Ce communiqué nous est confié en exclusivité par Youenn Caouissin, fils d’Herry Caouissin (qui fut secrétaire de l’abbé Yann-Vari Perrot) et auteur de “J’ai tant pleuré sur la Bretagne / Vie de l’abbé Yann-Vari Perrot” livre écrit à partir d’archives personnelles de l’abbé et de son secrétaire. Ce communiqué peut être partagé, à la seule condition de publier ce document in-extenso (traduction : dans sa totalité) avec en en-tête la source “Ar Gedour” et un hyperlien pointant vers le communiqué d’origine.

chapelle koat keo - scrignac
Photo Ar Gedour – DR

La profanation de la tombe de l’abbé Perrot  et de la chapelle Notre- Dame de Koat-Kéo en Scrignac, réveillant soudainement des passions irraisonnées que l’on croyait appartenir à l’Histoire, a soulevé une juste indignation générale. Cet acte imbécile et provocateur,  dont on espère que le ou les auteurs seront identifiés et qu’ils expliqueront  leurs  motivations, donne également l’occasion à certains de rêver  d’en découdre, et ne voient dans l’abbé Perrot, pris une fois de plus en otage, qu’un étendard politique, bien loin de l’homme de Dieu qu’il était avant tout.

L’abbé Perrot est, hélas, toujours victime des calomnies qui ont été attachées à son nom et à son œuvre. Par le passé, certains ont voulu en faire un prêtre politique, mais aujourd’hui encore certains, d’un camp comme de l’autre, ne veulent voir en lui que cela, lui qui se défendait d’être un prêtre politique, mais seulement un serviteur de Dieu et de sa patrie bretonne.

Nous connaissons les auteurs de ces calomnies qui ont menées à son assassinat sacrilège : inutile  d’insister sur ce sujet qui lui aussi appartient à l’Histoire. Rappelons toutefois que ceux qui commanditèrent son assassinat, loin de l’abattre, ne firent que le grandir :  « MAGNUS ERAT » (Il était  GRAND, écrira  Herry  Caouissin son secrétaire et héritier) (1).

 

Un martyr et un saint

Par ce crime, les communistes  qui  d’ailleurs assassineront d’autres prêtres bretons, donneront  à la Bretagne un MARTYR  et un SAINT, car l’humble recteur de Scrignac  fut un authentique saint : par  sa foi, par son admirable sacerdoce, par son amour sans limites pour ses chers Bretons, pour ses chers paroissiens  de  Scrignac, pour sa Bretagne. : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime », et il donna sa vie pour Dieu et la Bretagne « DOUE HA BREIZH », devise gravée sur la belle croix celtique de sa tombe.

Les profanateurs de sa tombe et de sa chapelle n’ont finalement fait que confirmer sa grandeur, son martyr, sa sainteté, et de cela, il faudra plus que s’en souvenir ; il faudra le reconnaître, comme a été reconnu le martyre et la sainteté du Père Jerzy Popieluszko, prêtre polonais, assassiné comme l’abbé Perrot par ces mêmes communistes, mais aussi assassiné par tous les calomniateurs : « On calomnie et ensuite on tue », disait déjà Chateaubriand en parlant des Révolutionnaires.  La Bretagne est pleine de saints et de saintes non reconnues ; il conviendra, tôt ou tard, d’ajouter à cet immense cortège le nom de Yann-Vari Perrot. Car la Foi, l’Eglise, la Bretagne ont tout à y gagner…

 

L’abbé Perrot contre les idéologies

L’abbé Perrot  ne pactisait jamais avec l’erreur et les idéologies mortifères de son époque, qui sont aujourd’hui les mêmes qui mènent nos pays et notre civilisation vers le néant. Il fut un prêtre rassembleur et non un diviseur. Il est donc inadmissible, et c’est une autre profanation qui dure depuis bien trop longtemps, que son nom serve à alimenter des divisions politiques, que son nom soit brandi comme  un slogan, comme une icône par des personnes qui, se réclamant de lui, n’ont souvent que faire de sa devise et de son idéal  FEIZ HA BREIZ  (Foi et Bretagne). L’abbé Perrot répétait inlassablement que la seule voie d’avenir pour la Bretagne, afin qu’elle reste à jamais une terre chrétienne et … bretonne, est qu’elle appuie son avenir sur « la Pierre angulaire qu’est le Christ, toute autre voie n’étant qu’une impasse ». Nos sociétés nihilistes et mortifères d’aujourd’hui ne font que confirmer cette analyse d’un visionnaire.

De grâce donc, cessons de prendre l’abbé Perrot en otage !

Si vraiment ceux, que révolte à juste titre cette profanation, veulent honorer la Mémoire de l’abbé Perrot, ce ne sera surtout pas en faisant dans la surenchère verbale et en manifestant de manière irréfléchie et provocatrice : cela ne ferait que desservir la cause de l’abbé Perrot et jeter le discrédit sur son nom.

Actuellement, un travail de réhabilitation, si ce n’est davantage, est en route. De grâce donc, cessons de prendre l’abbé Perrot en otage de nos convictions politiques et religieuses qui trop souvent dérapent. Le patriotisme breton de l’abbé Perrot  était chrétien : FEIZ passait avant BREIZ, car Feiz était la sève même de Breiz, et alimentait toutes ses racines. « La Bretagne sans ses racines chrétiennes, ne serait plus la Bretagne, mais un morceau de terre à la pointe de l’Europe, et alors, cette « Bretagne » ne serait plus notre affaire », disait-il. Le patriotisme de l’abbé Perrot ne s’incarnait pas dans les idéologies : il les dénoncera toutes, y compris celles se réclamant d’un celtico-paganisme fantasmé. L’abbé Perrot avait soif de vérité, de beauté, de sacré, car seul ce triptyque menait toujours à Dieu.

L’abbé Perrot appartient à tous les Bretons, mais encore faut-il que les Bretons le méritent. La seule réponse à donner à ces profanations, outre une cérémonie religieuse de réparation à envisager, est de prier pour la Bretagne « Pedenn evit Breizh », sa belle prière qu’il composa, à laquelle invite la belle inscription qu’il demanda à faire graver sur sa tombe :

 “Quand vous louerez Marie dans sa gloire, mes os tressailleront dans ma tombe, là, sous le poids des murs de la nouvelle Maison de Marie”.

“J’aimerais,  si c’est possible, disait-il,  y passer mon dernier repos “.

Rappelons-nous, et il n’y a aucun doute sur ce point, que l’abbé Perrot se sachant condamné avait pardonné  d’avance à ceux qui décidèrent de sa mort et à son assassin. Ce pardon d’hier s’étend aux profanateurs d’aujourd’hui.

 

Pardonner demande du courage !

Pardonner et appeler à la raison demande  du courage, mais ne saurait être assimilé à de la lâcheté comme certains osent le prétendre envers ceux qui adoptent cette voie. Il  va de soi que nous souhaitons tous que le ou les profanateurs rendent des comptes sur leurs actes sacrilèges à la justice. Mais la Mémoire de l’abbé Perrot n’a rien à gagner, bien au contraire, à des débordements qui seront désastreux pour son nom. Et est-ce bien à ceux qui l’ont depuis longtemps oublié, qui n’ont que faire de la première partie de sa devise « Feiz », de donner des leçons ? Qu’ils vivent donc son idéal, son testament, qu’ils remplissent les églises et refassent de la Bretagne une terre chrétienne ! Alors ils seront crédibles ….

Respectons le souhait de l’abbé, respectons son repos, et faisons que sa tombe, sa chapelle, Scrignac, restent lieux de prière, un Kalon Breizh  pour que les Bretons restent fidèles à leurs racines chrétiennes et bretonnes.  Koat Kéo ne doit plus être un enjeu politiqueun sujet et un lieu de discorde, car il y a bien des manières de profaner un lieu sacré : la récupération politico-idéologique et les divisions faite sur son nom sont autant d’autres profanations. Des profanations qui font autant de mal qu’une croix mise à bas ou que des tags prouvant l’insignifiance abyssale de leurs auteurs et celle des idéologies mortifères dont ils ne sont que les serviteurs obligés. Car ces profanations verbales qui salissent un nom, une vie, une œuvre, occultent le martyre de l’abbé et sa sainteté, ce qui est bien plus difficilement réparable que les profanations matérielles.

 

EVIT  FEIZ HA BREIZH

1)      « Magnus Erat », Gwerz de Herry Caouissin écrite en 1944, publiée pour la première fois dans le livre ” J’ai tant pleuré sur la Bretagne – Vie de l’abbé Perrot“, par Youenn Caouissin. Editions Via Romana.

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