Brest, vendredi 19 janvier 2018, après l’annonce de mise en service d’un nouveau navire à passagers entre l’Irlande et l’Espagne dès le mois d’avril, la CGT Brittany-Ferries dit “Non aux pavillons de complaisance”. Ce navire battrait pavillon Chypriote et serait armé avec un équipage à bas coût d’Europe de l’Est.

Communiqué de presse de la CGT des Marins

 La direction de Brittany Ferries a annoncé en comité d’entreprise lundi soir mettre en service dès le mois d’avril un navire à
passagers entre l’Irlande et l’Espagne. Ce navire battrait pavillon Chypriote et serait armé avec un équipage à bas coût d’Europe de l’Est.
La CGT, ne souhaitant pas« négocier» la mise en œuvre d’un pavillon de complaisance, a préféré se retirer du CE après avoir exposé son avis. La compagnie explique son choix pour limiter les risques économiques liés au Brexit.
La CGT soutient les innovations de cette entreprise qui a toujours su faire preuve d’une bonne analyse stratégique pour orienter son développement et assurer sa pérennité.

Cependant, la CGT est fermement opposée à l’utilisation de pavillons de complaisance pour atténuer les coûts de fonctionnement, d’autant plus qu’aujourd’hui l’entreprise se porte bien. Il est vrai que l’issue du Brexit est une inconnue mais cela ne doit pas conduire à faire n’importe quoi.
En 2015, la compagnie a mis en service le Baie de Seine au Havre, un navire dit “économie” avec des effectifs réduits sous pavillon français premier registre. En 2016, elle a mis en service le Pélican, navire Roro entre l’Angleterre et l’Espagne sous pavillon RIF (second registre). Cette année, c’est le Connemara qu’elle met en service avec un pavillon de complaisance. Cette escalade progressive commence à nous inquiéter. Car nous ne pouvons ignorer les conséquences d’une «guerre de pavillons» qui pourrait être destructrice pour les emplois.

Cette décision est également un “coup de couteau dans le dos” porté à notre caisse de cotisations sociales l’ENIM que la CGT défend bec et ongles.

La CGT a adressé dès mardi matin une proposition d’ouvrir des négociations, avec de réels efforts. La CGT est prête à aborder des sujets tels que les contrats, l’organisation du travail, les effectifs,… pour que ce navire soit immédiatement armé sous pavillon français premier registre. L’objectif étant dans une limite financière tenable pour l’entreprise, la création d’emplois de dizaines de CDD.
La CGT maintient cette proposition de dialogue avec la direction, même si le syndicat majoritaire a d’ores et déjà accepté ce pavillon de complaisance en échange de : 25 CDI (qui auraient de toute façon été accordés vu les CDD qui tournent à l’année, le déficit confirmé d’une vingtaine de CDI fin 2017 et les départs de l’entreprise en 2018)
. La direction n’a jamais parlé de gel des passages en CDI. Pour preuve des officiers viennent de passer en CDI en cette fin d’année 2017.

De belles promesses :
la compagnie s’est engagée à passer le navire sous pavillon français d’ici 3 ans, mais le contrat d’affrètement est conclu sur 2 ans avec une option de prolongation d’un an, donc cet engagement, au final n’engage à rien. En outre, le passage au pavillon français est
soumis aux résultats de l’entreprise, et de bons résultats ne suffiront pas, il faudra de très bons résultats. Le plancher fixé est-il atteignable sur un délai aussi court et dans le contexte actuel, avec notamment une Livre Sterling à 1,10 euros ?

– L’engagement que les deux nouveaux navires (Honfleur et le navire affrété au remplacement du Baie De Seine) seront sous pavillon
français
. Sur ce point, rien de nouveau c’était déjà prévu comme cela. Le contraire créerait une révolution au sein des salariés.

– Le projet de construction d’un navire pour remplacer le Bretagne
. Cette annonce est connue de tous et de longue date, là encore rien de nouveau et ce n’est pas un engagement, car sur ce sujet un engagement est impossible à prendre. C’est un projet dont tout le monde rêve à la compagnie. La CGT espère qu’il aboutira au plus vite, mais ce n’est pas un pavillon chypriote qui le permettra.

La CGT dit non aux pavillons de complaisance, non au dumping social, non aux sociétés de mannings, pourvoyeurs de main d’œuvre à bas coût.

La CGT dit oui au développement, oui à la préservation et à la création des emplois, oui à l’avenirde la Brittany-Ferries !

La CGT Brittany-Ferries
Stéphane Leverger DS

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