Le PNR, le triste exemple vannetais

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A l’Est de Vannes, nous pouvions trouver les dernières zones humides et boisées de la commune. Elles sont actuellement en cours de destruction totale. Entre Boc’halgoù (Bohalgo) et Bod-Prad-al-Lann (Beaupré-la-Lande) des terrains boisés et en zone humide, en plein corridor écologique défini par le PNR, étaient initialement intouchables : l’espace concerné est selon l’étude commandée « Situé à l’est du centre-ville de Vannes, à proximité de Séné. Bordé par des boisements diffus et structuré par une large zone humide. (…) à proximité du Liziec (réservoir de biodiversité de la trame bleue), le secteur présente plusieurs haies, des espèces végétales remarquables (liste rouge nationale), deux zones humides avérées ». Quel malaise face à un tel désastre ! Pourtant, ni les élus, ni les électeurs ne s’offusquent. Pire encore, ils ont délibérément laissé détruire ces espaces en dépit des diagnostics.

Car, en effet, ce ne sont pas les diagnostics qui manquent depuis la création du PNR. Que de papier gratté pour rien ! Les incidences attendues étaient connues :

« – Destruction ou dégradation des zones humides

– Dégradation de la qualité du Liziec, déconnexion entre la saulaie et le cours d’eau

– Destruction d’habitat naturel d’intérêt, d’espèce animales ou végétales d’intérêt patrimonial ».

Sur ces terrains jadis en zones à protéger, les promoteurs ont procédé à la réalisation de profondes fosses pour assécher les périmètres à préserver. Les élus peu consciencieux ont encouragé ce saccage et la population a fermé les yeux. Les grands discours lyriques sur le réchauffement climatique, la protection de l’Antarctique ou encore la forêt amazonienne sont des cautions écologistes bien lointaines quant à la réalité du terrain. Cette politique inconsciente est la preuve de l’incompétence crasse de nos élus qui se solde par la destruction totale de l’environnement le plus fragile. Pendant des années, nos élus à tous les niveaux n’ont eu de cesse de débattre sur le Parc Naturel Régional du Golfe du Morbihan. Depuis sa création, il n’y a jamais eu autant de destructions des bassins versants, des zones humides et des déboisements démesurés.

Tout ceci pour céder à la pression immobilière. La spéculation immobilière et l’urbanisation totalement désordonnée que nous connaissons dans une ville comme Vannes dirigent la politique locale. Le littoral breton est vendu aux plus offrants et la LGV ne fait qu’aggraver cette catastrophe. Il n’y a qu’à regarder la néfaste campagne coordonné par l’Etat et les élus des collectivités de la SNCF : « Bossez à l’Ouest »… Le remplacement de population est encouragé par une promotion sans limite auprès des retraités, incitant désormais à l’installation des franciliens dans nos secteurs d’emploi ; ce que le clientélisme notoire régnant dans l’agglomération vannetaise facilite. Les jeunes partent par le centralisme français, le chômage n’augmente donc pas, et les Français s’installent.

Le dynamisme vendu est très relatif, nos centres-villes n’ont jamais été aussi vides et tristes. Quand le bâtiment va… C’est que ça va très mal.

 

 

Pour l’association Bemdez,

Bertrand Deléon.

2 Commentaires

  1. Bonjour,
    Cela signifie t-il bien, comme suggéré dans le rapport de présentation de juin 2017 (T.4 : évaluation environnementale) du PLU de Vannes que la réalisation « au regard des enjeux de continuités écologiques » ,d’une « étude d’impact pour qualifier au mieux les incidences «  n’a pas été entreprise ?
    Merci

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