Business social contre business de la drogue et des élus de plus en plus impuissants

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A Vannes, tandis que le quartier de Kercado fait régulièrement la une, le second quartier sensible de la cité des Vénètes n’est pas en reste. La municipalité vient d’ordonner l’abattage d’arbres centenaires pour que personne ne s’y cache et laisser libre champ aux caméras de surveillance. Dans le même temps, le principal bailleur social, Vannes Golfe Habitat, fait murer les caves des immeubles sous haute surveillance policière. Les trafiquants de drogue ne pourront plus en faire leur « marché couvert ».

« Si les résidents veulent accéder à leur cave, il faudra contacter le bailleur social. Nous pourrons alors leur ouvrir », indique François Bellego, vice-président de l’agglomération en charge du logement et président de Vannes Golfe Habitat (VGH). Cela veut dire que tous les résidents seront pénalisés.

Selon le même raisonnement, le maire de Vannes, David Robo, avait fait abattre la galerie commerciale de Kercado ces derniers mois afin d’éviter les « cachettes » et d’ouvrir les espaces.

 

Les quartiers de Ménimur et de Kercado sont semblables à tous les quartiers urbains construits dès les années 60. A Vannes, initialement prévus pour les rapatriés d’Algérie et les ouvriers de l’usine Michelin entre autres, une population venue des anciennes colonies françaises s’y est installée. Faute d’emploi, ces quartiers sont devenus rapidement conflictuels, où l’intégration n’a pu se faire. Ni le suréquipement de ces zones classées prioritaires, ni les millions d’euros d’investissement depuis des décennies n’ont permis de renverser la situation.

François Goulard souhaite quant à lui « démolir le quartier et reconstruire »… Une drôle de « solution » !

François Bellego abonde en son sens en évoquant la possibilité de « détruire les immeubles, pourtant rénovés il y a cinq ans ».

 

VGH, c’est aussi un juteux marché.

Depuis quelques années, les factures de loyer du premier bailleur social de Vannes sont à régler directement auprès de la banque Crédit Agricole. C’est la surprise reçue par beaucoup de Vannetais et d’habitants de la communauté d’agglomération, au nom de la « modernisation ».

Auparavant, le montant était à régler au Trésor Public, ce qui permettait de conserver l’argent public pour le réinvestir dans l’agglomération de Vannes, dans l’intention de caresser au moins l’espoir de répondre aux besoins. Désormais, l’organisme de recouvrement s’appelle « Crédit Agricole ».

Ces dernières années, les financements de constructions de logements sociaux par le biais d’emprunts contractés auprès du Crédit Agricole se sont multipliés dans la communauté d’agglomération de Vannes. Nous assistons comme dans plusieurs villes à la privatisation d’un service au profit de la banque, avec l’appui des élus, opposition incluse. De son côté, le Crédit Agricole ne s’arrête pas là, il investit avec les promoteurs dans les nouveaux programmes immobiliers qui prolifèrent sur Vannes. Les résidences portent des noms anglais et sont bâties à l’attention des spéculateurs, rendant ainsi l’accès à la propriété inabordable (Urban Park à l’Ouest de Vannes) pour les locaux.

 

Bertrand Deléon.

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