Le discours d’Emmanuel Macron en Corse doit définir notre feuille de route commune

1

Vannes, mercredi 7 février 2018, Le discours d’Emmanuel Macron en Corse doit définir notre feuille de route commune

 

Loin de moi l’idée de défendre les propos d’Emmanuel Macron en Corse, bien au contraire. Aucune des revendications légitimes des Corses n’a bien évidemment été entendue. Le discours de Macron est sans surprise, il est français, respectant en tout point la définition de la République française, immuable et coloniale. C’est cette ligne anti-démocratique et ethnocide que défend la majorité des Français comme le précise le dernier sondage Elabe – « l’Opinion en direct » : les ¾ des Français sont opposés à l’indépendance de la Corse et 64 % ne veulent même pas entendre parler d’avancées en dépit du souhait largement partagé par un peuple corse pourtant largement colonisé.

Oui, colonisé. Le mot vous choque ? C’est ainsi qu’en Catalogne, là où les étrangers se sont le plus installés, leur répartition sur le territoire catalan correspond aux plus faibles scores des indépendantistes. On ne peut pas dire qu’ils se soient intégrés par conséquent. Le scénario est le même partout : sur les côtes bretonnes où la spéculation immobilière bat son plein, et le remplacement de population lié à ces choix politiques déjà bien engagé, les scores bretons sont en chute libre depuis 20 ans. Les élus peuvent amorcer des politiques bilingues breton-français et permettre l’installation de collèges et lycées Diwan puisqu’ils savent que tout cela sera bientôt « extraterrestre » quant au nouvel environnement. La signalétique en breton en est le plus représentatif du paradoxe : la langue décline, la toponymie est francisée, voire anglicisée désormais par les promoteurs immobiliers, et la signalétique en breton avance. En l’espace d’une quinzaine d’années dans le Morbihan, nous sommes passés d’une présence du breton proche du néant à une signalisation bretonne bien réelle par endroit, obtenue certes péniblement, à coups de panneaux démontés par Ai’ta ; noircis ou sciés par Stourm Ar Brezhoneg.

En somme, nous laissons nos jeunes suivre le mouvement centraliste des finances, des emplois… de tout, et nous facilitons l’installation des franciliens, qu’ils soient en retraite ou bénéficiaires du clientélisme largement d’usage dans les administrations politisées du littoral breton. Et, pendant ce temps, nos campagnes culturellement bretonnes se vident. C’est un ethnocide très puissant et pernicieux que la France a mis en place. Il n’y qu’à comparer les deux versants des Pyrénées catalans ou basques pour s’en convaincre. Les invasions arabes, la Monarchie espagnole et le Franquisme ont été bien moins efficaces que la France en matière de génocide culturel.

L’intégration est un exercice difficile

Les plus puissants, venus de France, ne souhaitent pas s’intégrer. Et pourquoi le ferait-il puisqu’on leur dit qu’ils sont en France et que la défense des intérêts bretons n’est que faiblement défendue par les intéressés eux-mêmes. Quant à celle des extra-européens, le processus est encore plus difficile. Dans une Bretagne ne pouvant donner de l’emploi à son peuple et ayant peine à défendre un socle culturel nécessaire à chaque être souhaitant y vivre, il n’est pas étonnant de voir des familles issues de l’immigration depuis trois générations ignorer tout du pays dans lequel ils vivent.

Et, pendant ce temps-là, nos élus connus pour être « les plus bretonnants » vont mendier à Paris l’allongement d’une ligne LGV ayant déjà ruiné la Région administrative et prévoyant un transfert massif de la population active bretonne vers l’extérieur.

Le devoir d’un élu breton

Un élu breton se devrait de lancer des projets d’infrastructures nécessaires en invectivant l’Etat voleur jusqu’à y forcer le juste retour de financement par la récupération des impôts sacrifiés pour la France centraliste. Pourquoi financer les lignes de RER parisien ou les Halles rénovées de Paris en acceptant de délaisser nos besoins les plus urgents ? Actuellement, nous faisons le chemin tout à fait inverse puisque nos élus ont laissé l’Etat baisser les dotations, fermer des services publics et supprimer des projets d’infrastructures. Dans la continuité de cette logique, un élu breton se devrait d’agiter publiquement l’indispensable levée directe de nos impôts et d’une solidarité dans les revendications souverainistes en Europe : la priorité d’emploi et le statut de résident permanent en tête. Nous n’aurons pas le choix de toute façon… Alors, merci de bien vouloir relever la tête et de soutenir les candidats politiques qui défendront sincèrement et sans ambages la souveraineté de nos nations, les plus anciennes et les plus pertinentes.

Bertrand Deléon

1 COMMENTAIRE

  1. Ah, la tentation de devenir “Roi de quelque chose”….aucun des meneurs nationalistes n’y échappe ! Qu’importe l’avenir d’une population pourvu qu’on ait le Pouvoir sur elle!
    Réfléchissez un peu, les gens !
    Le “statut de Résident” tel que le conçoit Mr Simeoni en Corse ce n’est rien moins que le repli sur soi et la régression programmée d’une économie déjà médiocre….qui ira investir dans une région aussi peu ouverte et qui refuse le “droit de propriété” pourtant défendu par l’Union Européenne ?…et les adeptes de ce statut ont-ils seulement réfléchi à la réciprocité probable de cette mesure ? ….impossibilité pour un corse d’acquérir un logement hors de l’île !
    Et ne vous y trompez pas, le co-officialité de la langue ne vise qu’à empêcher un fonctionnaire non-corsophone de venir travailler sur l’île….même un fonctionnaire breton ! Là encore si la juste réciprocité est appliquée….réfléchissez !
    Le Nationalisme ne sert que les meneurs et leur cour restreinte et pour se maintenir il débouche toujours sur une dictature et la fermeture des frontières ! Les exemples ne manquent pas dans l’Histoire !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here