose de formidable, bien différent de l’intéressant projet Avalonys en cours de développement, ou d’un seul son et lumière, fut-il très beau.

L’aventure du Puy du Fou n’est à la base pas d’esprit commercial, même si le succès est indéniable aujourd’hui. Il y a autre chose derrière : un esprit qui a fait l’âme du Puy du Fou et est sans nul doute la cause de ce succès et de sa pérennité. Et à ce sujet, Philippe de Villiers disait lors de la cérémonie des 40 ans qu’il faut que ce projet soit un acte d’amour, avec ce feu créatif digne de ce que le Puy du Fou a pu montrer à travers ces quatre décennies, développant des projets hors-normes y compris au niveau technologique. Il faut, précise-t-il, une incandescence des âmes capable de soulever les bonnes volontés, à même de suivre un chef au charisme créatif. Il faut aussi une mystique de l’oeuvre, et être capable de mettre ce projet au-dessus de nos destins personnels. Le fondateur du Puy du Fou ajoutait que cette oeuvre nous surpasse, nous dépasse et nous survivra, et précisait que “l’aventure du Puy du Fou est un acte de civilisation intime, un acte de ré-enracinement dans une société mondialisée, nomade, désaffiliée, qui perd ses balises”.

Alors même que l’idéologie de l’époque était de faire du passé table rase, le Puy du Fou a émergé de la terre vendéenne grâce à cette volonté et à cette mystique, grâce à une idée qui en 40 ans ne s’est jamais perdue, grâce à ce besoin d’histoire et d’enracinement qui explique le succès du parc. La Bretagne a besoin de cela. Le besoin d’histoire et d’enracinement des Bretons est grand ! La Bretagne est capable de cela. Il ne ‘agit pas de copier ou de concurrencer le Puy du Fou mais de miser sur l’avenir de la Bretagne par une recette qui gagne. Non pour un intérêt commercial, non pour des intérêts financiers, mais simplement parce que créer un tel parc c’est, j’en suis convaincu, donner aux générations l’un des plus beaux cadeaux qu’on puisse lui offrir pour son avenir. Il faut que chaque enfant, cette génération à venir et sur laquelle nous pouvons compter, puisse reprendre conscience de l’histoire de Bretagne dépassant de loin l’histoire officielle apprise dans nos écoles. Que cette histoire dont les Bretons n’ont pas à rougir soit partagée au monde. Et pour cela, faire sortir de terre une sorte de Puy du Fou breton est une piste qui ne peut être négligée.

L’article de 2014 nous avait valu des courriers intéressants de certains de nos lecteurs. “Si Ar Gedour lance le projet, on est prêt à aider !” disaient-ils.

Que la volonté d’un succès commercial soit au rendez-vous, cela est important. Mais l’essentiel est ailleurs et les fondateurs du Puy du Fou l’ont bien compris. Certes, il existe des freins à un tel projet. Les freins sont le plus souvent les suivants : la volonté et l’argent. Mais s’il y a la volonté, l’argent se trouvera sans problème. La volonté, nous l’avons ! Que chaque breton s’implique dans un tel projet, même à son humble niveau, et nous serions capables de soulever des montagnes. Il suffit de le vouloir ! Il suffit simplement d’y croire !

 

Ar Gedour, Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne

1 COMMENTAIRE

  1. c est une tres bonne idee mais il n y a que les vendeens pour faire un spectacle comme ça…. LE PLUS GRAND PARC DU MONDE..!!!
    j y vais toutes les semaines… j ai la chance d avoir une carte d abonnee et je suis le PDF depuis son ouverture en 1989… j y etais et j ai des amis puyfolais que je continue a joindre regulièrement … C est TOUTE UNE HISTOIRE….
    Si vous voulez un parc de cet envergure il va falloir trouver un sacre bonhomme….POUR LE REALISER!!!!!

    Karine

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