Kenavo Annick

C’est toujours bizarre les prémonitions… Cela fait plusieurs semaines que plusieurs événements me renvoient à Annick Lagadec…D’abord des élèves curieux et fouineurs qui retrouvent sur le net trace d’un livre écrit avec Annick (FLB-ARB, L’Histoire) en 2006 et qui s’amusent de son nom et en font un signe de reconnaissance ou encore cri de guerre à la manière d’un Jean Floc’h. Puis tout récemment une de ses anciennes relations basques qui me contacte pour avoir de ses nouvelles. Puis moi, tracassé par tout ça, un récent soir, qui écume internet pour retrouver sa trace, savoir si elle vit encore, si la maladie la suit toujours. Et là, l’annonce de sa mort, après une longue enfoncée dans la maladie. Jamais autant l’expression bretonne accompagne son départ : Ra vezo skanv douar Breizh warni !

Annick, je l’ai connue un peu avant 1995 lors de l’affaire de l’hébergement de Basques, et le « délit d’hospitalité » qui allait bientôt lui faire connaître la prison. J’étais, avec tant d’autres, du dynamique et sympathique comité rennais qui la soutenait. Je me souviens de la belle manif à Paris le 11 novembre 1995 (ça ne s’invente pas ) avec Basques et Bretons ensemble pour défendre la démocratie et le droit d’asile (nom du périodique de soutien lancé alors à Rennes). Avec ce gigantesque Gwen ha Du prêté par le RCK (kop du stade rennais). Nous n’allions plus nous perdre de vue, Annick et moi, après son incarcération.

Annick participa à de nombreuses initiatives bretonnes. Elle fut parfois critiquée, conformément à l’esprit breton qui fait s’auto-détruire les militants bretons entre eux : trop Basque, pas brittophone, etc… C’est oublier son premier engagement à l’UDB et surtout son travail pour la cause bretonne : journaliste de formation, elle écrit pour Breizh Info* (bénévolement), s’investit corps et âmes dans Skoazell Vreizh aux côtés de Per Loquet qui l’appréciait beaucoup.

Annick je la retrouvais pleinement en 2005 pour écrire, à la demande de Yoran Delacour, une Histoire du FLB. Nous retrouvions alors d’anciens militants de la lutte clandestine afin de retracer les 40 ans du Front de Libération de la Bretagne. Nous avions accompagné le livre à sa sortie en multipliant les signatures aux 5 coins de la Bretagne. Et déjà, nous percevions les premiers signes d’une maladie qui s’installait. Mais, l’amitié prenant le pas, nous faisions comme si de rien n’était. On faisait comme si… Et Annick gardait des moments de dynamisme, de pertinence…

Je garde en mémoire les sympathiques soirées passées dans son appartement du Colombier où Bretagne et Euskadi cohabitaient. Chouchen et Patxaran, Jambon-vin basques et pâté-bière bretons…

Mes pensées vont vers Flore, sa maman. Soyez fiers ! Kenavo Annick !

 

*Breizh Info, le journal de Charlie Grall

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