Une exposition royale à Landévennec

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Landevennec, vendredi 9 mars 2018, Si on sait que la Bretagne fut autrefois un duché rendu célèbre par la duchesse Anne, le royaume qui l’a précédé demeure largement ignoré du grand public.

Les noms de Nominoë et de Salomon sont bien associés à l’histoire de la Bretagne, mais rares sont ceux qui pourront les situer dans le temps ou dire qu’ils furent rois. C’est cette page d’histoire prestigieuse mais méconnue que le musée de l’Ancienne Abbaye de Landévennec aborde à travers l’exposition temporaire “La Bretagne au temps des Rois” présentée à l’occasion des 1 200 ans de l’adoption de la Règle de Saint-Benoît par les moines.

“La Bretagne au temps des Rois” du 2 mai au 4 novembre 2018 au Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec dans le Finistère (29).

© ©Rodhamine / Stuttgart, Württembergische Landesbibliothek

Un “Game of thrones” breton
Au 9e siècle, une succession de batailles aboutissent à la reconnaissance, par les empereurs et les rois francs, du « royaume de Bretagne ».  Pris dans des luttes intestines, ce royaume s’éteint sous la pression des attaques vikings au siècle suivant.

Les fouilles archéologiques menées ces dernières décennies permettent de se faire une image plus précise de ce qu’était la vie des Bretons du 9e siècle. Si la Bretagne se trouve presqu’indépendante sur le plan politique, elle est plus ouverte que jamais sur le reste du monde.

Accessible à tous, l’exposition fait la part belle à la vidéo et aux manipulations. Dans chaque section, un film ludique projeté sur un écran large synthétise les principaux points du parcours. Des jeux et des manipulations accompagnent le visiteur dans la découverte de la vie des Bretons du Haut Moyen Âge.

 

Le parcours en bref
À Priziac (Morbihan), en 818, Louis le Pieux, fils de Charlemagne et empereur des Francs, rencontre l’abbé de Landévennec. Partant de cet évènement insolite, l’exposition se pose trois questions :

« Que fait l’Empereur à Priziac ? » … ces Bretons qui font la guerre

Des années 750 aux années 850, les campagnes militaires se succèdent en Bretagne. Une élite guerrière structurée parvient à tenir tête à la puissante armée franque. Paule (Côtes d’Armor), Langoëlan (Morbihan) ou à Locronan (Finistère) les fouilles de grandes enceintes fortifiées témoignent du mode de vie de l’élite aristocratique.

Quelques exemples…

Fragment de coupe en verre coloré, 7e s., enceinte de Bressilien à Paule (Côtes d’Armor).
Probablement produit dans un atelier d’Europe du Nord, la coupe découverte dans l’enceinte aristocratique de Bressilien témoigne du goût de l’élite bretonne pour l’importation de produits de luxe.

Monnaies, 8-9 e siècles, Landévennec, Bressilien, Locronan.
Même si les chefs bretons ont obtenu de la dignité royale, les archéologues mettent régulièrement au jour des monnaies frappées au nom des souverains carolingiens près de l’habitat des élites. Du point de vue économique, la Bretagne est ouverte sur le monde franc.

 

 

Fer de javelot, Haut Moyen Age, Landévennec.
D’après les textes francs, les Bretons ont une manière particulière de faire la guerre. Ils ont la réputation d’être de brillants cavaliers « guérilléros », qui harcèlent l’armée ennemie par des jets de javelots avant de feindre la fuite pour mieux préparer leurs attaques.

 

« Pourquoi l’Empereur rencontre-t-il un moine ? »… la Bretagne et sa culture
Régnants sur de vastes territoires, les souverains francs s’appuient sur l’unité de l’Église et de son influence. Les monastères, en particulier, sont des lieux privilégiés de la diffusion de cette culture « universelle ». À Landévennec, les fouilles de l’ancienne abbaye ont montré l’influence déterminante des modèles impériaux sur l’architecture du lieu. Les manuscrits bretons et d’autres objets d’art religieux témoignent d’une vie culturelle ouverte à des influences multiples : impériales, mais également méditerranéennes, irlandaises ou britanniques.

Fragment de croix ou de reliquaire, 8-9e siècles, chapelle de Saint-Symphorien à Paule
Le motif de triscèle, les entrelacs, témoignent de l’attrait des Bretons pour l’art des îles britanniques. Ces mêmes influences se retrouvent dans les manuscrits bretons de cette période.

 

 

Objet spatulé, instrument de médecine (?), 8-9e siècles, Landévennec
Les monastères bretons ont copié et conservé des livres religieux mais aussi des livres d’astronomie, d’histoire, de poésie, de grammaire ou de médecine dont quelques exemplaires sont parvenus jusqu’à nous.

Et la population bretonne ?… pour une histoire des habitants
Au début du Moyen Âge, plus de 95 % des hommes et des femmes vivant en Bretagne sont paysans. Avant le renouveau de l’archéologie dans les années 1970, peu d’éléments permettaient de connaître la vie de cette écrasante majorité de la population.  Il existe des différences entre les populations de l’ouest « bretonnant » et de l’est « roman », mais cette distinction n’empêche pas les innovations et les échanges.

Quelques exemples…

Tinette en bois, 8-9e siècles, Landévennec
Découverte rare, ce petit récipient en bois, en partie brûlé, illustre un fait étonnant de l’archéologie du haut Moyen Âge bretons. Dans certaines zones de l’ouest de la région, la population préfère les matériaux périssables (bois, cuir) à la céramique pour confectionner ses plats et récipients. Cette caractéristique se trouve aussi sur certains sites des îles britanniques.

Instruments agricoles, 8-9e siècle, Landévennec, Plédran, Paule
L’époque carolingienne est aussi une période d’innovations sur le plan agricole. En Bretagne, les cultures sont ajustées aux pratiques. Ainsi, « l’avoine sableuse », originaire d’Europe du Nord est importée dans la région peut-être au contact des Vikings. Bien adaptée aux sols et aux modes de consommation, elle se diffuse rapidement dans toute la péninsule.

Une exposition à découvrir en famille
Le parcours, ponctué d’objets découverts dans la Bretagne historique, fait la part belle aux dispositifs vidéo et invite le visiteur à une plongée dans l’histoire. Tout au long de l’exposition, des manipulations et des petits jeux permettent aux enfants de prendre l’habit d’un guerrier breton ou de s’imaginer paysan au temps des rois.

Quelques exemples…

Habille-toi en…
Guerrier carolingien, moine copiste ou paysan : sur le fond d’un dessin d’époque, les enfants sont invités à prendre le vêtement des Bretons du 9e siècle. Des photos-souvenirs à partager !

Un architecte au temps de Charlemagne
Les architectes carolingiens s’inspiraient des bâtiments de l’Antiquité pour construire de somptueuses bâtisses. A l’aide de modules inspirés de Vitruve 5 (1er s. ap. JC), les visiteurs recomposent le plan d’une abbaye du 9e siècle.

La mérelle de Locronan
Qui connaît encore la mérelle ? Un exemplaire de ce jeu simple et amusant, dont on trouve la trace de l’Egypte à l’Irlande, a été mis au jour par les archéologues sur le site aristocratique de Locronan (9e s.). Un jeu de société à faire en famille pour une séance ludique… d’archéologie expérimentale !

Et plus encore !
Puzzles, jeux de l’oie, boîtes à toucher et microscopes accompagnent les visiteurs tout au long du parcours pour mieux les faire entrer dans le monde étonnant des Bretons du temps des rois !

Informations pratiques
Exposition visible du 2 mai au 30 novembre 2018 au Musée de l’ancienne abbaye de Landévennec – 29560 Landévennec

Horaires :
Ouvert du lundi au vendredi de 10h30 à 18h (jusqu’au 30 juin puis 19h et sans interruption jusqu’au 16 septembre) et le samedi et dimanche de 10h30 à 13h et de 14h à 18h.

Tarifs :
Plein tarif : 6 €
Tarif réduit : 5 €
Demandeurs d’emploi, 16-25 ans, groupes adultes : 4 €
Enfants de 8 à 15 ans, détenteurs d’une carte d’invalidité : 3 €
Gratuit pour les moins de 8 ans, accompagnateurs de groupe et PMR, … etc

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