La justice française refuse de retirer la légion d’honneur au dictateur Franco

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Lundi 5 mars 2018, La justice française refuse de retirer la légion d’honneur au dictateur Franco : La demande avait été faite par un fils de Républicain espagnol, dont la famille a été victime du franquisme. Il a décidé de faire appel de cette décision.

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Jean Ocana a aujourd’hui 77 ans et vit dans le Tarn. © DR

Le général Francisco Franco a été nommé Officier de la légion d’honneur en 1928 et promu en 1930 au grade de Commandeur, à la demande du maréchal Pétain. Cette année, Jean Ocana, fils d’un Républicain espagnol exilé en France et déporté à Mauthausen, a saisi la Justice française pour que cette distinction soit retirée au Caudillo.

Le 16 février, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande, a déploré dans un communiqué son avocate, Me Sophia Toloudi, annonçant également que son client allait faire appel de cette décision. L’avocate précise que selon la juridiction administrative, “cette haute distinction française ne peut être retirée à une personnalité étrangère à titre posthume”. Le tribunal administratif reprend ainsi l’argumentaire de la Grande chancellerie de la Légion d’honneur, que Jean Ocana avait également saisie en 2016 et 2017.

Avec le juriste Thomas Hochmann, Sophia Toloudi a signé une tribune remarquée dans Le Monde défendant le retrait de la légion d’honneur à d’autre dictateurs décédés tels Mussolini, Ceausescu ou encore Omar Bongo. “Le président de la République vient de rendre public son souhait de redonner tout son prestige à la légion d’honneur. (…) Cette entreprise de revalorisation exige aussi de se tourner vers le passé et de démarquer la haute distinction de ceux qui, longtemps après leur trépas, symbolisent encore l’exact inverse de ce qu’elle est censée représenter”, écrivent-ils.

Un garde civil condamné pour torture décoré

Il est aussi des personnalités toujours vivantes dont la décoration par l’Etat français mérite d’être dénoncée. Bachar el-Assad par exemple. Il aura fallu attendre près de dix ans et l’ouvrage des historiens Béatrice et Michel Wattel pour apprendre qu’il a été décoré de la grand-croix par Jacques Chirac en toute discrétion, en juin 2001, comme le souligne le magazine en ligne Slate.

Le journal Gara a par ailleurs révélé que le responsable de la Guardia Civil Manuel Angel Sanchez Corbi a été décoré par l’Etat français en 2015, en récompense de son action contre ETA. Ce dernier avait été condamné en 1997 pour torture sur le détenu basque Kepa Urra. Il n’a jamais effectué sa peine, ayant été relaxé par la ministre de la Justice du gouvernement Aznar (PP) en 1999.

BÉNÉDICTE SAINT-ANDRÉ

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