Transat AG2R : Sébastien Simon « En position d’attaque »

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Mercredi 25 avril 2018, Après avoir remarquablement bien géré la dorsale qui lui barrait la route dans le golfe de Gascogne, ce qui lui a permis de s’installer aux commandes de la flotte de la Transat AG2R, le tandem Sébastien Simon – Morgan Lagravière a continué de creuser l’écart sur ses poursuivants directs, la nuit dernière, dans des conditions dantesques (jusqu’à 40-45 nœuds sur une mer démontée). Désormais, c’est avec  plus de 2 milles d’avance sur son dauphin qu’il cavale au large du Portugal, toujours propulsé à vitesse grand V sur un terrain de jeu chaotique. Pour l’heure, le duo de Bretagne – CMB Performance fait ainsi preuve d’une parfaite maîtrise de la situation, tout en se recalant progressivement à coup d’empannages sur les trajectoires de ses adversaires les plus proches afin de les contrôler, mais aussi de rester dans le couloir de vent plus fort, le long de la côte. Entretien.

 

Sébastien, comment se passent les choses à bord de Bretagne – CMB Performance ?

« On vient d’empanner pour se replacer par rapport à la flotte. On profite à présent de super conditions de glisse, ce qui fait du bien après la nuit dernière qui n’a pas été facile et lors de laquelle nous sommes constamment restés sur le fil. Avec Morgan, nous étions à deux sur le pont pour pouvoir attaquer le plus sereinement possible et mettre du poids à l’arrière du bateau, mais ça a été très fatigant. Franchement, ça a été dur à cause du vent, super fort et super instable, mais aussi à cause des vagues et du manque de lune en deuxième partie de nuit. On a enchaîné les manœuvres : envoi du petit spi, prise de ris, renvoi du grand spi…  On n’a pas arrêté et nous sommes bien crevés. C’est toujours dur de doser quand on est tout seul, sans adversaires autour. »

Que va-t-il se passer dans les prochaines 24 heures ?

« On prend les fichiers au fur et à mesure. Comme je l’ai dit, on commence à se recaler un peu par rapport aux autres pour les contrôler, mais aussi pour rester dans la zone de pression plus forte le long du Portugal, tout en profitant du fait que le vent soit un peu plus à droite que prévu. Pour l’instant, ça reste soutenu puisqu’on a encore 29 nœuds et que la mer n’est pas facile à passer mais on fait tout pour aller le plus vite possible jusqu’aux Canaries. C’est la dernière journée un peu difficile. La nuit prochaine sera sans doute encore rock and roll, elle aussi, mais ensuite, ça se calmera et on pourra se reposer un minimum. »

Un mot sur la façon dont vous avez géré la dorsale dans le golfe de Gascogne ?

« Certains trouvent peut-être qu’on a pris des risques mais ce n’est pas du tout notre sentiment. Au contraire, on a trouvé audacieuse la trajectoire des autres qui sont partis au sud tout de suite. De notre côté, on a réussi à rester dans une bande de pression, entre la dorsale et une zone sans vent dans le fond du golfe et vraiment, on n’a jamais pensé à faire autrement. »

On imagine que cela vous donne un maximum de confiance pour la suite ?

« C’est sûr. C’est top. En plus, on a déjà gagné trois fois le Trophée de la Performance (récompensant la plus grande distance parcourue en 24 heures, ndlr). C’est la confirmation que nous sommes rapides, même sans lièvre à côté de nous, et ça dope le moral. Avec Morgan, on reste en position d’attaque et on ne s’économise pas pour le moment car tout ce qui est pris maintenant ne sera plus à prendre ensuite. »

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