Transat Jacques Vabre : « Il était temps que le bateau arrive »

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Ce jeudi, à 16h26 (heure de Paris), le Multi50 FenêtréA – Mix Buffet a franchi la ligne d’arrivée de la 13e Transat Jacques Vabre, bouclant ainsi les 4 350 milles du parcours entre Le Havre et Salvador de Bahia en deuxième position, 7h37 après Arkema, le grand vainqueur de l’épreuve dans sa catégorie, avec lequel il s’est livré à un incroyable mano a mano avant de cumuler les pépins techniques. En effet, peu avant l’entrée dans le Pot-au-Noir, Erwan Le Roux et Vincent Riou ont tapé un OFNI qui a explosé la dérive du bateau avant d’être confrontés à une avarie de drisse de gennaker et une foule de petits soucis qui se sont cumulés les uns après les autres. Malgré ce contexte, les deux hommes se sont battus comme des diables pour finir la course avec un trimaran entier. Alors certes, le marin Morbihannais n’a pas décroché la quatrième victoire sur la Route du Café qui l’aurait fait rentrer encore un peu plus dans l’histoire de la course, mais il garde toutefois le plaisir d’avoir vécu une très belle transat avec Vincent et de partager la joie de Lalou Roucayrol et Alex Pella.

© Jean-Marie Liot / ALeA / TJV17

Dans quel état d’esprit bouclez-vous cette 13e édition de la Transat Jacques Vabre ?

« Clairement, on est très content d’arriver. Il était grand temps que le bateau touche terre car il a beaucoup souffert pendant cette Route du Café. On sait parfaitement où on a perdu la course. C’était juste avant le Pot-au-Noir. Vincent a crié « attention un bidon ! », et à peine deux minutes plus tard, la dérive s’est ouverte en chou-fleur. Ça a été un peu dur pour le moral surtout qu’ensuite, le Pot-au-Noir nous est tombé dessus comme jamais. Dès lors, on a vu Arkema revenir sur nous comme une fusée surtout qu’on a assez mal géré la sortie. Ainsi, après avoir compté 100 milles de retard, il est repassé devant avec 20 milles d’avance qui se sont ensuite transformés en 50, d’autant qu’entre-temps notre drisse de gennaker a cassé. La descente aux enfers a commencé. Même avec la meilleure volonté du monde, quand on cumule ce genre de pépins, on ne peut pas lutter. On a terminé la course avec la seule idée d’arriver. Au final, on ne finit pas si loin de Lalou et Alex mais, comme je l’ai déjà dit, il était temps que ça se termine. »

 

Ça a dû être dur à accepter, surtout après un si joli début de course…

« C’est sûr. On est parti prudemment, à notre image, en se disant qu’on allait voir qui allait imposer le rythme. On s’est ainsi accroché à la roue d’Arkema mais rapidement, c’est devenu compliqué parce qu’il a mis du gros charbon. On a donc fait notre course et mis les gaz un peu plus tard, au moment qui nous paraissait le mieux pour nous. Après le front, on a bien géré l’anticyclone et la bascule du vent, ce qui fait qu’on a empanné en tête. Ensuite, dans la molle au large de la Mauritanie, on a gardé un écart en latéral en sachant que c’était un avantage pour nous, ce qui a été le cas. Après, évidemment, tout est devenu compliqué avec tous les soucis que l’on a rencontrés. »

 

Quel sentiment domine à l’arrivée ?

« Comme je suis un compétiteur, évidemment je n’aime pas perdre mais Lalou est devenu un ami et quitte à me faire battre par quelqu’un, je ne pouvais pas espérer mieux que lui. Je suis sincèrement content pour lui et tout le team Arkema. Ces dernières années, ils ont fait un super taf. Cette victoire sur une grande course, cela fait un moment qu’ils couraient après. Ils n’ont jamais rien lâché et cette première place, ils ne l’ont pas volée. »

 

Vincent, comment avez-vous vécu cette Transat Jacques Vabre en compagnie d’Erwan Le Roux ?

« Je termine cette transat avec le sentiment du travail bien fait car je pense qu’avec Erwan, on a correctement fait le job. On s’est tenu à ce qu’on avait dit avant le départ : on ne s’est pas mis en surchauffe, on a mené le bateau rapidement sans prendre de risques inconsidérés et on a fait de belles trajectoires. Maintenant, il y a des paramètres qui sont particuliers à notre sport. La casse matérielle fait partie du jeu. La chance aussi dans un système comme le Pot-au-Noir. Quoi qu’il en soit, on a vécu une belle histoire humaine. On a su rester conforme à notre plan, ce qui n’est pas toujours facile, surtout dans l’adversité. Finir deuxième, ce n’est évidemment pas ce qu’on espérait mais il faut savoir accepter de ne pas gagner à tous les coups. Lorsque l’on prend un départ de course telle qu’une Transat Jacques Vabre, on vient chercher de la confrontation et de la difficulté ».

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