Assemblée bretonne
Alors que plusieurs arrestations de maquisards locaux et de responsables de la Résistance mettaient à mal le maquis de Saint-Marcel depuis mars 1944, le Conseil Municipal de la commune n’en oubliait pas pour autant les raisons de leur combat : exister tels qu’ils sont, vivre dans leur identité. N’en déplaise aux trosko-lambertistes et autres consorts « Libres Penseurs » disciples de Françoise Morvan, les élus locaux de cette partie de la Haute-Bretagne n’ont pas toujours soutenu les pétitions fransquillonnes contre le breton. On se souviendra de la fronde anti-bretonne du début des années 2000 où tout ce petit monde détériorait les panneaux bilingues tout neufs de la commune de Réminiac, en compagnie du défunt maire de l’époque et de celui de Monteneuf. Et oui, les revendications bretonnes étaient au top en 1944 alors même que l’esprit de Résistance eût promu, nous rabâche t’on actuellement, l’exclusif « patriotisme français libérateur ». Il n’y a qu’à regarder les armes herminées du Maquis de Saint-Marcel pour comprendre que la Bretagne était au cœur de leurs préoccupations.

D’ailleurs, c’est intéressant de voir qu’eux aussi, comme nous qualifierait actuellement Mme Françoise Morvan, étaient des « terroristes » ! On trouve dans les archives qu’ « à deux kilomètres environ à l’ouest de Saint-Marcel, près de Malestroit, le camp de terroristes s’étendait sur un carré de plus de deux kilomètres de côté et était entouré de points d’appui en fortification de campagne. En particulier, toutes les voies d’accès au camp étaient protégées par des obstacles en rondins avec des mines télécommandées et des abris renforcés par des sacs de terre. À l’intérieur du camp se trouvaient quelques bâtiments de ferme que les terroristes ont utilisés comme central radio ou comme poste de secours, le château étant occupé par le « quartier général ». Les hommes du camp cantonnaient en partie dans les broussailles d’environ deux mètres de haut, d’une superficie de quatre cents sur huit cents mètres où avaient été aménagés des layons le long desquels se trouvaient des cabanes de branchage et des tentes avec de la paille abritant dix à vingt hommes. À l’intérieur du camp, une prairie d’environ cinquante sur deux cents mètres servait de zone et de centre de rassemblement. » (Rapport de l’état-major du 25e corps d’armée allemand à l’intention du général Von Choltitz, en date du 22 juin 1944, coté par Patrick Mahéo, “Saint-Marcel, haut lieu de la résistance bretonne”, édition Rue des Scribes, 2005, [EAN 13 : 9782906064478])

 

Unité et sentiment bretons lors de grandes crises internationales

 

Le document en question a été glané par Fañch Gaume, internaute et militant, qui l’a porté à notre connaissance par le truchement des réseaux sociaux.

Une archive incontournable qui, malgré des lectures parfois erronées d’internautes, cloue le bec à plusieurs préjugés solides. Les élus de Saint-Marcel, près de Malestroit, défendent la Bretagne à 5 départements ; une assemblée bretonne dans laquelle les élus locaux et la société civile sont représentés ; des pouvoirs transférés à cette nouvelle gouvernance ; un enseignement généralisé de l’Histoire de Bretagne et du breton pour la Bretagne occidentale.

Parmi les opinions préconçues est celle de croire que la séparation de la Loire-Atlantique à la Bretagne est ancienne. Cette délibération de conseil municipal était une opposition au décret du maréchal Pétain qui ne fut jamais appliqué et, de toute façon, abrogé après-guerre. Car, les tentatives de porter atteinte à l’intégrité territoriale de la Bretagne sont anciennes. Des projets de lois Clémentel en 1919 jusqu’à ce décret, les tentatives ont été nombreuses mais n’ont jamais eu de réelle valeur. Depuis l’armistice du 22 juin 1940, le Reich avait d’ores et déjà des projets bien précis de redécoupage administratif dessiné par le géographe nazi Walter Christaller. Après l’armistice du 8 mai 1945, la Bretagne comptait toujours 5 départements.

En 1964, le gouvernement UDR-UNR, ancêtres de nos actuels “Républicains-UMP”, instaurèrent des préfets de région dans une Bretagne amputée.

En 1972, cette même tendance créa des établissements publics régionaux avec la loi de régionalisation de 1972, validant encore une petite Bretagne amputée de la Loire-Atlantique.

En 1982, le Parti Socialiste (PS) les érigea en collectivités territoriales et institua l’élection de leur conseil au suffrage universel direct.

Dès lors, des budgets colossaux seront engagés pour faire exister artificiellement la région fantoche des Pays-de-la-Loire, dont les habitants n’ont pas de nom et ne connaissent même pas son existence d’après différents sondages. Des livres sont édités et distribués aux comités d’entreprises, de la propagande est distribuée tous azimuts, des historiens sont rémunérés pour inventer une histoire à cette région, le tout dans un ensemble Grand-Ouest parisien sans identité et sans réalité économique. Les médias principaux, d’Etat ou subventionnés par l’Etat, se chargeront de marteler les termes Pays-de-la-Loire et Grand-Ouest, la machine France se chargera d’en grouper les administrations et les universités pour l’imposer. Le projet de Notre-Dame-des-Landes allait aussi dans ce sens.

La vérité est froide : l’amputation de la Bretagne, les nazis l’ont voulue, les partis français l’ont faite !

 

Bertrand Deléon.

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