Illustration : Cinémathèque de Bretagne

Plus que jamais l’indépendance des Etats colonisés en Europe est une urgence ! Lorsque que l’on voit que les politiciens de tous pays, font tout leur possible pour empêcher des peuples et des nations de prendre leur indépendance, que peut-on en attendre ? Ces mêmes politiciens qui clament leur attachement à la démocratie, lui tournent le dos ou bien ferment les yeux quand les résultats exprimés par la volonté démocratique ne leurs sont pas favorables.

Le rejet des revendications corses indépendance

Prenons l’exemple des résultats des élections en Corse : le peuple Corse a clairement montré son désir d’autonomie, d’auto-gérance de son territoire. Et la réponse du gouvernement français, sourd à leurs revendications, ne promet qu’une éventuelle réforme constitutionnelle qui, bien loin de satisfaire aux revendications des corses, créera un fossé encore plus grand entre cette nation et les autres nations sous occupation française qui elles ne pourront en bénéficier, alors même qu’elles ont aussi le souhait de pouvoir prendre de l’autonomie. Cette autonomie est la bouée de sauvetage de ces nations qui ne peuvent employer le terme indépendance, sans de suite fermer la porte du dialogue avec les institutions française. Mais quand l’on voit la difficulté que les dirigeants corses ont pour ne serait-ce que réclamer une co-officialité de la langue corse sur le territoire corse, l’on peut se demander si l’Etat français ne les prends juste pas pour des guignols. Cette co-officialité linguistique est la base d’une autonomie politique de la Corse. Comment imaginer une « région autonome » ne pouvant même pas choisir dans quelle langue seront rédigés les articles et les décisions qu’elle prendra ? Il ne s’agit pas là de remplacer le français par le Corse, mais de permettre aux personnes qui le souhaitent de pouvoir choisir pour leurs démarches administratives la langue de leur choix entre le français ou le corse. Cette liberté de choix n’est pas possible en France, pays qui se dit « pays des libertés »…. Les citoyens ne sont pas libres de choisir la langue qui sera la leur pour ce qui est de l’administration. D’autant que le corse n’est pas la seule langue régionale qui connait ce genre de revendications, il y a bien évidement aussi le breton pour la nation bretonne dont les revendications de co-officialisation pour le périmètre de la Bretagne sont refusées depuis de longues années malgré les diverses manifestations et actions en faveur de cette co-officialité de la langue.

L’école républicaine, vecteur du jacobinisme

L’on comprend aisément que les politiciens français jacobins au possible ne souhaitent pas donner une once de libertés aux nations colonisées, afin de garder toute leur emprise dessus. Cette emprise forgée par la troisième République, à travers l’école obligatoire, où l’on y interdisait les langues régionales et où l’on y enseigne l’histoire de France (quand bien même cette histoire est tronquée, voir falsifiée afin d’éviter tout sursaut indépendantiste dans l’esprit des enfants des nations colonisées). Pas une seule ligne, pas un seul mot de l’histoire de la Bretagne n’est enseigné aux enfants breton, quand bien même cette nation fut indépendante jusqu’en 1532. Mais cela n’empêche pas l’Etat d’enseigner à ces petits bretons l’histoire de la guerre de cent ans, l’histoire de Jeanne d’Arc, l’histoire de St-Louis et des autres rois, comme si cela était l’histoire de leurs ancêtres. Aujourd’hui en Bretagne personne ne connait l’histoire de son pays, de sa nation, tout cela ayant été saboté par plus d’un siècle et demi de républicanisme castrateur. Pas un mot de l’histoire contre-révolutionnaire des bretons, pas un mot du génocide des vendéens… Cette histoire voulue par la IIIème République a réussi ce pourquoi elle a été faite : «  créer une nation unique », moulée dans un moule républicain-français qui n’a jamais été autant fissuré qu’aujourd’hui mais qui pourtant, hélas, résiste encore.

Créer une illusion-référendaire en Nouvelle-Calédonie

Et il résiste encore car la classe des politiques actuelle est dans son intégralité jacobine, souhaitant conserver les pouvoirs pour soi, à Paris. Il est dès lors, hors de question pour eux de céder une once d’initiative aux régions (alors même que la majorité des pays d’Europe de l’Ouest, l’applique depuis longtemps, de façon poussée) et on le voit bien dans l’exemple corse et de ses revendications refoulées par les politiques français. On le retrouve également dans l’attitude de Manuel Valls qui en allant diriger une « mission d’information sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie », a fait un tour de l’île afin de convaincre par tous les arguments possibles, y compris la peur, des risques de l’indépendance pour cette colonie française (rebaptisée pompeusement : « territoire français »).Cette tournée médiatisée à fait resurgir aux yeux des français, les désirs indépendantistes de nombreux citoyens de cet archipel. Ces désirs ne datent pourtant pas d’hier mais ce n’est que cette année en 2018, qu’enfin, sera organisé un référendum pour demander leur avis aux habitants. Habitants qui ont, il faut le souligner, dû accepter l’arrivée massive de continentaux sur leur territoire, reflet de la réalité de la colonisation, ce qui part endroit les fait se retrouver en minorité numérique (comment alors ne pas penser à une irrégularité du scrutin, si tous les métropolitains présents sur l’île sont habilités à voter, eux aussi…). Cette visite, bien éloignée des souhaits de « préparation de l’après-référendum », fut en fait, l’occasion de rallier le plus possible d’habitants au vote du maintien en France, de même que l’occasion de leurs exposer tout le « bien » que la France apporte à ces îles… (Relent de colonialisme « on vous apporte la civilisation »). Cette campagne républicaine effectuée aux frais des contribuables avait clairement une visée politique souhaitant empêcher cette indépendance d’avoir lieu.

Une ingérence « démocratique » pour solidifier les « Unions nationales »

Cela ne peut pas être plus clair, lorsque l’on connaît la personnalité de Manuel Valls qui est le président de cette commission de l’assemblée nationale en Nouvelle-Calédonie mais qui également tout en étant député français, se permet d’aller prendre parti à un processus d’indépendance d’un autre Etat, en l’espèce celui de la Catalogne. En effet non content d’avoir pris publiquement position contre le référendum sur l’indépendance catalane, puis sur sa validité, Manuel Valls est allé (alors même qu’il était député et donc représentant du peuple français) faire campagne en Espagne contre l’indépendance catalane. Comment alors pouvoir avoir confiance dans la politique de la France et de ce qu’elle mène dans notre pays quand on voit de quelle façon sont traités les résultats démocratiquement atteint. Pour preuve en est : suite au deuxième vote des catalans (celui du 21 décembre 2017, pour réélire leur assemblée) donnant une seconde fois la victoire au camp indépendantiste, l’on retrouve ce député français en tête de cortège des militants anti-indépendantistes le 18 mars 2018 à Barcelone. Que fait un député français, ancien premier ministre, en tête de cortège d’une manifestation d’un Etat qui n’est pas le sien, soutenant une cause et un parti politique qui ne sont pas les siens ? Il n’est là que par peur, par peur de voir un jour l’indépendance d’un Etat Catalan prononcée, car si telle était le cas ils (lui et ses amis jacobins) se retrouveraient face aux mêmes revendications dans toutes les nations colonisées par la France et leur moule républicain pourrait voler en éclat. Ils remuent donc ciel et terre afin que cela n’arrive pas, en allant s’assurer chez les autres qu’il n’y ait pas l’émergence d’un précédent qui permettrait aux différentes nations en France de s’appuyer dessus tant auprès du droit Européen que international, pour eux aussi réclamer leur indépendance.

A nous donc, de militer encore et encore pour que ce moule-républicain vole en éclat, que soit rétablies nos Histoires, nos langues et nos nations telles qu’elles auraient toujours dû l’être, si des centaines d’années de colonisation n’étaient pas passées par là !

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