Puigdemont arrêté, l’Allemagne à nouveau alliée de l’Espagne contre la Catalogne ?

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Carles Puigdemont a été arrêté en fin de matinée par la police allemande. L’interpellation a eu lieu alors qu’il venait de traverser la frontière en provenance du Danemark. Le journal El Pais précise qu’il s’agit d’une opération conjointe entre les polices espagnoles et allemandes, et avec le service de renseignement et de contre-espionnage espagnol (Centre Nacional de Inteligencia). Le leader catalan était suivi depuis vendredi dernier par une équipe de 10 à 12 agents secrets.

L’arrestation et la détention dans la prison de Neumünster font suite à la réactivation depuis cette date du mandat d’arrêt international. La presse annonce qu’il s’agit, dans un premier temps, de confirmer l’identité du président Catalan. Il comparaitra demain devant le tribunal régional de l’état du Schleswig-Holstein. Celui-ci à 60 jours pour se prononcer sur la suite à donner. D’après la presse belge, son avocat estime qu’il pourrait être libéré sous conditions. En Espagne, Carles Puigdemont est menacé de trente ans de prison pour avoir réclamé le droit du peuple catalan à disposer de lui-même.

De vives réactions à Barcelone

En réaction, plusieurs milliers de manifestants sont descendus cet après-midi dans les rues de Barcelone. Les forces de l’ordre castillanes n’ont pas manqué de faire à nouveau pleuvoir les coups de matraque. La nouvelle et les images ont suscité une vive émotion et des réactions indignées sur les réseaux sociaux. La presse nationaliste espagnole souligne, d’après des sources policières, l’excellente « collaboration » des autorités allemandes sur le sujet. Un terme qui rappelle, de sinistre mémoire, Hitler et son soutien au dictateur Franco. L’autonomie et l’identité catalane en avaient cruellement fait les frais. On se souvient également que Mariano Rajoy vient d’un parti fondé par un ancien ministre du caudillo. Après une collaboration si étroite avec les services secrets espagnols, on peut redouter que l’Allemagne leur livre son prisonnier.

L’incertitude règne sur l’avenir de Carlos Puigdemont et des autres responsables politiques déjà arrêtés en espagne. Elle règne également sur l’image de l’Europe. Une lamentable répétition de l’histoire semble se profiler, bien éloignée des idéaux démocratiques affichés. Le visage de l’Europe, que ses grands dirigeants refusent de faire évoluer, semble bien hideux.

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