Communiqué d’occupation de l’université de Nantes

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Touchée de toutes parts, d’un pays à un autre, la jeunesse ne veut plus se laisser faire.

A l’image du reste de la société, l’université est aujourd’hui sur le marché, secouée par les appels d’offre, les logiques de flexibilité et de rentabilité sur fond de course à l’excellence. Alors que l’université se ferme sur le monde, nous revendiquons des espaces éloignés de ces logiques, nous revendiquons un état d’esprit ouvert sur  l’extérieur, sur l’autre, sur l’inconnu…

Au printemps 2016 lors des manifestations contre la loi travail, la composante étudiante a montrée sa détermination à résister à la politique totalitaire du gouvernement français. A l’automne 2017, nous continuons à lutter face au même système et notamment contre les politiques impérialistes occidentales. La conscience étudiante est généralement touchée par toutes ces mesures et est surtout particulièrement sensible aux injustices et à l’inhumanité du monde. La réponse gouvernementale aux flux migratoires des personnes qui fuient la misère et la mort que les dirigeants de nos pays ont contribué à semer,
est déplorable.

Ces 20 dernières années, combien de squats de personnes expatriées ont été expulsés ? Combien de foyer tellement précaires ont été détruits ?
Depuis combien d’années les autorités françaises s’acharnent à maintenir dans la détresse des personnes qui essayent de sauver leur vie, tentant d’éviter les violences, les arrestations, le fichage, les Centres de Rétention Administrative puis les déportations vers les régimes qu’ils et elles fuient ? Les personnes expatriées dorment actuellement à même la rue et sont constamment traquées par les forces de l’ordre. Après les avoir persécutées on prétend les assigner dans des « centres de répits » en attendant de traiter leur cas. Derrière cela, c’est la montée du racisme et des totalitarismes qui s’exprime par une politique d’extrême droite menée par les politicien-ne-s au pouvoir en Europe. Quelle crédibilité peut-on alors encore accorder à l’état français en matière d’accueil ?

Face à l’urgence, il faut chercher des solutions concrètes, pour que chacun.e puisse vivre correctement partout, circuler librement et apprendre à vivre les un-e-s avec les autres. Ces principes doivent être pratiqués et revendiqués pour éviter que la «communauté » européenne, en réalité très individualisée par le mode de vie capitaliste, ne sombre encore plus dans le mépris, la peur, la haine, la xénophobie ou l’indifférence complice. Quand l’état français mène des traitements inhumains envers les personnes exilées et ne répond pas aux impératifs de cette situation d’urgence, nous ne pouvons l’attendre et nous souhaitons, par conséquent, proposer un foyer commun.

Aussi, il faut faire les démarches pour que chaque personne expatrié-e en âge d’être scolarisé-e, qui suivait des études dans son pays ou qui a besoin de cours de langues et de formations, ait accès à ces droits.
Dans plusieurs villes en france, un certain nombre de personnes soutenues par des collectifs ont ainsi pu s’inscrire dans un cursus scolaire ou universitaire. Les “Univers-cité” ont l’intention d’aller au delà de ces apprentissages qui ont pour objet de s’intégrer au système économique et social actuel, c’est l’idée de se rencontrer pour penser ensemble comment faire évoluer nos Univers.  En accueillant des personnes venues d’autres horizons on découvre que l’énergie réside dans le partage et la solidarité. Il est temps d’appliquer enfin réellement à tous les êtres humains les vieux principes de « Liberté, Égalité, Fraternité » qui trônent sur les frontons des écoles de ce pays. Nous lançons donc les “Univers-cité” car nous souhaitons rassembler nos
énergies en créant des lieux de vie. « Univers-cité », c’est l’envie de réunir des personnes et leurs envies dans un même lieu, pour se le réapproprier et le faire vivre, et nous faire vivre : d’échange, d’apprentissage mutuel et d’activités autogérées ; communément par des jeunes en demande d’asile et des étudiant-e-s.

Nous entendons amener l’état à reconnaître la situation d’urgence mondiale. Ce dernier doit assumer des programmes d’accueil, qui permettent aux personnes sans papiers de choisir elles mêmes l’avenir qu’elles veulent construire et plus largement, il doit participer à trouver des solutions à cette crise planétaire. En attendant nous ne pouvons rester les bras croisés. Il faut sortir des logiques figées, imposées aux populations par la toute puissance financière et ses négociants. Pour cela, nous voulons poser les bases d’un avenir multi-culturel à imaginer en commun. Nous revendiquons des univers ouverts pour y projeter collectivement nos visions d’un monde vivable et pour le concrétiser ensemble.

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