ETA : Les évêques basques demandent pardon

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Lundi 23 avril 2018, Les représentants des cinq diocèses basques ont signé un texte dans lequel ils évoquent “des complicités, des ambiguïtés, des omissions…” à l’égard d’ETA pour lesquelles ils demandent pardon.

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Le jour du désarmement, contrairement au représentant du Vatican Matteo Zuppi, l’évêque de Bayonne était aux abonnés absents. © Isabelle Miquelestorena

Piarres Larzabal, Mattin Carrère, Frantxoa Garat… ces noms résonnent encore au Pays Basque Nord. Hommes d’Eglise, ils ont apporté leur aide aux “frères” venus du sud, pour beaucoup militants d’ETA, se protégeant de la répression franquiste puis de la guerre sale, entre les années 70 et 80. Quarante ans plus tard, ce 20 avril, les évêques basques demandent pardon pour la “complicité et l’ambiguïté” entretenue vis-à-vis d’ETA.

Six prélats, dont celui de Bayonne Marc Aillet, ont co-signé un texte intitulé “Communiqué des évêques de Navarre et du Pays Basque relatif à la déclaration d’ETA”. Dans le troisième point, ils affirment : “L’Eglise a reçu de Jésus-Christ la vocation d’être instrument de paix et de justice, de consolation et de réconciliation. (…) Mais nous sommes conscients qu’il est arrivé aussi qu’il y ait eu parmi nous des complicités, des ambiguïtés, des omissions… pour lesquelles nous demandons sincèrement pardon”.

Connus pour leur conservatisme, les évêques des cinq diocèses basques rendent publique une position qui occulte la diversité de leur communauté. D’autres voix existent en son sein, telles que celles d’Herria 2000 Eliza, les Communautés chrétiennes populaires ou la Coordination des prêtres du Pays Basque. En 2002, les évêques de Donostia, Bilbo et Gasteiz de l’époque avaient écrit une pastorale critiquant l’illégalisation du parti de la gauche abertzale Batasuna qui avait fait grand bruit. Ils étaient, certes, plus progressistes que les actuels.

Dans le texte diffusé dans les médias vendredi dernier, les évêques accueillent “de manière positive la ‘Déclaration sur les dommages causés’ du groupe terroriste ETA”. Ils offrent ensuite un regard critique sur la période pendant laquelle l’organisation a agi armes à la main : “Notre peuple, en plus de la longue et immense souffrance infligée par la violence, a subi un préjudice spirituel et social incalculable, provoqué par les idéologies totalitaires et idolâtres qui alimentèrent le phénomène terroriste”.

Répondre aux familles des prisonniers

Maintenant qu’une nouvelle page se tourne, avec la dissolution annoncée de l’organisation, les représentants de l’Eglise mettent en avant “l’opportunité de répondre aux demandes des familles des prisonniers se trouvant dans des situations humanitaires diverses”. Une position qui ne passe pas dans les milieux conservateurs espagnols. Et d’avertir : “Il est tout aussi important que le retour des anciens prisonniers se réalise de manière à ce que les victimes du terrorisme ne se sentent pas humiliées”.

Sollicité par nos soins, le service de communication de l’évèque de Bayonne préfère attendre la “dissolution d’ETA” pour communiquer. La démarche de Marc Aillet, Francisco Pérez (évêque d’Iruñea et Tutera), Mario Iceta (évêque de Bilbo), José Ignacio Munilla (évêque de Donostia), Juan Carlos Elizalde (évêque de Gasteiz), et de Juan Antonio Aznárez (évêque auxiliaire d’Iruñea) est inédite. Demanderont-ils pardon pour toutes les zones d’ombre de l’Eglise ?

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