Des « leçons du pouvoir » dont on se passe très bien

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Le citoyen François Hollande, ci-devant locataire du Palais de l’Élysée, vient de publier un livre intitulé « Les leçons du pouvoir ». Le bref passage « Redessiner la France » suffit à s’en faire une opinion. Il démontre une absence totale de prise en compte des identités régionales.

En quelques lignes anodines, sur 288 pages et une livre de nombrilisme, l’ancien président évacue ce qu’il qualifie pourtant de « plus grande réforme territoriale depuis les lois de décentralisation de 1982 ». Il prend quand même la peine de détailler quelles étaient ses intentions, du moins celles dont il se souvient. Il n’est cependant pas en mesure d’en donner les bienfaits envisagés.

Pour les régions, il voulait en réduire le nombre pour « donner à chacune une dimension européenne ». La rivalité avec les régions européennes c’était déjà n’importe quoi lors de la réforme. Cela l’est toujours. Il ne précise pas, et pour cause, ce qu’est cette dimension. La diversité des Landers allemands montre que celle-ci est très variable. Certes les grandes régions ont récupéré quelques compétences mais elles ont surtout perdu la clause de compétence générale. Elles s’occupent donc surtout de ce qu’on leur dit de Paris. Il ne fait nulle mention de la fourchette de 12 à 25 millions d’euros d’économies imprudemment annoncée à l’époque par son secrétaire d’état à la réforme territoriale. Il faut dire que depuis, la cour des comptes a constaté, en octobre 2017, que le mille-feuilles territorial n’avait pas été simplifié. De plus, en février dernier, le surcoût d’harmonisation des régimes indemnitaires a été estimé à 40 millions d’euros. Avec le recul, il est compréhensible que le responsable préfère se raccrocher à un objectif fumeux et non quantifiable.

Le très-content-de-lui-même François Hollande écrit qu’il a procédé aux consultations indispensables. A priori, c’est sa façon de dire qu’il n’estimait pas indispensable de consulter qui que ce soit. Avec sa gomme et son crayon, il a dessiné et décidé sur un coin de son bureau. Et voilà comment des régions historiques disparaissent durablement des cartes et des écrans. Cela provoque l’affaiblissement immédiat de leur visibilité et de la reconnaissance de leur identité. Par ailleurs la mutilation indigne infligée à la Bretagne par l’amputation administrative de la Loire-Atlantique reste sans solution. L’auteur de ce « succès » d’autant plus facile à brandir qu’il n’est pas mesurable, est parti après 5 petites années, incapable d’assumer son bilan. Depuis, il semble s’orienter vers une carrière de comique, multipliant les bons mots lors d’interviews et de conférences. Quant à son exécutant, il trouve un exutoire à son autoritarisme dans la collaboration à l’étouffement des libertés catalanes.

Loin d’être bête, l’ancien président, constate qu’aux élections européennes suivantes, personne ne contestait plus sa carte. L’absence de réelle contestation est une réalité, à part semble-t-il celle de Jean-Yves Le Drian pour éviter une fusion de la Bretagne avec les Pays de Loire. D’une part, les politiciens professionnels sont toujours contents de trouver un siège, où qu’il soit. Le soulagement des conseillers départementaux, dont la disparition avait pourtant été annoncée, n’allait pas les transformer en contestataires. D’autre part, si, cela fait mal au cœur de ne plus être reconnu dans la République, de ne plus entendre parler d’Alsace, de Limousin, de Franche-Comté ou de Picardie dans les bulletins d’informations, chacun a pu prendre, ou reprendre, conscience que son identité régionale n’était pas définie par une vision parisienne. Le développement de cette conscience est une voie d’avenir. Une bonne première étape serait de montrer que l’on se passe très bien des « leçons » que certains prétendent tirer de leur exercice dévastateur du pouvoir .

AVIS 7SEIZH : NI ACHETER, NI LIRE

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