Notre-Dame-des-Landes : “le choix de la raison”, lettre ouverte au Président Macron

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Notre-Dame-des-Landes, lundi 15 janvier 2018, Notre-Dame-des-Landesn le choix de la raison”, lettre ouverte au Président Emmanuel Macron par Gilles Denigot

Copie au 1er Ministre Edouard Philippe,
Au Président de l’Assemblée Nationale François de Rugy
Au Ministre de l’écologie Nicolas Hulot

Notre Dame des Landes : Votre 3ème voie !

Monsieur le Président,
Vous ne me connaissez pas. Quelques mots de présentation : Je suis un « Marcheur » ayant mené campagne, j’étais présent à vos meetings de Quimper et Nantes. J’ai également candidaté en vain aux législatives. Je suis un syndicaliste ouvrier, 25 ans secrétaire général du syndicat des dockers de St Nazaire ( CGT puis CNTPA/CFDT) Je suis fondateur de la CNTPA-CFDT dont je suis président conseiller national. J’ai été élu municipal « société civile » en charge des questions économiques, maritimes et portuaires de 89 à 2008, puis conseiller général écologiste de 2008 à 2011.

Je connais très bien le dossier de NDDL à travers mon demi-siècle de militant réformiste. J’ai par ailleurs été un actif gréviste de la faim au coeur de Nantes en 2012, ou nous avons obtenu un accord politique après 28 jours.
J’ai apprécié votre position générale lors de l’audit des candidats devant le WWF et Pascal Canfin et n’ai pas été déçu sur NDDL. Vous avez qualifié ce « projet du temps d’avant » et avez dit que vous nommeriez une médiation pour qu’une décision soit prise avant la fin d’année. Votre mission de médiation a travaillé sans tabous, elle ne s’est pas cantonné à NDDL ou NDDL comme l’ont fait tous vos prédécesseurs. C’est un acte courageux dans la bourrasque du vieux monde politique.

J’entends les montées au créneau des élus pro NDDL du PS & LR qui voudraient faire pression sur votre décision. Eux qui dès le début ont rejeté la médiation alors qu’ils n’ont cessé d’être des acteurs partisans passant l’objectivité au second rang. Harcèlement partisan, avant, pendant et après la médiation. C’est indécent pour des élus, c’est cette bien curieuse conception de la voie démocratique sur la quelle vous avez tracé les lignes qu’il remettent en cause et que les Français rejettent.

Votre 3ème voie !
Les voix du mensonge permanent vous disent qu’avec Nantes Atlantique rénové ( ce qui est possible, utile, nécessaire et crédible ) vous aurez à refaire toutes les procédures d’appels d’offres nonobstant que tout est prêt pour NDDL. C’est encore une contre vérité, car rien n’est prêt sauf leur envie de passage en force. Ils vous disent aussi que ce sera six mois de fermeture, or les médiateurs disent neuf semaines et je constate que des aéroports ont par des travaux de nuit rénové leurs pistes sans fermer !
Monsieur le Président, j’ai lu l’intégralité du rapport et ses 180 pages qui relèvent d’un travail sérieux. Aujourd’hui, demain, vous allez rendre votre décision et dire vos choix, je ne doute pas qu’ils seront comme toujours argumentés.

Plusieurs choses me semblent utiles et qu’ils me soit permis des les transcrire, pèle mêle…

1° Les réservations de vols se font désormais presque toutes par voie numérique. Il serait donc judicieux de mettre en réseau les aéroports de proximité le temps nécessaire aux travaux. à Nantes. Je pense à Rennes, Saint-Nazaire, Angers, Lorient….qui peuvent parfaitement ne pas contraindre à des passages obligés par Paris.

2° Besoin impératif de ne pas confondre le choix d’aéroport avec la question réductrice des « Zadistes » qui ont été bien utiles aux Pro-NDDL lors de leur campagne pour la consultation.

3° Rappelons que si le « oui » la emporté, ce n’est sans pas à cause du bruit et des pseudo dangers du survol, car sur les communes concernées Nantes Ville ce fut 50/50, Bouguenais aussi, sur Rezé et St Sébastien tout proche ce fut une belle avance du « non ». Je ne parle pas de la Communauté de Communes proches de NDDL ou le rejet fut énorme. La victoire du « oui » c’est faite dans l’arc La Baule-Chateaubriant-Ancenis, bien loin du bruit et des « survols »….
Cette consultation « pour avis » n’avait pas plus de valeur juridique que les avis donnés par la commission scientifique et la commission agricole défavorables à la disparition de la zone humide à NDDL dont Jean Marc Ayrault n’a pas tenu compte.

4° Rénover Nantes Atlantique ; avec la voie ferrée, le raccordement du tram laissé volontairement à 1 km, la rationalisation des parkings (de l’horizontalité au silos ) la modernisation et l’adaptation des aérogares et leur optimisation écologique.

5° Réduire sensiblement les nuisances, avec enfin l’application des obligations de l’état sur l’isolation des logements, la réduction des vols de nuit. Tout ce qui volontairement et contrairement à la loi n’a jamais été fait.

6° Réduire sensiblement les survols de Nantes. Le rapport montre bien qu’il est possible de faire mieux et autrement.

7° Mettre en place un plan de solutions partagées , sur ce que je nomme la mise en réseau:
Si les travaux sont moins rapides que prévus, que l’activité croit encore, alors il est possible de continuer l’idée du réseau des aéroports de proximité avec les compagnies lors des éventuelles périodes de tensions qui ne sont que pour les périodes ciblées de vacances. C’est une option crédible qui permet de lisser l’activité sans l’annuler volontairement comme ce fut parfois le cas, pour communiquer sur la « saturation » de Nantes !

8° Enfin il convient de légiférer pour renforcer la démocratie réelle ( participative) et ne plus voir les risques de blocages de tous les grands travaux. La Loi inhérente aux DUP doit évoluer et traiter simultanément la question économique et environnementale, ce qui n’est pas les cas et crée tant de problèmes.

Le droit restauré par le dialogue sur la ZAD !
Bien sur que l’état de droit droit prévaloir partout en France, y compris sur la ZAD qui focalise toutes les attentions médiatiques et politiciennes. La question est comment sans faire de dégâts humains et politiques ?
Pendant notre grève de la faim de 2012, il n’y avait que quelques dizaines de « squatters » de maison vides précomptées par le conseil général. L’opération César d’octobre 2012 diligentée par le 1er ministre et le ministre de l’intérieur s’est soldée par un énorme fiasco. Manu militari, ces occupants ont été évacués, seize belles maisons ont été détruites et toute la France à été informée de la question de NDDL.

Un mois plus tard, une manifestation de reconstruction a attiré sur cette commune de 2500 habitants plus de 40 000 manifestants et des centaines de jeunes sont restés sur cette zone d’activités différée devenue zone à défendre…
Les va-t’en-guerre veulent aujourd’hui en découdre physiquement et surtout régler des comptes.

C’est un énorme piège politique et ce n’est surtout pas l’unique voie possible.
Rétablir le droit est possible par le dialogue, les outils de l’état de droit doivent être mobilisés pour ce genre de situation.
Je pense aux organisations représentatives sous l’autorité de l’état ( voire d’une médiateur ?) de la SAFER, de la chambre d’agriculture, des syndicats agricoles – Confédération paysanne, FDSEA, Coordination rurale, ADECA implantée sur le site…. – à elles de voir comment utiliser les 1680 ha qui peuvent rester propriété de l’état. A ce groupe légal de voir comment élargir les consultations avec les occupants dont un infime partie a un projet de vie et d’activités qui ne demandent qu’à trouver les conditions juridiques appropriées.
Les « fameux zadistes » qui font peur à ceux qui sont loin, qui ne les ont jamais vus, à ceux qui les utilisent désormais politiquement, qu’ils se rassurent tous, sans projet ils partiront d’eux mêmes. Et la régulation se fera en douceur autour du groupe de travail. Ce groupe qui aura besoin qui pourrait faire un rapport d’étape par trimestre, d’avoir un délai de deux à trois ans pour que tout soit finalisé et juridiquement clair.

Je peux vous assurer Monsieur le Président que vos adversaires et concurrents politiques vont s’en donner à coeur joie pour que ça dérape. Ne leur offrez pas se plaisir !

Je n’entre pas dans le scénario du choix de ne pas rénover Nantes-Atlantique et de construire un nouvel aéroport à NDDL. Ce serait à coup sur une guérilla ultra mobilisatrice et une grave erreur politique s’ajoutant à une erreur économique et un contre sens écologique. Vous savez à tel point Bernard Cazeneuve craignait le pire pour les vies humaines à NDDL en cas de nouvelle intervention. Il avait raison et l’espoir né du rapport des médiateurs est un extraordinaire désamorceur de violences pour bien négocier. A contrario, il pourrait aussi devenir un désastreux catalyseur de recrutements des violents de toute l’Europe si par impossible l’option NDDL était votre choix.

Merci Monsieur le Président d’avoir pris le temps de me lire.
Cordialement et à votre service.

Gilles Denigot

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